Quel adulte peut assister un mineur suspecté dans le cadre d’une procédure pénale ?

Dans une procédure pénale, le mineur suspecté est en principe informé et accompagné par ses représentants légaux, qui reçoivent les mêmes informations que lui. Lorsque ces derniers ne peuvent pas l'assister, un adulte approprié, choisi parmi ses proches ou désigné comme administrateur ad hoc, peut être désigné pour recevoir les informations et l'accompagner. Le mineur suspecté doit, en toute hypothèse, être assisté par un avocat tout au long de la procédure.

Délais

Une fois le représentant légal ou l'adulte approprié contacté, les enquêteurs doivent respecter un délai de 2 heures avant de débuter l'audition ou l'interrogatoire du mineur.

Points de vigilance

  • Le choix de l'avocat du mineur dépend de la mesure : les représentants légaux le choisissent en cas de retenue d'un mineur de 10 à 13 ans, tandis que le mineur de 13 à 18 ans peut choisir lui-même son avocat en cas de garde à vue.
  • Le représentant légal convoqué à une audience ou une audition qui ne se présente pas s'expose à une amende pouvant atteindre 7 500 euros et à un stage de responsabilité parentale.
  • L'adulte approprié ne dispose pas des mêmes droits que le représentant légal : il peut notamment demander un examen médical pour le mineur, mais ne peut pas choisir son avocat.

Questions fréquentes

Qui peut assister un mineur suspecté lors d'une procédure pénale ?

En principe, ses représentants légaux. Lorsqu'ils ne peuvent pas être présents, notamment si leur identité est inconnue ou si leur présence nuit à l'intérêt de l'enfant, un adulte approprié peut être désigné.

Qu'est-ce qu'un adulte approprié ?

Une personne majeure choisie prioritairement parmi les proches du mineur, ou un administrateur ad hoc, désignée pour recevoir les informations destinées au mineur et l'accompagner durant la procédure lorsque les représentants légaux ne peuvent pas l'assister.

Le mineur suspecté doit-il être assisté par un avocat ?

Oui, durant toute la procédure pénale, le mineur suspecté doit être assisté par un avocat.

Que risque un représentant légal convoqué qui ne se présente pas ?

Le juge peut ordonner qu'il soit amené devant lui par les forces de l'ordre et le condamner à une amende allant jusqu'à 7 500 euros ainsi qu'à un stage de responsabilité parentale. Cette amende peut être annulée s'il répond aux convocations suivantes.

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Textes de référence

En principe, les représentants légaux du mineur sont informés de la procédure pénale dont il fait l’objet. Ils peuvent l’accompagner et le soutenir tout au long de l’affaire. Lorsque le mineur ne peut pas bénéficier du soutien de ses représentants légaux (leur identité est inconnue ou leur présence est jugée nuisible pour lui), il peut désigner un autre adulte pour l'accompagner et l'assister. Il s’agit d’un adulte approprié. Nous vous présentons les informations à connaître.

Attention

Durant toute la procédure pénale, le mineur suspecté doit être assisté par un avocat.

Représentants légaux

Quelles informations doivent être fournies au représentant légal du mineur suspecté ?

Le mineur suspecté et ses représentants légaux reçoivent les mêmes informations.

Les représentants légaux sont donc informés, par n’importe quel moyen :

  • De l’audition libre, de la retenue ou de la garde à vue du mineur et des motifs qui justifient cette mesure
  • De certains droits dont bénéficient le mineur (par exemple, droit de demander à être examiné par un médecin)
  • De toutes les décisions prises contre le mineur par le Parquet, le juge d’instruction ou la juridiction de jugement (exemple : juge des enfants, cour d’assises des mineurs)
  • Du droit de contester les décisions prises contre le mineur et du délai dans lequel le recours peut être fait
  • De l’inscription du mineur au Fijais ou au Fijait et des conséquences que cela entraîne
  • Des échanges de renseignements entre les différents services chargés de la prise en charge du mineur et de son suivi judiciaire (protection judiciaire de la jeunesse, associations, etc.).

