Exercice de l'autorité parentale

Vous souhaitez savoir à quoi correspond l'autorité parentale, comment elle s'exerce et quand elle prend fin ? Nous vous présentons les informations à connaître.

Qu'est-ce que l'autorité parentale ?

L'autorité parentale correspond à l'ensemble des droits et des devoirs que les parents ont vis-à-vis de leur enfant mineur.

Ces droits et devoirs doivent être exercés dans l'intérêt de l'enfant. Les parents doivent le protéger dans sa sécurité, sa santé, sa vie privée et sa moralité. Ils doivent également assurer son éducation et permettre son développement dans le respect dû à sa personne.

Pour exercer leur fonction, les parents ont un devoir de commandement et de surveillance sur l'enfant et ses biens.

En contrepartie, l'enfant doit honneur et respect à ses parents à tout âge.

Quels sont les droits et les devoirs des parents ?

Devoirs sur la personne de l'enfant

À l'égard de leur enfant, les parents ont les et les suivants :

  • Droit et devoir de surveillance et de protection. Les parents doivent veiller sur la sécurité de l'enfant, surveiller ses relations, ses déplacements, ses communications, son utilisation des réseaux sociaux...
  • Devoir d'éducation. Les parents doivent veiller à l'éducation scolaire, intellectuelle, morale et éventuellement religieuse de l'enfant. Les parents qui n'assurent pas l'instruction obligatoire de leur enfant s'exposent à des sanctions (amende par exemple).
  • Devoir d'assurer sa santé
  • Devoir d'entretien. Chacun des parents doit contribuer à l'entretien matériel de l'enfant, c'est-à-dire le nourrir, l'héberger, pourvoir à ses besoins (loisirs, culture).
  • Devoir de protection de sa vie privée et de son image.

Devoirs sur les biens de l'enfant

Les parents ont , c'est à-dire qu'ils ont le droit et le devoir de gérer les biens de leur enfant.

Ils ont également la de l'enfant de celui-ci.

Qui exerce l'autorité parentale ?

En principe, les parents exercent en commun l'autorité parentale.

A savoir

Les parents ne peuvent pas renoncer à l'exercice de l'autorité parentale. Seule une décision du juge peut, sous certaines conditions, prévoir une délégation de l'exercice de l'autorité parentale ou le retrait de l'autorité parentale.

En cas de reconnaissance tardive de l'enfant

Lorsque la est établie à l'égard du deuxième parent , le de l'exercice de l'autorité parentale.

Toutefois, le parent qui a reconnu l'enfant tardivement peut aussi se voir attribuer .

En cas de séparation

La séparation des parents ne change pas la dévolution de l'exercice de l'autorité parentale.

En revanche, un juge aux affaires familiales peut .

En cas de décès d'un parent ou des parents

Si l'un des parents décède, .

Si l'enfant n'avait qu'un seul parent ou bien que les 2 parents décèdent, une est mise en place.

En cas d'adoption

En cas d', le ou les .

En cas d’, le l'exercice de l'autorité parentale. Toutefois les parents peuvent exercer en déposant une auprès du directeur de greffe du tribunal judiciaire. L’autre parent biologique qui consent à l'adoption perd l'exercice de l'autorité parentale.

En cas d'établissement judiciaire de la filiation

Lorsque la est à l'égard du second parent, le premier parent reste seul investi de l'exercice de l'autorité parentale.

Toutefois, le tribunal peut également statuer sur l’exercice de l'autorité parentale.

En cas de présence d'un parent hors d'état de manifester sa volonté

Le parent qui est hors d'état de manifester sa volonté, en raison de son incapacité, de son absence ou de toute autre cause (grave maladie par exemple), est privé de l'exercice de l'autorité parentale.

A savoir

La perte de l'exercice de l'autorité parentale doit être constatée par un juge.

Comment s'exerce l'autorité parentale ?

L'autorité parentale s'exerce dans le respect dû à la personne de l'enfant, sans violences physiques ou psychologiques.

Les parents associent l'enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité.

Actes concernant la personne de l'enfant

En cas d’, un parent peut faire, , un acte usuel.

L’acte usuel est un acte quotidien, sans gravité, qui n’engage pas l’avenir de l’enfant ou ses droits fondamentaux ou qui s’inscrit dans une pratique antérieure non contestée.

