Reclassement pour inaptitude physique d'un contractuel

L'agent contractuel reconnu définitivement inapte à reprendre son emploi peut demander un reclassement sur un poste adapté à son état de santé, à défaut de quoi il est licencié pour inaptitude physique. Si aucun reclassement ne peut être proposé avant la fin du préavis, l'agent est placé en congé non rémunéré pour 3 mois maximum, période durant laquelle il est considéré comme involontairement privé d'emploi et peut demander le bénéfice des allocations chômage.

Délais

Le préavis varie de 8 jours à 2 mois selon l'ancienneté ; la demande de reclassement doit être formulée dans un délai de 4 jours à 1 mois selon cette même ancienneté.

Points de vigilance

  • Le reclassement d'un agent en CDD ne prolonge pas son contrat au-delà de la date de fin initialement prévue.
  • L'agent peut renoncer à tout moment, pendant le congé non rémunéré de 3 mois maximum, à sa demande de reclassement, ce qui entraîne son licenciement.

Questions fréquentes

Un agent contractuel en congé non rémunéré dans l'attente d'un reclassement a-t-il droit aux allocations chômage ?

Pendant ce congé non rémunéré de 3 mois maximum, l'agent est considéré comme involontairement privé d'emploi et peut, à sa demande, bénéficier des allocations chômage.

L'agent contractuel a-t-il droit à une indemnité de licenciement pour inaptitude physique ?

Il y a droit, sauf s'il a atteint l'âge minimum de départ à la retraite avec une retraite à taux plein ou s'il est fonctionnaire détaché en tant que contractuel.

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Textes de référence

Vous êtes contractuel dans la fonction publique, vous avez été en congé pour raison de santé et vous êtes inapte à reprendre votre emploi à la fin de votre arrêt de travail ? Vous pouvez être reclassé sur un nouvel emploi adapté à votre état de santé. Si votre reclassement n'est pas possible, vous êtes licencié pour inaptitude physique. Nous vous présentons cette procédure.

Dans quel cas un agent contractuel est-il reclassé ou licencié pour inaptitude physique ?

À la fin d’un arrêt de travail pour raison de santé, s’il est médicalement constaté par un médecin agréé que vous êtes définitivement inapte à reprendre l’emploi que vous occupiez avant votre arrêt de travail, vous pouvez demander à être reclassé sur un autre emploi adapté à votre état de santé.

Le reclassement pour inaptitude physique peut intervenir à la fin d’un congé de maladie rémunéré ou non rémunéré, d'un congé de grave maladie ou d’un congé pour accident du travail ou maladie professionnelle.

Vous pouvez être reclassé pour inaptitude physique que vous soyez en CDI ou en CDD.

Si vous êtes en CDD, votre demande de reclassement doit être formulée avant la fin de votre contrat. Votre reclassement n’a pas pour effet de vous maintenir en poste au-delà de la date de fin prévue de votre contrat.

Pour pouvoir bénéficier d’un reclassement pour inaptitude physique, vous devez avoir été recruté sur un emploi permanent, c’est-à-dire que vous ne devez pas avoir été recruté pour faire face à un accroissement temporaire ou saisonnier d'activité ou sur un contrat de projet.

Lorsque le reclassement n'est pas possible ou en l’absence de demande de reclassement, vous êtes licencié pour inaptitude physique.

Quelle est la procédure de reclassement ou de licenciement d'un agent contractuel ?

Entretien préalable à licenciement

Lorsque votre inaptitude définitive est établie, votre administration employeur vous convoque à un entretien préalable à licenciement.

La convocation à l'entretien est effectuée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par lettre remise en main propre contre signature.

Cette lettre indique l'objet de la convocation.

L'entretien préalable à licenciement ne peut pas avoir lieu après la présentation de la lettre recommandée ou la remise en main propre.

Vous pouvez à l'entretien par la ou les personnes de votre choix.

, votre administration employeur vous indique le motif du licenciement et le délai dans lequel vous devez présenter votre demande écrite de reclassement.

Votre administration employeur vous indique également les conditions dans lesquelles les offres de reclassement vous seront présentées.

Votre administration employeur vous informe que vous pouvez demander .

Consultation de la CCP et notification du licenciement

La est consultée sur le projet de décision de licenciement.

, votre administration employeur vous communique sa décision de licenciement par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre contre signature.

La lettre précise le motif du licenciement et la date à laquelle il intervient, compte-tenu de vos droits à congés annuels restant dûs et de la durée du préavis.

Cette lettre vous invite également à sur un autre emploi et indique les conditions dans lesquelles les offres de reclassement peuvent vous être adressées.

Durée du préavis

La durée du préavis varie selon votre ancienneté :

Votre ancienneté est de notification du licenciement.

Elle est calculée en tenant compte de , y compris les contrats effectués avant une interruption, si l'interruption entre 2 contrats n'a pas dépassé 4 mois et n'est pas due à votre démission.