Le représentant légal peut-il choisir l’avocat du mineur ?

Selon les cas (audition libre, retenue ou d’une garde à vue), le choix de l’avocat revient aux représentants légaux ou au mineur, lui-même.

Le mineur choisit librement son avocat. S’il ne l’a pas fait, l’avocat peut être désigné par ses représentants légaux.

Lorsque l'enquête porte sur un ou un puni d'une peine de prison et que le mineur ou ses représentants légaux ne choisissent pas d'avocat, le doit en désigner un. Il s’agit donc d’un .

L’avocat est choisi par les représentants légaux du mineur suspecté (âgé de 10 à 13 ans).

Lorsque l'enquête porte sur un ou un puni d'une peine de prison et que les représentants légaux du mineur ne choisissent pas d'avocat, le doit en désigner un, . Il s’agit donc d’un .

Le mineur âgé de 13 à 18 ans peut choisir, lui-même, son avocat. S’il ne l’a pas fait, ses représentants légaux peuvent en désigner un ou demander à ce qu’il . pour que l’avocat puisse l’assister.

Lorsque l'enquête porte sur un ou un puni d'une peine de prison et que le mineur ou ses représentants légaux ne choisissent pas d'avocat, le doit en désigner un, . Il s’agit donc d’un avocat commis d’office.

Le représentant légal doit-il accompagner le mineur au cours de la procédure ?

Sous certaines conditions, les représentants légaux sont convoqués aux auditions et interrogatoires du mineur. Néanmoins, ils sont forcément convoqués aux audiences concernant le mineur suspecté.

En cas de convocation, les représentants légaux sont obligés de se présenter à l’audience, à l’audition ou à l’interrogatoire du mineur.

Un représentant légal peut être convoqué aux auditions et interrogatoires du mineur lorsque 2 conditions sont remplies :

  • Il est dans l’intérêt du mineur qu’il soit accompagné par un adulte
  • L’accompagnement du mineur ne nuit pas au déroulement de la procédure pénale.

Si le représentant légal ne se présente pas à l’audition ou à l’interrogatoire du mineur auquel il est convoqué, le juge peut prendre les 2 mesures suivantes :

  • Ordonner qu’il soit amené devant lui par les forces de l’ordre
  • Le condamner à une amende allant jusqu’à 7 500 € et à un stage de responsabilité parentale.

Si le représentant légal manque une audition ou à un interrogatoire répond aux convocations suivantes, le juge peut annuler l’amende.

Les représentants légaux sont convoqués aux audiences suivantes :

  • Audiences de jugement tenues par le juge des enfants, le tribunal pour enfants et la cour d’assises des mineurs. Ils y assistent et sont toujours entendus lorsque l’audience a lieu devant le juge des enfants ou le tribunal pour enfants.
  • Audiences du juge d’instruction, du juge des enfants, du tribunal pour enfants ou du juge de la liberté et de la détention lorsqu’est envisagée une mesure limitative de liberté avant le prononcé d’une sanction
  • Audiences portant sur une mesure éducative judiciaire, sur l’application d’un suivi socio-judiciaire, d’un sursis probatoire ou d’une détention à domicile sous surveillance électronique.

Si le représentant légal ne se présente pas à l’audience, le juge peut prendre les 2 mesures suivantes :

  • Ordonner qu’il soit amené devant lui par les forces de l’ordre
  • Le condamner à une amende allant jusqu’à 7 500 € et à un stage de responsabilité parentale.

Le représentant légal doit-il consentir aux mesures prises contre le mineur ?

Certaines mesures peuvent être décidées uniquement avec le consentement des représentants légaux du mineur. Ils doivent notamment donner leur accord concernant la mise en place d’une des mesures suivantes :

  • Mesure de justice restaurative
  • Mesure d’orientation vers une structure sanitaire, sociale ou professionnelle
  • Mesure d’indemnisation de la victime
  • Mesure de composition pénale
  • Assignation à résidence sous surveillance électronique.

Les représentants légaux assistent le mineur dans la compréhension et l’application de la mesure.

