Libération sous contrainte

La libération sous contrainte permet à une personne condamnée à une peine d'emprisonnement inférieure à 5 ans d'exécuter la fin de sa peine hors établissement pénitentiaire, sous la forme d'une semi-liberté, d'un placement à l'extérieur, d'une détention à domicile sous surveillance électronique ou d'une libération conditionnelle. Cette mesure s'applique automatiquement lorsque certaines conditions sont réunies, notamment l'accomplissement des deux tiers de la peine pour les condamnations à moins de 5 ans, ou l'approche des 3 derniers mois pour les peines inférieures à 2 ans.

Délais

La libération sous contrainte intervient dans les jours suivant la décision du juge de l'application des peines ou de la chambre de l'application des peines.

Points de vigilance

  • Avoir effectué une demande d'aménagement de peine en cours de traitement
  • Avoir refusé explicitement la libération sous contrainte
  • Avoir été condamné pour crime, délit de terrorisme, délit sur mineur de moins de 15 ans, délit contre dépositaire de l'autorité publique ou infraction contre conjoint, concubin ou partenaire de PACS
  • Impossibilité matérielle de mise en place de la mesure demandée
  • Avoir fait l'objet d'une sanction disciplinaire pour violences en prison ou actions perturbant le fonctionnement de l'établissement pénitentiaire

Questions fréquentes

À quel moment une personne incarcérée peut-elle bénéficier d'une libération sous contrainte ?

Pour une peine inférieure à 5 ans, la libération sous contrainte peut être envisagée à partir du moment où la personne a accompli les deux tiers de sa peine. Pour une peine inférieure à 2 ans, elle s'applique automatiquement lorsqu'il ne reste que 3 mois à accomplir.

Qui prend la décision de libération sous contrainte ?

Le juge de l'application des peines prend la décision à l'initiative, sauf s'il ne s'est pas prononcé aux deux tiers de la peine. Dans ce cas, la personne incarcérée peut adresser sa demande à la chambre de l'application des peines.

Comment formuler une demande de libération sous contrainte ?

La demande doit être effectuée par lettre recommandée avec accusé de réception adressée à la chambre de l'application des peines, ou par déclaration auprès du chef de l'établissement pénitentiaire.

Quelles obligations doit respecter une personne en libération sous contrainte ?

La personne doit répondre aux convocations du service pénitentiaire d'insertion et de probation, prévenir en cas de changement de domicile ou de déplacement de plus de 15 jours, se soumettre aux mesures de suivi médical ou de traitement si nécessaire, et respecter les interdictions de fréquentation ou les lieux défendus fixés par le juge.

La personne incarcérée peut-elle contester une décision de libération sous contrainte ?

Une décision du juge de l'application des peines peut faire l'objet d'un recours devant la chambre de l'application des peines dans un délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance.

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Textes de référence

  • Code de procédure pénale : article 720
  • Code de procédure pénale : D147-17 à D147-19
  • Code de procédure pénale : articles D147-20 à D147-24
  • Code de procédure pénale : article 712-11

La libération sous contrainte est une mesure permettant à une personne condamnée à une peine de prison inférieure à 5 ans d'exécuter la fin de sa peine en dehors d'un établissement pénitentiaire. Le bénéficiaire de ce dispositif effectue le restant de sa peine dans le cadre d'une semi-liberté, d'un placement à l'extérieur, d'une détention à domicile sous surveillance électronique ou d'une libération conditionnelle. Cette mesure a pour but d'éviter les cas de récidive.

Qui peut bénéficier d'une libération sous contrainte ?

La libération sous contrainte concerne une personne incarcérée.

Les conditions permettant de bénéficier de cette mesure diffèrent en fonction de la durée de la peine de prison à laquelle la personne a été condamnée :

La personne condamnée à une peut bénéficier d'une libération sous contrainte si les 3 conditions suivantes sont réunies :

  • Elle a accompli les 2/3 de sa peine (par exemple, une personne condamnée à 3 ans d'emprisonnement peut obtenir une libération sous contrainte si elle a déjà accompli 2 ans de prison)
  • Elle n'a pas effectué une demande d'aménagement de peine qui serait en cours de traitement
  • Elle n'a pas refusé d'être libérée sous contrainte.

En principe, la personne condamnée à une peine inférieure à 2 ans bénéficie d'une libération sous contrainte .

Néanmoins, la libération sous contrainte dans les situations suivantes :

  • Si la personne a été condamnée et incarcérée pour avoir commis un crime, un délit de terrorisme, un délit sur un mineur de moins de 15 ans, un délit sur un dépositaire de l’autorité publique ou une infraction sur son conjoint, son concubin, son partenaire de pacs (y compris lorsque le couple n’habite pas ensemble)
  • S'il est impossible de la mettre en place (exemple : le condamné veut absolument être en détention à domicile sous surveillance électronique chez une personne qui n'a pas donné son accord)
  • Si la personne a fait l'objet d'une sanction disciplinaire pour avoir commis des violences en prison ou pour avoir participé à des actions ayant pour but de perturber le fonctionnement de l'établissement pénitentiaire (exemple : émeute)
  • Si la personne a sollicité un aménagement de peine et qui attend une réponse à sa demande.