Les ne sont pas prises en compte dans le calcul de votre ancienneté :

  • Congés de maladie non rémunérés
  • Congé parental
  • Congé pour se rendre en outre-mer ou à l'étranger en vue de l'adoption d'un ou plusieurs enfants
  • Congé pour élever un enfant de moins de 12 ans
  • Congé pour donner des soins à un enfant à charge, à votre époux ou votre partenaire de Pacs (ou à votre concubin si vous êtes agent hospitalier) ou à un ascendant à la suite d'un accident ou d'une maladie grave ou atteint d'un handicap nécessitant la présence d'une tierce personne
  • Congé pour suivre votre époux ou votre partenaire de Pacs (ou votre concubin si vous êtes agent hospitalier) contraint de déménager pour des raisons professionnelles
  • Congé pour convenances personnelles
  • Congé pour créer ou reprendre une entreprise
  • Congé de mobilité.

Toutefois, ces périodes de congés non rémunérés ne vous font pas perdre l'ancienneté acquise avant leur attribution.

Le préavis débute à la de licenciement.

Vous pouvez au bénéfice du préavis.

Procédure de reclassement

Lorsque vous avez reçu la lettre de licenciement, vous devez formuler votre demande de reclassement sur un autre emploi  :

En l'absence de demande de reclassement formulée dans le délai imparti ou en cas de refus de bénéficier de la procédure de reclassement, vous êtes licencié.

Votre reclassement s'effectue sur un emploi de même catégorie hiérarchique que votre précédent emploi.

Si cela n'est pas possible, votre reclassement peut s'effectuer, avec votre accord, sur un emploi relevant d'une catégorie hiérarchique inférieure.

L'offre de reclassement doit être écrite et précise. L'emploi proposé doit être adapté à votre état de santé et compatible avec vos compétences professionnelles.

Si aucun reclassement ne peut vous être proposé avant la fin du préavis, vous êtes placé, à la fin du préavis, en  dans l'attente d'un reclassement.

Votre placement en congé non rémunéré suspend la date d'effet de votre licenciement.

Une attestation de suspension de votre contrat de travail du fait de l'administration vous est délivrée.

Pendant ce congé non rémunéré, vous êtes considéré comme involontairement privé d'emploi et pouvez bénéficier, à votre demande, des .

Vous pouvez à tout moment, au cours de votre congé non rémunéré de 3 mois maximum, revenir sur votre demande de reclassement. Vous êtes alors licencié.

Si votre reclassement est impossible et n'a pas été effectué à la fin du congé non rémunéré de 3 mois maximum, vous êtes licencié.

Votre licenciement peut aussi intervenir en cas de refus du poste proposé.

Certificat de fin de contrat

L'administration vous remet un certificat qui contient exclusivement les mentions suivantes :

  • Dates de début et de fin de contrat(s)
  • Fonctions occupées, catégorie hiérarchique dont elles relèvent et durée pendant laquelle elles ont été exercées
  • S'il y a lieu, périodes de congés non assimilées à des périodes de travail effectif.

Le contractuel a-t-il droit à une indemnité de licenciement ?

Vous avez droit à une indemnité de licenciement sauf si vous êtes dans l'une des situations suivantes :

  • Vous avez atteint l'âge minimum de départ à la retraite et vous avez droit à une retraite à taux plein
  • Vous êtes fonctionnaire détaché en tant que contractuel.

Montant de l'indemnité

L'indemnité de licenciement est égale :

  • À la moitié de votre dernière rémunération nette pour chacune de vos 12  premières années de services
  • Au tiers de cette même rémunération pour chacune des années suivantes.

Si vous étiez en CDD, le nombre d'années pris en compte ne peut pas dépasser le nombre de mois qui restait à courir jusqu'à la date de fin prévue de votre contrat.

Toute fraction de services supérieure ou égale à 6 mois est comptée pour un an. Toute fraction de services inférieure à 6 mois n'est pas prise en compte.

La rémunération servant de base au calcul de l'indemnité de licenciement est votre dernière rémunération nette des cotisations de la sécurité sociale et, éventuellement, des cotisations à un régime de prévoyance complémentaire, perçue au cours du précédant la date de fin de votre contrat.

Elle ne comprend ni le supplément familial de traitement (SFT), ni les indemnités pour travaux supplémentaires ou autres indemnités accessoires.

Le montant de l'indemnité de licenciement ne peut pas dépasser 12 fois la rémunération servant de base à son calcul.

, l'indemnité de licenciement est calculée sur la base de la rémunération que vous auriez perçu si vous étiez à temps plein.

sans justifier du nombre de trimestres requis pour avoir droit à une , le montant de votre indemnité de licenciement est réduite de  par mois de service accompli au-delà de l'âge minimum de départ à la retraite.

Calcul de l'ancienneté

Votre ancienneté est décomptée à partir de la date à laquelle votre contrat a été initialement conclu jusqu'à la date d'effet de votre licenciement, compte tenu de vos droits à congés annuels restant dûs et de la durée du préavis.

successifs sans interruption auprès de la même administration employeur, la date initiale prise en compte est la date de début de votre 1 contrat. Il en est de même en cas d'interruption entre 2 contrats si l'interruption n'a pas dépassé 2 mois et n'est pas due à votre démission.

