Convocation de l'assemblée générale des copropriétaires

Le syndicat des copropriétaires s'exprime au travers de l'assemblée générale ordinaire ou extraordinaire. C'est au cours de ces réunions que sont prises les décisions liées à la gestion et l'administration de la copropriété. Une assemblée générale doit ainsi avoir lieu au moins 1 fois par an. La mise en place de l'assemblée générale nécessite l'envoi d'une convocation. Quelles sont les règles applicables à la convocation à l'assemblée générale ? Nous vous présentons les informations à connaître.

La convocation à l'assemblée générale est-elle obligatoire en copropriété ?

L'obligation de convoquer les copropriétaires à une assemblée générale varie en fonction de la taille de la copropriété et du nombre de copropriétaires.

Il faut ainsi distinguer entre :

  • Les immeubles qui sont composés de plus de 5 lots
  • Les petites copropriétés, c'est-à-dire celles qui comportent au maximum 5 lots à usage de logements, de bureaux ou de commerce ou celles dont le budget prévisionnel moyen, sur une période de 3 ans, est inférieur à 15 000 €
  • Les immeubles possédés par seulement 2 copropriétaires.

L'assemblée générale ne peut pas se tenir spontanément. Une convocation doit être envoyée à l'ensemble des copropriétaires de l'immeuble.

Dans les petites copropriétés, la convocation d’une assemblée générale est pour :

  • Le vote du budget prévisionnel 
  • L’approbation des comptes.

Les autres décisions peuvent être prises à l'unanimité des voix des copropriétaires à l'occasion d'une, sans nécessité de convoquer une assemblée générale.

La convocation à l'assemblée générale n'est pas obligatoire dans ce cas. Les 2 copropriétaires composant le peuvent se réunir pour prendre toutes les décisions.

Qui peut convoquer l'assemblée générale des copropriétaires ?

Il appartient au syndic de convoquer les copropriétaires à l'assemblée générale. Mais il existe des hypothèques dans lesquelles le président du conseil syndical et les copropriétaires peuvent également envoyer une convocation.

Le doit convoquer les copropriétaires à une assemblée générale , lors de laquelle le et le sont votés.

Il a également l'obligation de convoquer une assemblée générale dans les cas suivants :

  • Convocation demandée par le conseil syndical, s'il en existe un, ou par un ou plusieurs copropriétaires représentant au moins un1/4 des voix de tous les copropriétaires (à moins que le règlement de copropriété ne prévoie un nombre inférieur de voix)
  • Convocation demandée par un copropriétaire pour voter une ou plusieurs questions liées à ses droits et obligations
  • En cas de travaux urgents effectués à l'initiative du syndic et sans autorisation du syndicat des copropriétaires. Le syndic doit convoquer immédiatement une assemblée générale pour ratifier (donner son accord postérieurement) la commande de travaux
  • En cas de catastrophe technologique ayant endommagé les parties communes de l'immeuble. Le syndic doit convoquer sous 15 jours les copropriétaires pour décider des travaux de remise en état.

L'assemblée générale peut également être convoquée par le président du conseil syndical dans  :

  • En cas d'empêchement du syndic, le président du conseil syndical peut alors convoquer une assemblée générale pour désigner un nouveau syndic.
  • En cas de refus ou négligence du syndic de donner suite à la demande de convocation du conseil syndical ou d'un ou plusieurs copropriétaires représentant au moins 1/4 des voix de tous les copropriétaires. Dans ce cas, le président du conseil syndical doit mettre en demeure, par lettre recommandée avec accusé de réception, le syndic de respecter son obligation de convoquer. En l'absence de réponse du syndic pendant au moins 8 jours après la première présentation de la lettre recommandée, l'assemblée générale est convoquée par le président du conseil syndical.

    Un modèle de lettre est disponible :

Mise en demeure de convoquer une assemblée générale des copropriétaires

Tout copropriétaire d'un immeuble peut convoquer une assemblée générale s'il justifie des suivantes :

  • Le syndic refuse de donner suite à la demande de convocation du conseil syndical, s'il en existe un, ou d'un ou plusieurs copropriétaires représentant au moins un 1/4 des voix de tous les copropriétaires
  • Il n'existe pas de conseil syndical ou si les membres de ce conseil n'ont pas été désignés ou si le président de ce conseil ne procède pas à la convocation de l'assemblée générale,
  • Une mise en demeure envoyée au syndic et/ou au président du conseil syndical de respecter leurs obligations est restée sans suite pendant au moins 8 jours
  • Le copropriétaire a l'autorisation du président du tribunal judiciairedu lieu de situation de l'immeuble de convoquer une assemblée judiciaire. Il est obligatoire de se faire accompagner par un avocat pour cette démarche.