Ainsi, à la fin de l’audition ou de l’audience, le mineur et ses représentants légaux reçoivent une convocation devant le service de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

Au cours de l’entretien (qui a lieu dans les 5 jours suivant la convocation), ce service leur explique les conséquences de la mesure prise contre le mineur.

Adulte approprié

Qu'est-ce qu'un adulte approprié lors d’une procédure pénale ?

Un adulte approprié est une personne qui accompagne un mineur soupçonné d’avoir commis une infraction, dans toutes les phases de la procédure pénale.

Il est fait appel à lui lorsque les représentants légaux du mineur ne peuvent pas l'assister.

L’adulte approprié peut être :

  • Soit une personne majeure choisie prioritairement parmi les proches du mineur (par exemple, un frère, une sœur ou les grands-parents)
  • Soit un administrateur ad hoc.

Dans quels cas un adulte approprié est-il désigné lors d’une procédure pénale ?

L'adulte approprié doit être désigné dans l’un des cas suivants :

  • La présence des représentants légaux n'est pas possible, parce qu'ils sont restés injoignables malgré les efforts déployés par les enquêteurs ou parce que leur identité est inconnue
  • La présence des représentants légaux du mineur risque de nuire à l'intérêt de l'enfant
  • La présence des représentants légaux risque véritablement de compromettre la procédure pénale engagée contre le mineur.

Comment est désigné l'adulte approprié lors d’une procédure pénale ?

En principe, l’adulte approprié est choisi par le mineur suspecté. Dans ce cas, le choix du mineur doit être validé par les enquêteurs qui se fondent sur l’intérêt de l’enfant.

Si le mineur n’a pas choisi d’adulte approprié ou si son choix est refusé par les enquêteurs, le procureur de la République, le juge des enfants ou le juge d’instruction désigne un adulte approprié. Ce choix est toujours fait en fonction de l’intérêt du mineur.

Quel est le rôle de l'adulte approprié vis-à-vis du mineur suspecté ?

L'adulte approprié a pour mission de recevoir les informations destinées au mineur et de l'accompagner au cours de la procédure.

Attention

L’adulte approprié n’a pas exactement les mêmes droits que les représentants légaux. Par exemple, il peut demander un examen médical pour le mineur, mais il ne peut pas choisir un avocat à sa place.

Quelles informations reçoit l’adulte approprié concernant le mineur suspecté ?

L'adulte approprié reçoit les mêmes informations que celles communiquées au mineur au cours de la procédure (convocation aux audiences, droits du , inscription du mineur au ou au , etc.).

À quelles occasions l’adulte approprié peut-il accompagner le mineur suspecté ?

L’adulte approprié peut accompagner le mineur lors des étapes de la procédure auxquelles il est convoqué (audience, audition ou interrogatoire).

L’adulte approprié peut être convoqué aux auditions et interrogatoires du mineur lorsque 2 conditions sont remplies :

  • Il est de l’intérêt du mineur qu’il soit accompagné par un adulte
  • L’accompagnement du mineur suspecté ne nuit pas au déroulement de la procédure pénale.

À partir du moment où l’adulte approprié a été contacté, les enquêteurs doivent attendre un pour débuter l’audition ou l’interrogatoire du mineur.

L’adulte approprié est convoqué aux audiences suivantes :

  • Audiences de jugement devant le juge des enfants, le tribunal pour enfants et la cour d’assises des mineurs
  • Audiences du juge d’instruction, du juge des enfants, du tribunal pour enfants ou du juge de la liberté et de la détention lorsqu’est envisagée une mesure limitative de liberté avant le prononcé d’une sanction
  • Audiences portant sur une mesure éducative judiciaire, sur l’application d’un suivi socio-judiciaire, d’un sursis probatoire ou d’une détention à domicile sous surveillance électronique.

Jusqu’à quand l’adulte approprié assiste le mineur suspecté ?

Si les conditions qui ont entraîné la désignation de l'adulte approprié ne sont plus réunies, les représentants légaux du mineur retrouvent leurs droits (droit d’information, droit d’accompagner le mineur, etc.). Ainsi, il est mis fin à la mission de l’adulte approprié.