Comment obtenir une libération sous contrainte ?

La procédure permettant d'obtenir une libération sous contrainte diffère en fonction de la peine de prison prononcée contre l'auteur de l'infraction :

Lorsque la personne arrive aux 2/3 de sa peine de prison, le analyse sa situation pour ordonner une libération sous contrainte.

Pour prendre sa décision, le Jap peut demander à entendre la personne concernée et/ou son avocat.

Si la personne répond aux critères de la libération sous contrainte, le Jap ordonne cette mesure.

Après avoir consulté la , il fixe le cadre dans lequel la personne condamnée sera suivie après sa sortie de prison :

  • Placement à l'extérieur
  • Détention à domicile sous surveillance électronique
  • Semi-liberté
  • Ou libération conditionnelle.

Le Jap notifie sa décision à la personne condamnée par le biais du chef de dont elle dépend.

Cette décision peut faire l'objet d'un recours devant la , dans un délai de suivant la notification de.

Si la personne a exécuté les 2/3 de sa peine de prison et que le n'a pas examiné sa situation, elle peut effectuer une demande de libération sous contrainte à la .

Cette demande doit être faite :

  • Par lettre RAR, à la chambre de l'application des peines dont dépend le Jap qui aurait dû se prononcer sur une possible libération sous contrainte
  • Ou par déclaration au chef de l'établissement pénitentiaire dont dépend la personne condamnée.

Où s'adresser : Cour d'appel

La chambre de l'application des peines se prononce directement et peut accorder la libération sous contrainte.

C'est également elle qui fixe le cadre dans lequel la personne condamnée sera suivie après sa sortie de prison (placement à l'extérieur, semi-liberté, détention à domicile sous surveillance électronique ou libération conditionnelle).

Lorsqu'une personne n'a plus que 3 mois de prison à accomplir, , elle bénéficie d'une libération sous contrainte.

Cette mesure peut être prononcée par le , même si le condamné s'y oppose.

Après avoir consulté la , le juge de l'application des peines fixe le cadre dans lequel la personne condamnée sera suivie après sa sortie de prison :

  • Placement à l'extérieur
  • Détention à domicile sous surveillance électronique
  • Semi-liberté
  • Ou libération conditionnelle.

Le juge de l'application des peines sa décision à la personne condamnée par le biais du chef de dont elle dépend.

Quelles sont les suites d'une décision de libération sous contrainte ?

La personne incarcérée sort de prison dans les jours qui suivent la décision de libération sous contrainte.

Elle exécute la fin de sa peine dans les conditions fixées par le juge de l'application des peines ou par la chambre de l'application des peines.

Elle doit respecter les obligations liées à son aménagement de peine.

Il peut notamment s'agir de :

  • Répondre aux convocations du service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP)
  • Prévenir le SPIP en cas de changement de domicile ou de déplacement de plus de 15 jours
  • Informer le Jap en cas de déplacement à l'étranger
  • Se soumettre à des mesures d'examen médical, de traitement ou de soins si la personne est alcoolique ou consomme des drogues
  • Indemniser les victimes
  • Ne pas fréquenter certaines personnes (exemple : un complice, une victime) ou certains lieux déterminés (par exemple, un débit de boissons)
  • Accomplir un travail d'intérêt général.

Durant toute la période de libération sous contrainte, la personne condamnée est suivie et contrôlée par le SPIP de l'établissement dans lequel elle se trouvait avant sa sortie.

Un premier entretien avec un conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation a lieu dans les 5 jours suivants la sortie de prison. Il permet de déterminer la manière dont la personne qui obtient la libération sous contrainte sera pris en charge en fonction de sa situation personnelle et de l'aménagement de peine dont il bénéficie (exemple : entretiens mensuels avec un CPIP).

La libération sous contrainte peut-elle être retirée ?

La libération sous contrainte peut être retirée à la personne qui ne respecte pas les obligations et interdictions fixées dans le cadre de son aménagement de peine.

Si le juge de l'application des peines (Jap) envisage de retirer la libération sous contrainte, il convoque la personne concernée pour qu'elle présente ses observations.

A savoir

Si le procureur de la République et le bénéficiaire de la libération sous contrainte sont d'accord, le Jap peut procéder au retrait sans entendre la personne concernée.

Après avoir examiné la situation de la personne condamnée et avoir obtenu l'avis d'un représentant de l'administration pénitentiaire, le Jap rend une décision motivée.

S'il décide du retrait de la libération sous contrainte, la personne condamnée retourne en prison pour exécuter la fin de sa peine.

Ce jugement peut faire l'objet d'un recours devant la chambre de l'application des peines, dans un délai de 24 heures suivant sa notification.

A savoir

Devant la chambre de l'application des peines, la personne condamnée doit être assistée d'un avocat. Si ces revenus sont insuffisants pour faire appel à un avocat, elle peut faire une demande d'aide juridictionnelle.

