Obligation d'obéissance hiérarchique dans la fonction publique

Tout agent public, fonctionnaire ou contractuel, doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, qu'elles soient orales ou écrites. Cette obligation d'obéissance hiérarchique comporte des exceptions légales et encadre les responsabilités de chacun dans la chaîne de commandement.

Points de vigilance

  • Méconnaître que l'obligation d'obéissance ne s'applique pas aux ordres manifestement illégaux comprometant gravement l'intérêt public
  • Ignorer le droit de retrait en cas de danger grave et imminent pour la santé ou la sécurité
  • Considérer que l'invocation de responsabilités de subordonnés exonère le supérieur hiérarchique de ses propres obligations
  • Négliger la protection contre les sanctions en cas de dénonciation de harcèlement ou action en justice correspondante
  • Confondre l'obligation d'obéissance avec l'impossibilité d'assumer certaines responsabilités liées à la fonction

Questions fréquentes

Un agent public peut-il refuser d'obéir à une instruction de son supérieur hiérarchique ?

Un agent public peut désobéir uniquement si l'ordre est manifestement illégal et compromet gravement l'intérêt public, s'il existe un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, ou en cas de harcèlement sexuel ou moral.

Les instructions hiérarchiques doivent-elles être obligatoirement écrites ?

Non, les instructions peuvent être orales ou écrites. L'obligation d'obéissance s'applique dans les deux cas.

Quelles sont les conséquences du non-respect de l'obligation d'obéissance hiérarchique ?

Le manquement injustifié à cette obligation expose l'agent à une sanction disciplinaire ou à une retenue sur rémunération pour absence de service fait.

Un responsable peut-il se dégager de sa responsabilité en invoquant l'obéissance d'un subordonné à un ordre illégal ?

Non, un responsable qui donne un ordre illégal doit en assumer les conséquences et peut être sanctionné indépendamment de l'obéissance ou non du subordonné.

L'obligation d'obéissance s'applique-t-elle à tous les agents publics ?

Oui, cette obligation s'applique à tous les agents publics, qu'ils soient fonctionnaires ou contractuels, quel que soit leur rang hiérarchique.

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Textes de référence

  • Code général de la fonction publique : articles L121-1 à L121-11

Vous êtes agent public et vous vous demandez en quoi consiste l'obligation d'obéissance hiérarchique ? Nous vous présentons les principales règles à connaître.

En quoi consiste l'obligation d'obéissance hiérarchique dans la fonction publique ?

Tout agent public (fonctionnaire ou contractuel), quel que soit son rang dans la hiérarchie, doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique.

Cette obligation de respecter les directives hiérarchiques est communément appelée obligation d'obéissance hiérarchique.

Les instructions peuvent être orales ou écrites.

L'obligation d'obéissance impose également à l'agent de respecter les lois et règlements de toute nature.

La subordination hiérarchique impose de se soumettre au contrôle de son supérieur hiérarchique et de faire preuve de loyauté dans l'exercice de ses fonctions.

Un agent public est responsable de l'exécution des tâches qui lui sont confiées. Ainsi par exemple, le refus d'un agent d’assumer certaines responsabilités, comme l'évaluation des agents de son service, constitue un manquement au devoir d’obéissance hiérarchique.

Un agent public doit répondre de ses actes en fonction des responsabilités qui sont les siennes. Il ne peut pas s'exonérer de ses responsabilités en invoquant celles de ses subordonnés. Ainsi, un responsable qui donne un ordre illégal doit en assumer les conséquences et peut être sanctionné que son subordonné ait obéi ou non.

Un agent public peut-il désobéir ?

L'obligation d'obéissance peut cesser dans l'une des situations suivantes :

  • L'ordre donné est manifestement illégal et risque de compromettre gravement l'intérêt public (par exemple, l'ordre donné par un maire à un agent de police municipale de travailler en civil à l’occasion de fêtes locales et de ne verbaliser que les infractions au stationnement a été considéré comme manifestement illégal et compromettant gravement l'intérêt public).
  • L'agent a un motif raisonnable de penser qu'une situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, il peut alors faire valoir son droit de retrait et se retirer de cette situation.
  • En cas de harcèlement, aucune sanction ne peut être appliquée à un agent qui a subi un harcèlement sexuel ou moral et qui a engagé une action en justice (un agent qui relate de tels agissements ne peut pas non plus être sanctionné).

Quelle sanction en cas de non respect de l'obligation d'obéissance par un agent public ?

Tout manquement injustifié à l'obligation d'obéissance hiérarchique expose l'agent à une sanction disciplinaire, voire à une retenue sur rémunération pour absence de service fait.

Référence : Articles L121-9, L121-10

Code général de la fonction publique : articles L121-1 à L121-11

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