Il n’existe pas de règle particulière concernant la notification de la fin de mission de l’adulte approprié. En principe, l’adulte approprié est informé par le greffe du juge chargée de l’affaire, de manière écrite ou orale.

Référence : Assistance d’un représentant légal ou de l’adulte approprié

Code de la justice pénale des mineures : articles L311-1 à L311-5

Référence : Droit du mineur d'être informé et accompagné d'un adulte

Code de la justice pénale des mineurs : articles D311-1 à D311-2

Référence : Entretien du mineur et de ses représentants légaux pour l’application d’une mesure

Code de justice pénale des mineurs : article D241-39

Définition : Représentant légal (mineur)

Personne qui exerce l’autorité parentale sur le mineur. De manière général, il s’agit des parents de l’enfant. S’ils sont décédés ou qu’ils sont privés de l’exercice de l’autorité parental, un tuteur (exemple : autre membre de la famille) devient le représentant légal du mineur.

Définition : Parquet (ou ministère public)

Corps de magistrats représentant les intérêts de la société devant les juridictions

Définition : Juge d'instruction

Un juge d'instruction est un magistrat désigné dans le cas d'affaires pénales complexes. Il est chargé de l'instruction des affaires et peut déléguer la réalisation de certains actes (perquisitions, auditions, etc.) à un officier de police judiciaire ou à un autre juge (on parle de «  commission rogatoire »). 

Définition : Crime

Infraction la plus grave punissable par une peine de prison (viol, violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, meurtre, assassinat par exemple)

Définition : Délit

Acte interdit par la loi et puni d'une amende et/ou d'une peine d'emprisonnement inférieure à 10 ans

Définition : Bâtonnier

Avocat élu par ses confrères dans chaque barreau pour les représenter et garantir la déontologie et la discipline de la profession. Il désigne les avocats commis d'office, règle les différends entre eux ou avec leurs clients.

Définition : Tribunal pour enfants

Juridiction compétente pour juger les mineurs soupçonnés d’avoir commis une contravention de 5ème classe ou un délit

Définition : Suivi socio-judiciaire

Peine complémentaire ou principale en matière de délit, qui impose à la personne condamnée le respect de différentes mesures telles que l'obligation de répondre aux convocations, de prévenir d'un changement d'adresse, l'interdiction de fréquenter certains lieux ou les injonctions de soins

Définition : Sursis probatoire

Suspension de l'exécution d'une peine d'emprisonnement, à condition que le condamné respecte les obligations et interdictions qui lui sont fixées par le tribunal

Définition : Détention à domicile sous surveillance électronique

Aménagement de la peine au cours duquel le condamné doit rester à domicile ou dans le lieu désigné par le juge, sauf en dehors des périodes qu’il fixe. La personne qui en bénéficie porte un bracelet électronique. Cet aménagement peut être accordé à la personne condamnée à une peine inférieure ou égale à 2 ans de prison ou à laquelle il ne reste que 2 ans de prison à accomplir

Définition : Justice restaurative

Pratique qui consiste à faire dialoguer la victime et l’auteur de l’infraction

Définition : Infraction

Acte interdit par la loi et puni d'une sanction pénale. Il existe 3 types d'infractions classés en fonction de leur gravité : les contraventions, les délits et les crimes

Définition : Représentant légal

Personne désignée par la loi pour représenter et défendre les intérêts d'une autre personne. Par exemple, le père ou la mère d'un enfant mineur ou le dirigeant d'un organisme

Définition : Administrateur ad hoc

Personne chargée d'accompagner juridiquement un mineur non émancipé afin de protéger ses intérêts

Définition : Procureur de la République

Magistrat à la tête du parquet (ou ministère public). Il est destinataire des plaintes et signalements. Il dirige les enquêtes, décide des poursuites et veille à l'application de la loi.

Définition : Notification

Formalité par laquelle un acte de procédure ou une décision est porté à la connaissance d’une personne

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