Référence : Principe de la libération sous contrainte

Code de procédure pénale : article 720

Référence : Procédure de la libération sous contrainte en cas de peine de prison inférieure à 5 ans

Code de procédure pénale : D147-17 à D147-19

Référence : Procédure de la libération sous contrainte en cas de peine de prison inférieure à 2 ans

Code de procédure pénale : articles D147-20 à D147-24

Référence : Appel des décisions du juge de l'application des peines

Code de procédure pénale : article 712-11

Définition : Établissement pénitentiaire

Lieu dans lequel les personnes en attente d'un jugement ou condamnées à une peine de prison sont détenues ou incarcérées (exemple : une maison d'arrêt)

Définition : Semi-liberté

Aménagement qui permet au détenu de quitter la prison pendant la journée et d'y retourner le soir, dans le but d’exercer une activité professionnelle, de suivre un enseignement ou une formation, de rechercher un emploi, etc. La semi-liberté peut être accordée à la personne condamnée à une peine inférieure ou égale à 2 ans de prison ou à laquelle il ne reste que 2 ans de prison à accomplir

Définition : Placement à l'extérieur

Aménagement qui permet à la personne condamnée de sortir de prison pour exercer une activité professionnelle ou bénéficier d'une prise en charge sanitaire. La personne dort en prison ou dans un endroit désigné par le juge. Cet aménagement peut être accordé aux personnes condamnées à une peine inférieure ou égale à 2 ans de prison ou pour lesquelles il ne reste que 2 ans de prison à accomplir.

Définition : Détention à domicile sous surveillance électronique

Aménagement de la peine au cours duquel le condamné doit rester à domicile ou dans le lieu désigné par le juge, sauf en dehors des périodes qu’il fixe. La personne qui en bénéficie porte un bracelet électronique. Cet aménagement peut être accordé à la personne condamnée à une peine inférieure ou égale à 2 ans de prison ou à laquelle il ne reste que 2 ans de prison à accomplir

Définition : Libération conditionnelle

Libération d'un détenu avant l'exécution de la totalité de sa peine de prison, en contrepartie du respect de certaines mesures de contraintes

Définition : Récidive légale

Fait, pour une personne déjà condamnée, de commettre une nouvelle infraction identique ou assimilée, dans un certain délai, et pouvant entraîner une peine plus lourde que celle normalement prévue.

Définition : Incarcération

Fait de mettre une personne en prison après qu'elle ait été condamnée

Définition : Aménagement de peine

Mode d'exécution d'une peine de prison ferme qui permet à la personne condamnée d’effectuer tout ou partie de sa peine en dehors d’une prison (détention à domicile sous surveillance électronique, semi-liberté, placement à l'extérieur, libération conditionnelle, etc.)

Définition : Emprisonnement

Peine de prison prononcée en cas de délit

Définition : Crime

Infraction la plus grave punissable par une peine de prison (viol, violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, meurtre, assassinat par exemple)

Définition : Délit

Acte interdit par la loi et puni d'une amende et/ou d'une peine d'emprisonnement inférieure à 10 ans

Définition : Dépositaire de l'autorité publique

Personne qui a reçu un pouvoir de sanction et/ou de contrainte de la part des pouvoirs publics

Définition : Infraction

Acte interdit par la loi et puni d'une sanction pénale. Il existe 3 types d'infractions classés en fonction de leur gravité : les contraventions, les délits et les crimes

Définition : Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP)

Service départemental de l'administration pénitentiaire qui assure le contrôle et le suivi des peines exécutées au sein d'un établissement pénitentiaire ou en milieu ouvert

Définition : Juge de l'application des peines

Juge compétent pour superviser la manière dont la peine va être appliquée à une personne condamnée

Définition : Commission de l'application des peines

Commission consultative, présente dans chaque établissement pénitentiaire, qui assiste le juge de l'application des peines lors de la prise de certaines décisions concernant l'exécution d'une sanction pénale

Définition : Chambre de l'application des peines

Juridiction qui dépend de la cour d'appel et qui a pour rôle d'examiner les recours contre les décisions relatives à l'exécution des peines

Définition : Ordonnance

Nom donné à certaines décisions de justice prises par un magistrat unique (président de juridiction, juge d'instruction, etc.). Par exemple, une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel prise par un juge d'instruction.

Définition : Notification

Formalité par laquelle un acte de procédure ou une décision est porté à la connaissance d’une personne

Définition : Décision motivée (justice)

Obligation pour le juge d'expliquer les raisons pour lesquelles il a pris cette décision

Définition : Complice

Personne qui aide l'auteur des faits à accomplir l'infraction

Définition : Conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation

Professionnel qui intervient en prison auprès de personnes détenues et en milieu ouvert ou de personnes soumises à un contrôle judiciaire, une surveillance électronique, une libération conditionnelle ou un sursis probatoire. Il a pour mission d'accompagner ces personnes durant l'exécution de leur peine.

Définition : Procureur de la République

Magistrat à la tête du parquet (ou ministère public). Il est destinataire des plaintes et signalements. Il dirige les enquêtes, décide des poursuites et veille à l'application de la loi.

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