Tout copropriétaire peut convoquer une assemblée générale dans le cas où la copropriété n'a pas de syndic.

Cette situation concerne, principalement, l'hypothèse de l'expiration du mandat du syndic, de sa démission ou de son décès.

L'assemblée générale convoquée a de désigner un syndic.

Lorsque l'immeuble appartient seulement à 2 copropriétaires, chacun peut convoquer l'autre à une assemblée générale en lui précisant les questions inscrites à l'ordre du jour.

Qui sont les destinataires de la convocation à l'assemblée générale des copropriétaires ?

La convocation doit être envoyée à tous les copropriétaires.

Il est précisé que :

  • En cas d'indivision ou de démembrement du droit de propriété (cas de l'usufruit et de la nue-propriété), la convocation est adressée au mandataire commun désigné
  • En cas de lots appartenant à des époux communs en bien, ils doivent tous les 2 être convoqués
  • En cas de SCI, la convocation est adressée au gérant de la société.

À quel moment doit-être convoquée l'assemblée générale des copropriétaires ?

Le moment varie selon la nature de l'assemblée générale.

La convocation à l' doit être envoyée dans un délai de .

La convocation à l' est envoyée dès qu'elle est jugée nécessaire ou utile.

Quel est le délai d'envoi de la convocation à l'assemblée générale des copropriétaires ?

Le délai de convocation à l'assemblée générale va varier en fonction de l'urgence des décisions à prendre.

Cas normal

La convocation doit être adressée à chaque copropriétaire au moins 21 avant la date de l'assemblée générale, sauf si le a prévu un délai plus long.

Ce délai a pour point de départ :

  • Le lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée
  • Le lendemain de l'envoi au destinataire, par le prestataire certifié (par exemple AR24, service de La poste), du courrier électronique annonçant la lettre recommandée électronique
  • La date de l'émargement du copropriétaire en cas de remise en main propre de la convocation.

En pratique, la convocation doit ainsi être envoyée au moins 1 mois avant la tenue de la réunion afin de respecter le délai légal.

Attention

Le non-respect du délai de convocation, même pour un seul jour, entraine la nullité de l'assemblée générale. Toutefois, cette sanction n'est applicable que si un copropriétaire saisit le tribunal du lieu de situation de l'immeuble d'une telle demande. Cette démarche nécessite l'accompagnement par un avocat.

Cas d'urgence

En cas d'urgence, le délai peut être à 21 jours. C'est notamment le cas lorsque l'assemblée générale doit prendre une décision immédiate liée à la de l'immeuble (par exemple, pose d'étais en cas d'effondrement partiel du bâtiment).

Quelle est la forme de la convocation à l'assemblée générale des copropriétaires ?

La convocation doit être notifiée aux copropriétaires par l'un des moyens suivants :

  • Lettre recommandée avec avis de réception
  • Lettre recommandée électronique
  • Remise contre récépissé ou émargement.

A savoir

Depuis le 9 avril 2024, les convocations d'assemblée générale, les procès-verbaux d’AG et les mises en demeure sont envoyés par voie électronique.

Les copropriétaires doivent informer le syndic de leur changement de domicile.

Ils doivent lui communiquer l'adresse postale de leur nouveau domicile et leur adresse mail par :

  • Lettre recommandée avec avis de réception
  • Ou lettre recommandée électronique s'ils ont donné leur accord pour recevoir des notifications et des mises en demeure par voie électronique.

Que doit contenir la convocation à l'assemblée générale des copropriétaires ?