Lorsqu’il fait un acte usuel, le parent lorsqu'il agit (par exemple auprès d'un médecin ou d'un établissement scolaire). Le tiers n'a pas à s'assurer de l'accord de l'autre parent, c'est au parent qui fait l'acte usuel de s'assurer que l'autre parent est d'accord.

En cas de difficulté sur le caractère usuel ou non d'un acte, le juge évalue la question au cas par cas. Le juge prend notamment en considération le contexte dans lequel l'acte est réalisé.

Les juges ont considérés comme des actes usuels les actes suivants :

  • Administratifs : demande de carte d’identité ou de passeport, délivrance de diplômes, sortie du territoire national lorsqu’un juge ne l’a pas interdit...
  • Éducation : radiation ou inscription dans un établissement scolaire public, justifications des absences scolaires ponctuelles de l’enfant, sorties scolaires à la journée
  • Santé : soins obligatoires (par exemple, vaccinations imposées par la loi), soins courants (blessures superficielles, infections bénignes, soins dentaires de routine, traitement des maladies infantiles ordinaires), poursuite d’un traitement de maladie récurrente, circoncision relevant de la nécessité médicale, accès au dossier médical du mineur pour le suivi médical courant de l’enfant, séances ponctuelles avec un psychologue…
  • Droit à l'image : diffusion d'une photo de l'enfant à un cercle restreint de personnes composé de ses proches.

Les actes non usuels sont les qui .

Par exemple, les actes suivants sont considérés comme non usuels :

  • Traitement médical lourd
  • Hospitalisation prolongée
  • Intervention chirurgicale prévue
  • Changement d'orientation scolaire
  • Inscription de l'enfant dans un établissement privé
  • Education religieuse donnée ou non à l'enfant
  • Pratique d'un sport dangereux
  • Diffusion de photos de l'enfant sur des réseaux sociaux
  • Passage de l'enfant à la télévision.

Si les parents sont en désaccord sur la réalisation d'un acte (usuel ou non usuel), ils peuvent saisir le juge aux affaires familiales (Jaf) à l'aide du formulaire suivant :

Demande au juge aux affaires familiales (autorité parentale, droit de visite, pension alimentaire...)

Le formulaire cerfa 11530*11

L'avocat n'est pas obligatoire pour cette procédure.

La demande doit être adressée au juge du tribunal judiciaire du lieu de résidence du parent avec lequel réside habituellement l'enfant mineur. Si les parents vivent ensemble, la demande doit être adressée au Jaf du tribunal judiciaire lieu où se trouve la résidence de la famille.

Où s'adresser : Tribunal judiciaire

Le parent qui exerce l'autorité parentale concernant la personne de l'enfant. Il n'a pas à consulter l'autre parent.

Le parent qui n'a pas l'exercice de l'autorité parentale conserve . Il doit être informé des choix importants concernant la vie de ce dernier.

Attention

Le parent qui n'a pas l'exercice de l'autorité parentale n'est pas un parent à qui l'autorité parentale a été retirée. Il a l'autorité parentale sans en avoir l'exercice, c'est-à-dire qu'il ne prend pas les décisions concernant l'enfant.

Actes concernant les biens de l'enfant

En cas d'autorité parentale exercée conjointement, les parents de leur enfant.

Certains actes particulièrement graves doivent faire l'objet d'une notamment :

  • Acceptation pure et simple d'une succession
  • Conclusion d'un emprunt en son nom
  • Renonciation pour lui à un droit (succession par exemple)
  • Achat ou location d'un bien du mineur par le parent.

La demande d'autorisation auprès du juge se fait avec le formulaire de suivant :

Requête au juge des tutelles aux fins d'autorisation d'un acte dans le cadre d'une administration légale

Le formulaire cerfa 15731*03

La requête doit être adressée au juge des tutelles des mineurs du lieu de actuelle de l'enfant.

Si l'un des parents est en désaccord avec l'autre pour réaliser un acte, il peut être autorisé par le juge à réaliser cet acte seul. La demande doit être présentée à l'aide du formulaire de requête suivant :

Requête au juge des tutelles en cas de désaccord sur un acte dans le cadre d'une administration légale

Le formulaire cerfa 15733*03

La requête doit être adressée au juge des tutelles des mineurs du lieu de actuelle de l'enfant.

Certains actes sont.

