Centre de rétention administrative (CRA)
La rétention administrative permet de maintenir dans un centre de rétention un étranger objet d'une décision d'éloignement, en attente de son renvoi forcé. Cette mesure est décidée par l'administration et peut être prolongée par le juge, avec une durée maximale de 90 jours, sauf en cas d'activités terroristes.
Délais
Placement initial : 4 jours. Première prolongation : 26 jours francs. Deuxième prolongation : 30 jours francs. Prolongations supplémentaires : 15 jours francs. Durée totale maximale : 90 jours (210 jours en cas d'activités terroristes).
Points de vigilance
- Placement en rétention d'un ressortissant d'un État membre de l'Union européenne ou de sa famille
- Placement en rétention d'un mineur
- Absence de respect du délai minimum de 7 jours entre deux placements en rétention successifs
- Non-notification de la décision de rétention en langue compréhensible par l'intéressé
- Dépassement du délai de 90 jours sans circonstances exceptionnelles (terrorisme)
Questions fréquentes
Qui peut être placé en rétention administrative ?
Tout étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter la France de moins de 3 ans, d'une interdiction de retour, d'une décision d'expulsion, d'une interdiction de circulation ou d'une interdiction judiciaire du territoire, présentant un risque de fuite. Les mineurs et les ressortissants européens ne peuvent pas être retenus.
Combien de temps un étranger peut-il rester en rétention administrative ?
La rétention initiale est limitée à 4 jours. Elle peut être prolongée à hauteur de 26 jours, puis 30 jours, puis 15 jours francs, pour une durée totale maximale de 90 jours. En cas d'activités terroristes, la durée peut atteindre 210 jours.
Qui décide du placement en rétention ?
Le préfet décide du placement initial. Les prolongations sont décidées par le magistrat du siège du tribunal judiciaire, après audition du juge.
Quels sont les motifs justifiant une prolongation de rétention ?
Une prolongation peut être accordée en cas d'urgence absolue, de menace pour l'ordre public, d'impossibilité de renvoi liée à la perte ou destruction volontaire du passeport, à la non-délivrance d'un laissez-passer consulaire, ou à l'absence de moyens de transport.
La procédure s'applique-t-elle aux ressortissants européens ?
Non. La rétention administrative ne concerne pas les ressortissants des pays de l'Union européenne ni les membres de leur famille résidant légalement en France.
Textes de référence
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles L741-1 à L741-9
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : article L741-10
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles L742-1 à L742-3
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles L742-4 à L742-7
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : article L744-1 à L744-17
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : article L612-3
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles R741-1 à R741-2
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles R743-1 à R743-9
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles R743-10 à R743-20
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles R744-1 à R744-15
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : articles R744-16 à R744-21
- Arrêté du 30 décembre 2016 fixant la liste des associations humanitaires ayant accès aux lieux de rétention
Qu'est-ce que la rétention administrative ?
Centre de rétention administrative (CRA), gardé par la police Local de rétention généralement situé dans un commissariat de police.
Quels sont les étrangers qui peuvent être concernés par une mesure de rétention administrative ?
Obligation de quitter la France (OQTF) de moins de 3 ansInterdiction de retour sur le territoire français (IRTF) Décision d'expulsion Interdiction de circulation sur le territoire français Interdiction judiciaire du territoire français (ITF) Mesure d'éloignement dans le cadre de l'Union européenne .
Vous n'avez pas quitté la France dans les 7 jours après la fin d'un 1 er placement en rétention.Vous n'avez pas quitté la France dans les 48 heures après la fin d'un 1 er placement en rétention, et des éléments nouveaux sont intervenus dans votre situation.Vous êtes revenu en France malgré une mesure d'éloignement.
Attention
Comment se passe la procédure de placement en rétention administrative ?
Décision initiale de placement en rétention administrative
La décision initiale peut être prise dans différentes situations.
La décision initiale de placement en rétention est prise par le préfet. Elle prend en compte votre état de vulnérabilité et tout handicap. Sa durée est de
Elle a lieu après votre interpellation par la police (éventuellement à la suite d'une mesure de ).
Il s'agit d'une décision écrite et argumentée. Elle doit vous être .
Le doit être immédiatement informé de votre placement en rétention.
La décision initiale de placement en rétention est prise par le préfet. Elle prend en compte votre état de vulnérabilité et tout handicap. Sa durée est de
Elle a lieu à la fin de votre emprisonnement.
Il s'agit d'une décision écrite et argumentée. Elle doit vous être .
Le doit être immédiatement informé de votre placement en rétention.
A savoir
1re prolongation
Si votre éloignement n'a pas pu intervenir dans les 48 heures après votre placement en rétention, celle-ci peut être prolongée une 1 fois de .
Le préfet doit alors saisir le du . Le juge a 48 heures pour statuer. Il vous auditionne (ou votre avocat si vous en avez un). Le préfet est également auditionné. Un interprète peut être présent.