La convocation doit contenir :

  • L'information sur le lieu, la date et l'heure de la réunion
  • L'ordre du jour précisant chacune des questions soumises au vote des copropriétaires. Chaque question doit être rédigée dans des termes clairs et fait l'objet d'un vote séparé.
  • Le mode de consultation des justificatifs de charges de copropriété avant la tenue de l'assemblée générale
  • Lieu, date et heures de consultation des pièces justificatives de charges. Entre la convocation de l'assemblée générale et la tenue de celle-ci, le syndic doit mettre à disposition de chaque copropriétaire les documents justifiants les dépenses annuelles du syndicat des copropriétaires (par exemple, factures, contrats de fourniture et d'exploitation) et une note expliquant le calcul des charges de chauffage, de refroidissement et de production d'eau chaude sanitaire collectifs. Cette mise à disposition doit durer au minimum 1 jour ouvré.
  • Les documents nécessaires pour la validité d'une décision (par exemple état financier du syndicat des copropriétaires ou projet de budget prévisionnel ou contrat de syndic) ou pour l'information des copropriétaires.
  • Le formulaire de vote par correspondance. Un modèle de ce formulaire est disponible :

Vote par correspondance d'un copropriétaire

Comment est fixé l'ordre du jour de l'assemblée générale des copropriétaires ?

Ordre du jour de l'assemblée générale

L'ordre du jour est établi par le syndic avec le . Toutefois, la réglementation ne mentionne pas de sanction si la concertation n'a pas lieu.

L'ordre du jour contient l'ensemble des questions qui seront discutées et votées au cours de l'assemblée générale.

Chaque question doit mentionner la majorité à laquelle elle sera votée.

A savoir

L'assemblée générale prend des décisions valides uniquement sur les points inscrits à l'ordre du jour. Un sujet non inscrit à l'ordre du jour peut toutefois être discuté lors de la réunion, sans pouvoir être voté.

Ordre du jour complémentaire

Tout copropriétaire ou le conseil syndical peut demander au syndic de faire figurer une ou plusieurs questions à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Cette peut être faite à tout moment.

La demande doit être formulée par courrier recommandé avec avis de réception. Il est possible de s'aider d'un modèle pour rédiger son courrier :

Attention

La demande d'inscription d'une résolution à l'ordre du jour de l'assemblée générale doit parvenir au syndic avant l'envoi de la convocation. Une notification tardive peut empêcher le syndic d'inscrire les questions à l'ordre du jour. Dans ce cas, elles sont soumises à l'assemblée générale suivante.

Un doit obligatoirement être joint à l'envoi lorsque la question porte, , sur :

  • Les conditions de versement des provisions du budget prévisionnel
  • Les honoraires complémentaires du syndic en cas de travaux
  • Une décision qui doit être votée à la majorité simple, absolue ou à la double majorité
  • L'amélioration de l'immeuble, telle que la transformation d'un ou de plusieurs éléments d'équipement existants, l'ajout d'éléments nouveaux, l'aménagement ou la création de locaux à usage commun
  • La surélévation ou la construction de bâtiments aux fins de créer de nouveaux locaux à usage privatif
  • L'autorisation du syndic à agir en justice.

La demande doit également être accompagnée d'un lorsqu'il s'agit de travaux d'accessibilité ou affectant les ou l'aspect extérieur de l'immeuble.

A savoir

Le syndic ne peut pas juger la valeur ou l'opportunité de la demande. Il doit obligatoirement inscrire la question à l'ordre du jour de l'assemblée générale.

Quelle est la sanction en cas de non-convocation à l'assemblée générale des copropriétaires ?

Si un copropriétaire n'a pas été convoqué il peut :

  • Demander en justice l'annulation de l'assemblée générale dans les 2 mois de la notification du procès-verbal de l'assemblée
  • Engager la responsabilité du syndic si le défaut de convocation lui a causé un préjudice.

Ces deux démarches nécessitent l'accompagnement d'un avocat.

Quelle est la sanction en cas de convocation irrégulière à l'assemblée générale des copropriétaires ?

En plus de l'absence de convocation, l'irrégularité de la convocation en assemblée générale concerne de nombreux cas, notamment :

  • Non-respect du délai de convocation
  • Absence de mentions obligatoires sur la convocation (date, lieu, heure)
  • Convocation par une personne qui n'a pas le droit de convoquer
  • Absence de communication d'un document obligatoire pour la validité d'une décision (devis, contrat, état financier, projet de budget prévisionnel, etc.) ou pour l'information des copropriétaires
  • Impossibilité d'exercer son droit de consultation des pièces justificatives des charges en amont de l'assemblée générale.

Dans ces hypothèses, il est possible de demander en justice l'annulation de l'assemblée générale ou d'une ou plusieurs décisions.

Cette demande est adressée au tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. Cette démarche nécessite l'accompagnement obligatoire d'un avocat.

Demander à son syndic la convocation de l'assemblée générale des copropriétaires

Permet de saisir son syndic pour demander la convocation de l'assemblée générale des copropriétaires.