Les parents ne peuvent jamais, même avec une autorisation du juge, faire les actes suivants :

  • Sortir gratuitement des biens ou des droits du patrimoine du mineur
  • Acquérir d'une autre personne un droit ou une créance contre le mineur
  • Exercer le commerce ou une profession libérale au nom du mineur
  • Transférer des biens ou des droits du mineur à une autre personne.

Si un membre de la famille (oncle, tante, grand-parent...) ou un professionnel (banquier, notaire...) veut, il doit saisir le juge au moyen du formulaire suivant :

Requête au juge des tutelles aux fins de contrôle dans le cadre d'une administration légale

Le formulaire cerfa 15732*03

La requête doit être adressée au juge des tutelles des mineurs du lieu de actuelle de l'enfant.

Le parent qui exerce seul l'autorité parentale les biens de l'enfant.

Certains actes particulièrement graves doivent faire l'objet d'une autorisation du juge des tutelles des mineurs notamment :

  • Acceptation pure et simple d'une succession
  • Conclusion d'un emprunt en son nom
  • Renonciation pour lui à un droit (succession par exemple)
  • Achat ou location d'un bien du mineur par le parent

La demande d'autorisation auprès du juge se fait avec le formulaire de requête suivant :

Requête au juge des tutelles aux fins d'autorisation d'un acte dans le cadre d'une administration légale

Le formulaire cerfa 15731*03

La requête doit être adressée au juge des tutelles des mineurs du lieu de actuelle de l'enfant.

Certains actes sont .

Le parent ne peut jamais, même avec l’autorisation du juge, faire les actes suivants :

  • Sortir gratuitement des biens ou des droits du patrimoine du mineur
  • Acquérir d'une autre personne un droit ou une créance contre le mineur
  • Exercer le commerce ou une profession libérale au nom du mineur
  • Transférer des biens ou des droits du mineur à une autre personne.

Si un membre de la famille (oncle, tante, grand-parent...) ou un professionnel (banquier, notaire...) veut, il doit saisir le juge au moyen du formulaire suivant :

Requête au juge des tutelles aux fins de contrôle dans le cadre d'une administration légale

Le formulaire cerfa 15732*03

La requête doit être adressée au juge des tutelles des mineurs du lieu de actuelle de l'enfant.

Dans quels cas l'autorité parentale prend-elle fin ?

L'autorité parentale prend fin :

  • À la majorité de l'enfant
  • Par émancipation de l'enfant
  • En cas de retrait de cette autorité.

A savoir

Dans certains cas, l'autorité parentale peut être déléguée à un tiers, sur décision du juge jusqu'à sa majorité.

Demande au juge aux affaires familiales (autorité parentale, droit de visite, pension alimentaire...)

Le formulaire cerfa 11530*11

Requête au juge des tutelles aux fins d'autorisation d'un acte dans le cadre d'une administration légale

Le formulaire cerfa 15731*03

Requête au juge des tutelles en cas de désaccord sur un acte dans le cadre d'une administration légale

Le formulaire cerfa 15733*03

Requête au juge des tutelles aux fins de contrôle dans le cadre d'une administration légale

Le formulaire cerfa 15732*03

Déclaration conjointe d'exercice en commun de l'autorité parentale

Le formulaire cerfa 12785*05
Référence : Autorité parentale sur l'enfant

Code civil : articles 371 à 371-6

Référence : Exercice de l'autorité parentale : principes généraux

Code civil : articles 372 à 373-1

Référence : Exercice de l'autorité parentale en cas de séparation des parents

Code civil : articles 373-2 à 373-2-5

Référence : Autorité parentale relativement aux biens de l'enfant

Code civil : articles 382 à 387-6

Référence : Déclaration conjointe de l'autorité parentale en cas de reconnaissance tardive

Code civil : article 1180-1

Définition : Jouissance légale

Droit appartenant aux parents d'utiliser les revenus tirés du patrimoine de l'enfant (percevoir les loyers d'un bien immobilier qui appartient au mineur)

Définition : Filiation

Lien juridique entre un enfant et son père et/ou sa mère

Définition : Requête

Écrit formalisé permettant de saisir un tribunal

Définition : Résidence

Lieu où une personne habite effectivement et de façon stable mais qui n'est pas forcément son domicile

Définition : Créance

Droit permettant à une personne d'exiger quelque chose d'une autre personne, en général le paiement d'une somme d'argent. Terme souvent utilisé pour désigner la somme due.