Les ne sont pas prises en compte dans le calcul de votre ancienneté :

  • Congés de maladie non rémunérés
  • Congé parental
  • Congé pour se rendre en outre-mer ou à l'étranger en vue de l'adoption d'un ou plusieurs enfants
  • Congé pour élever un enfant de moins de 12 ans
  • Congé pour donner des soins à un enfant à charge, à votre époux ou votre partenaire de Pacs (ou à votre concubin si vous êtes agent hospitalier) ou à un ascendant à la suite d'un accident ou d'une maladie grave ou atteint d'un handicap nécessitant la présence d'une tierce personne
  • Congé pour suivre votre époux ou votre partenaire de Pacs (ou votre concubin si vous êtes agent hospitalier) contraint de déménager pour des raisons professionnelles
  • Congé pour convenances personnelles
  • Congé pour créer ou reprendre une entreprise
  • Congé de mobilité.

Toute période de travail à temps partiel est décomptée proportionnellement à la quotité de travail effectué.

Versement de l'indemnité

L'indemnité de licenciement vous est versée en une seule fois.

Elle est soumise à , , et est imposable sur le revenu.

Le contractuel a-t-il droit à une indemnité compensatrice de congés annuels ?

Si vous n’avez pas pu prendre tous vos congés annuels avant votre départ, ces congés donnent lieu à une indemnité compensatrice.

La durée des congés annuels non pris qui peuvent donner lieu à indemnité est de 4 semaines maximum.

Votre administration employeur vous informe du nombre de jours de congé annuel donnant lieu à indemnisation.

L’indemnisation d’un jour de congé annuel non pris est calculée de la manière suivante : (Rémunération mensuelle brute x 12) / 250.

Le nombre 250 est le nombre moyen de jours ouvrés dans une année.

L'indemnité compensatrice de congés annuels est soumise aux mêmes cotisations que votre rémunération.

La rémunération mensuelle brute prise en compte pour le calcul de l'indemnité compensatrice de congé annuel est égal à la dernière rémunération versée lors de votre dernier mois complet d'exercice effectif de vos fonctions.

Cette rémunération tient compte éventuellement des évolutions de votre situation statutaire ou indemnitaire qui sont intervenues entre la dernière date d'exercice effectif de vos fonctions et la date de fin de relation de travail.

Elle comprend le traitement indiciaire, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement (SFT) et les primes et indemnités.

Toutefois, les éléments de rémunération suivants ne sont pas pris en compte :

  • Versements exceptionnels ou occasionnels, notamment liés à l'appréciation individuelle ou collective de la manière de servir
  • Remboursement de frais
  • Participations au financement des garanties de la protection sociale complémentaire
  • Versements exceptionnels ou occasionnels liés aux indemnités relatives aux primo-affectations, aux mobilités et aux réorganisations et toutes autres indemnités de même nature
  • Majorations et indexations liées à une affectation outre-mer, lorsque leur versement est interrompu avant la fin de la relation de travail
  • Indemnité de résidence à l'étranger lorsque son versement est interrompu avant la fin de la relation de travail
  • Indemnités versées en contrepartie d'une activité accessoire et autres indemnités non directement liées à l'emploi
  • Versements exceptionnels ou occasionnels de primes et indemnités correspondant à un fait générateur unique
  • Indemnités liées à l'organisation du travail et au dépassement effectif du cycle de travail.
Référence : Article 5-2

Décret n°84-972 du 26 octobre 1984 relatif aux congés annuels dans la FPE

Référence : Article 5-2

Décret n°85-1250 du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels dans la FPT

Référence : Articles 17, 44-1, 46, 47, 51 à 56

Décret n°86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux agents contractuels de la fonction publique d’État

Référence : Articles 13, 38, 40, 42, 43 à 46, 48, 49

Décret n°88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents non titulaires de la fonction publique territoriale

Référence : Articles 17-1, 17-2, 40-1, 42, 43, 47 à 52

Décret n°91-155 du 6 février 1991 relatif aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière

Référence : Article 4-2

Décret n°2002-8 du 4 janvier 2002 relatif aux congés annuels dans la FPH

Référence : Article 2

Décret n°2020-741 du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public

Définition : Jour ouvrable

Correspond à tous les jours de la semaine, à l'exception du jour de repos hebdomadaire (généralement le dimanche) et des jours fériés habituellement non travaillés dans l'entreprise

Définition : Mois civil

Janvier, février, mars, etc. (à la différence d'une durée d'un mois de date à date)

Définition : Ascendant

Personne dont on est issu (parent, grand-parent, arrière-grand-parent...)

Définition : Jour ouvré

Jour effectivement travaillé dans une entreprise ou une administration. On en compte 5 par semaine.

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