Lanceur d'alerte dans la fonction publique : quelles sont les règles ?
L'agent public qui signale des faits constitutifs d'un délit, d'un crime, d'une violation de droit, ou des actes de violence, discrimination ou harcèlement bénéficie d'une protection légale contre les mesures discriminatoires, disciplinaires ou de représailles. Les administrations de l'État et les employeurs publics de plus de 50 agents doivent mettre en place des dispositifs internes de recueil et de traitement des signalements.
Points de vigilance
- Signalement de faits couverts par le secret de la défense nationale, le secret médical, le secret judiciaire ou le secret professionnel de l'avocat
- Signalement effectué de mauvaise foi ou avec intention de nuire
- Absence de lien entre les informations et l'exercice des fonctions de l'agent
- Demande de contrepartie financière directe en contrepartie du signalement
- Signalement de faits dont l'agent n'a pas eu connaissance personnelle ou professionnelle
Questions fréquentes
Qui peut être lanceur d'alerte dans la fonction publique ?
Un agent fonctionnaire ou contractuel, un ancien agent public ayant obtenu les informations dans le cadre de son activité professionnelle, ou une personne ayant candidaté à un emploi si les informations ont été obtenues lors de cette candidature.
Quels faits peuvent être signalés ?
Les faits constitutifs d'un délit ou d'un crime, les conflits d'intérêts, les menaces ou préjudices à l'intérêt général, les violations du droit européen ou de la loi, et les violations d'engagements internationaux ratifiés par la France.
À qui adresser un signalement en cas d'absence de procédure interne ?
Le signalement peut être adressé à un supérieur hiérarchique, à l'employeur, à un référent alerte désigné, ou directement aux autorités compétentes, au Défenseur des droits ou au procureur de la République.
Quelles protections bénéficient au lanceur d'alerte ?
Le lanceur d'alerte est protégé contre les mesures discriminatoires, disciplinaires, les représailles, les menaces, les préjudices à la réputation, les pertes financières et l'orientation abusive vers un traitement psychiatrique.
Quelles sanctions encourt l'auteur d'un faux signalement ?
Un agent qui signale de mauvaise foi, avec intention de nuire ou en ayant connaissance de l'inexactitude des faits, risque 5 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
Textes de référence
- Code général de la fonction publique : articles L135-1 à L135-6
- Code général de la fonction publique : article L452-43-1
- Loi n°2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique
- Code général de la fonction publique : articles R135-1 à R135-10
- Décret n° 2022-1284 du 3 octobre 2022 relatif aux procédures de recueil et de traitement des signalements émis par les lanceurs d'alerte
- Circulaire du 26 juin 2024 relative à la procédure de signalement des alertes émises par les agents publics et aux garanties et protections qui leur sont accordées dans la fonction publique
Lanceur d'alerte
Quelles sont les informations qu'un lanceur d'alerte peut signaler ?
Des faits constitutifs d'un délit ou d'uncrime ou des faits pouvant être qualifiés deconflit d'intérêts Des faits constituant une menace ou un préjudice pour l'intérêt général (par exemple, le rejet dans l’environnement de substances connues comme toxiques) Une violation ou une tentative de dissimulation d'une violation du droit européen, de la loi ou du règlement (par exemple, une violation des dispositions interdisant le travail dissimulé) Une violation ou une tentative de dissimulation d'une violation d'un engagement international ratifié ou approuvé par la France ou d'un acte d'une organisation internationale pris sur le fondement d'un tel engagement.
A savoir
Quelle est la procédure de signalement que doit suivre le lanceur d'alerte ?
Le lanceur d’alerte peut signaler les faits dont il a connaissance selon la mis en place par son administration.
de recueil et de traitement des signalements, il peut signaler les faits à un supérieur hiérarchique, direct ou indirect, à son employeur (autorité territoriale, chef d'établissement hospitalier, etc.) ou à un désigné par son employeur.
Le lanceur d'alerte peut aussi adresser un signalement, après avoir effectué un signalement interne à son administration, ou directement à l'une des autorités suivantes :
Autorité compétente (autorité administrative, autorité publique indépendante, autorité administrative indépendante, ordre professionnel, organisme spécialisé chargé de recueillir et traiter les signalements) Défenseur des droits, qui l'oriente vers la ou les autorités les plus compétentes pour traiter son signalement Procureur de la République.
Lorsqu'une autorité externe, saisie d'un signalement, estime qu'il ne relève pas de sa compétence ou qu'il concerne également d'autres autorités, elle le transmet à l'autorité compétente ou au Défenseur des droits.
Où s'adresser :
Par courrier (depuis la France, gratuit et sans affranchissement):
Défenseur des droits Libre réponse 71120 75342 Paris cedex 07 Attention : joindre à votre courrier les photocopies des pièces relatives à votre saisine.
Par messagerie électronique:
Où s'adresser :
Le lanceur d'alerte peut signaler à l'une des autorités hiérarchiques dont il relève des faits pouvant relever du conflit d'intérêts.
Il peut aussi témoigner de ces faits auprès du .
Le fait, pour un agent chargé de pourvoir un poste de travail, d’avoir un lien personnel de parenté avec un candidat à ce poste constitue par exemple un conflit d’intérêts.
Comment le lanceur d'alerte est-il protégé ?
Préjudice, y compris atteintes à sa réputation, en particulier sur les réseaux sociaux, ou pertes financières, y compris perte d'activité et perte de revenu Résiliation anticipée ou annulation d'un contrat pour des biens ou des services Annulation d'une licence ou d'un permis Orientation abusive vers un traitement psychiatrique ou médical.
Quelle est la sanction en cas de faux signalement ?
Violence, discrimination, harcèlement et agissements sexistes
Quels sont les actes qui peuvent faire l'objet d'un signalement ?
Quelle est la procédure de signalement que doit suivre l'agent ?
Une procédure d'orientation des agents s'estimant victimes vers les services et professionnels compétents chargés de leur accompagnement et de leur soutien Une procédure d'orientation des agents s'estimant victimes ou des agents témoins vers les autorités compétentes pour prendre une mesure de protection fonctionnelle et assurer le traitement des faits signalés, notamment par la réalisation d'une enquête administrative.
A savoir
Comment l'agent victime ou témoin est-il protégé ?
Signalement santé
Signaler une menace ou une atteinte à la santé publique ou à l'environnement
Définition : Délit
Définition : Crime
Définition : Conflit d'intérêts (fonction publique)
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