Demander l'inscription de questions complémentaires à l'ordre du jour de l'assemblée des copropriétaires

Permet de saisir le le syndic afin que des questions complémentaires soient inscrites à l'ordre du jour de la convocation de la prochaine assemblée générale des copropriétaires (par exemple, révocation du syndic).

Mise en demeure de convoquer une assemblée générale des copropriétaires

Généralisation de la notification et de la mise en demeure en version électronique

Le décret n°2025-1292 du 22 décembre 2025 apporte plusieurs changements pour les copropriétés, dont la généralisation des notifications et mises en demeure électroniques en remplacement de l’envoi postal.

Référence : Article 14-1

Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis

Référence : Consultation des pièces justifiant les charges de copropriété

Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : article 18-1

Référence : Convocation par le syndic

Décret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 7

Référence : Convocation à l'initiative du conseil syndical et autres

Décret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 8

Référence : Forme de la convocation

Décret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 9

Référence : Inscription de questions à l'ordre du jour

Décret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 10

Référence : Documents complémentaires

Décret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 11

Référence : Inscription de questions à l'ordre du jour

Décret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 13

Référence :

Décret n°2005-240 du 14 mars 2005 relatif aux comptes du syndicat des copropriétaires

Référence :

Arrêté du 14 mars 2005 relatif aux comptes du syndicat des copropriétaires

Définition : Mise en demeure

Document visant à contraindre une personne à se plier à ses obligations légales

Définition : Syndicat des copropriétaires

Entité juridique composé par l'ensemble des copropriétaires d'un immeuble

Définition : Assemblée générale ordinaire

Réunion annuelle obligatoire lors de laquelle sont notamment discutés par les copropriétaires, le budget prévisionnel et l'approbation des comptes

Définition : Assemblée générale extraordinaire

Assemblée générale supplémentaire qui peut être convoquée chaque fois qu'une décision liée à la bonne administration de l'immeuble doit être prise, sans attendre l'assemblée générale annuelle obligatoire

Définition : Copropriété

Situation juridique où un immeuble ou un ensemble immobilier appartient à plusieurs personnes. Chaque propriétaire possède une partie privative (par exemple un appartement, une cave) et une part des parties communes (comme les halls, escaliers ou jardins).

Définition : Copropriétaire

Personne physique ou morale (société/entreprise) propriétaire d'un ou plusieurs lots dans un immeuble

Définition : Lot de copropriété

Partie de bâtiment comportant obligatoirement une partie privative et une quote-part de parties communes

Définition : Ordre du jour

Liste des sujets qui seront discutés et votés lors de l'assemblée générale des copropriétaires

Définition : Empêchement du syndic

Situation dans laquelle le syndic ne peut plus exécuter sa mission en raison d’évènements ou de circonstances extérieures à sa volonté (maladie, accident, décès, etc.)

Définition : Indivision

Situation dans laquelle deux ou plusieurs personnes sont propriétaires ensemble d'une même chose ou d'un même ensemble de choses (exemples : maison, portefeuille de titres, meubles, bijoux). L'indivision peut être créée volontairement (par exemple lors d'un achat à plusieurs, même dans des proportions inégales) ou résulter d'une situation de fait (indivision entre des héritiers d'une succession).

Définition : Démembrement du droit de propriété

Situation lorsque les pouvoirs liés au droit de propriété (occuper un bien, le vendre, en percevoir les revenus) sont répartis entre l'usufruitier et le nu-propriétaire

Définition : Bien commun

Meuble ou immeuble dont la propriété est partagée entre les époux. Les époux soumis au régime légal de la communauté réduite aux acquêts constituent des biens communs dès lors qu'un achat est réalisé par l'un des époux.

Définition : Jour calendaire

Correspond à la totalité des jours du calendrier de l'année civile, du 1er janvier au 31 décembre, y compris les jours fériés ou chômés

Définition : Jour ouvré

Jour effectivement travaillé dans une entreprise ou une administration. On en compte 5 par semaine.

Définition : Notification

Formalité par laquelle un acte de procédure ou une décision est porté à la connaissance d’une personne

Définition : Résolution

Proposition formelle soumise à la discussion du syndicat des copropriétaires et au vote des copropriétaires

Définition : Parties communes d'une copropriété

Parties de bâtiments (couloirs, chaudière, canalisation, garde-corps...) et des terrains (jardins, parcs...) affectés à l'usage ou à l'utilité de tous les copropriétaires