Le juge peut prolonger ou refuser la prolongation.
Il peut aussi décider, à titre exceptionnel, que vous serez .
2e prolongation
Le préfet peut demander au du une 2 prolongation de dans les cas suivants :
Urgence absolue (exemple : risque de fuite) Menace pour l'ordre public Renvoi impossible dans les cas suivants :
Le juge peut soit ordonner la prolongation de la rétention, soit la refuser.
A savoir
Prolongations supplémentaires
Le préfet peut demander au du une nouvelle prolongation de si, dans les 15 derniers jours de rétention, vous êtes dans l'une des situations suivantes :
Obstruction à l'exécution de la mesure d'éloignement Présentation dans le seul but de faire échec à la mesure d'éloignement, d'une demande de protection contre l'éloignement en raison de votre état de santé Présentation d'une demande d'asile Non-exécution de la mesure d'éloignement en raison de l'absence de délivrance des documents de voyage par votre consulat (cette délivrance doit intervenir rapidement) En cas d'urgence absolue ou de menace à l'ordre public .
La demande a lieu avant la fin du délai de 30 jours.
Une prolongation de peut être demandée au du si, dans les 15 derniers jours de rétention, vous avez compromis la mise en œuvre de la mesure d'éloignement pour les mêmes raisons, ou en cas d'urgence absolue ou de menace à.
La rétention peut donc durer au total (ou jusqu'à 210 jours en cas d'activités terroristes).
Quels sont les droits de la personne en rétention administrative ?
Droit à l'information
Dès votre arrivée en rétention, vous recevez un document vous rappelant l'ensemble de vos droits.
Ce document doit être traduit par un interprète si vous le demandez.
Droit à l'assistance d'un avocat
Vous avez droit à un avocat dès votre arrivée en rétention.
Où s'adresser :
A savoir
Droit de voir un médecin
Vous pouvez demander à être examiné par un médecin de l'unité médicale du centre de rétention.
Au besoin, il assurera votre prise en charge médicale durant la rétention.
Droit de communiquer avec l'extérieur
Vous pouvez librement communiquer avec l'extérieur.
Vous pouvez recevoir des visites aux heures prévues par le lieu de rétention.
Vous avez notamment le droit de communiquer avec vos proches et le consulat de votre pays d'origine.
Où s'adresser :
Le centre de rétention doit avoir un téléphone en libre accès pour 50 étrangers retenus.
Droit à une aide de l'administration
Des agents de l' présents sur place peuvent vous apporter des informations et vous aider à préparer votre départ (récupération des bagages, formalités administratives, etc.).
Vous pouvez aussi demander aux agents de l'Ofii l'évaluation de votre état de vulnérabilité. Elle peut être complétée par le médecin de l'unité médicale du centre de rétention.
Les résultats de cette évaluation peuvent amener l'agent de l'Ofii et le médecin à formuler un avis concernant l'adaptation des conditions de votre rétention.
Cet avis peut également porter sur votre maintien en rétention s'il est incompatible avec votre état de vulnérabilité.
Droit à une aide d'associations
Certaines associations assurent des permanences juridiques dans les lieux de rétention.
Ces associations aident les étrangers durant la procédure d'éloignement.
La présence d'une seule permanence juridique est autorisée par centre ou local de rétention.
D'autres associations peuvent intervenir pour défendre les droits des étrangers ou pour une assistance médicale ou sociale.
Ces associations doivent bénéficier d'un agrément individuel. Il est accordé par le préfet pour une durée de 3 ans.
Quelles sont les voies de recours possibles contre les décisions de rétention ?
Recours contre la décision du préfet
Vous pouvez contester la décision de placement en rétention prise à votre encontre auprès du magistrat du siège du tribunal judiciaire.
Recours contre les ordonnances du magistrat du siège du tribunal judiciaire
Vous pouvez contester du magistrat du siège du tribunal judiciaire) devant le 1 président de la cour d'appel.
L'appel doit être fait dans un délai de 24 heures après les faits suivants :
Prononcé de l'ordonnance (son annonce par le magistrat du siège du tribunal judiciaire), si vous étiez présent à l'audience, Notification de l'ordonnance, si vous étiez absent.
Si ce délai se termine un samedi, un dimanche ou un jour férié, il est prolongé jusqu'au prochain .
Le 1 président de la cour d'appel doit statuer dans les 48 heures après qu'il a été saisi.
L'appel n'est pas suspensif : vous restez en rétention durant la procédure.
Où s'adresser :
A savoir
Cassation
L'ordonnance du 1 président de la cour d'appel peut faire l'objet d'un .
Modification des conditions de rétention des étrangers
Définition : Ordre public
Définition : Européen (UE + EEE + Suisse)
Définition : Notification
Définition : Procureur de la République
Définition : Jour franc
Définition : Magistrat du siège
Définition : Assignation à résidence
Définition : Ordonnance
Définition : Jour ouvrable
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