Vous voulez divorcer mais vous n'arrivez pas à vous mettre d'accord sur les conséquences du divorce (garde des enfants, partage de vos biens...) ? Vous pouvez entamer une procédure judiciaire devant le juge aux affaires familiales. Nous vous détaillons les informations à connaître.
Prendre un avocat
Chacun des époux doit prendre un avocat pour divorcer. Vous êtes libre de choisir l'avocat de votre choix sur l'ensemble du territoire.
Vous devez signer une convention d'honoraires avec votre avocat pour fixer ses honoraires.
Si vos ressources sont insuffisantes, vous pouvez bénéficier de l'aide juridictionnelle pour prendre en charge tout ou partie des frais de la procédure (avocat, commissaire de justice).
Attention
Si l'avocat que vous chargez de votre affaire n'est pas situé dans le ressort de la Cour d'appel du tribunal saisi, il doit s'adresser à un deuxième avocat, appelé avocat postulant. L'avocat postulant réalise les actes de procédure à la place de votre avocat (par exemple, il dépose les conclusions).
Saisir le juge
C'est à votre avocat de faire le nécessaire pour saisir le juge aux affaires familiales.
Le tribunal est saisi par une assignation en divorce.
Si votre êtes tous les deux d'accord pour divorcer, vous pouvez saisir le tribunal par une requête conjointe.
Si vous êtes l'époux demandeur au divorce, en concertation avec vous.
Cette assignation est par la suite transmise par un commissaire de justice (anciennement huissier de justice) à votre époux ou votre épouse.
Le juge aux affaires familiales est saisi dès que l'assignation est déposée au tribunal par votre avocat.
Si vous êtes le destinataire de l'assignation en divorce, vous êtes l'époux défendeur. Dans ce cas, vous devez obligatoirement si vous voulez prendre part à la procédure.
L'assignation constitue les de l'époux demandeur, c'est-à-dire ses demandes et ses arguments.
Elle doit indiquer le type de divorce demandé :
- Divorce pour altération définitive du lien conjugal
- Divorce pour acceptation du principe de la rupture du mariage
Si vous souhaitez demander un , l'avocat ne doit pas l'indiquer dans l'assignation.
L'assignation peut contenir , c'est-à-dire ce que vous souhaitez comme .
Les mesures provisoires peuvent concerneret peuvent porter sur :
- Attribution du logement de la famille et du mobilier du ménage
- Remise des vêtements et des effets personnels
- Fixation d'une pension alimentaire en application du devoir de secours
- Organisation de la prise en charge par les époux de leurs dettes et de la gestion de leurs biens
- Désignation d'un expert pour la liquidation de leur patrimoine et de leurs finances.
Les mesures provisoires peuvent concerner et peuvent porter sur :
- Exercice de l'autorité parentale
- Fixation de la résidence, et des droits de visite et d'hébergement
- Contribution à leur entretien et leur éducation.
L'assignation doit comporter les mentions obligatoires suivantes :
- Jour, heure et lieu de l'audience d'orientation
- Proposition de partage du patrimoine et des finances des époux
- Rappel des dispositions concernant la médiation familiale et la procédure participative
- Homologation des accords portants sur l'exercice de l'autorité parentale et sur les conséquences du divorce, lorsqu'ils existent.
La requête conjointe peut être utilisée quand les époux .
En revanche, vous n'êtes pas obligés d'être en accord sur toutes les conséquences du divorce pour utiliser la requête conjointe.
La requête doit être rédigée par l'avocat de l'un des époux puis déposée au tribunal judiciaire.
Elle peut contenir vos points d'accord sur les conséquences du divorce.
Assister ou se faire représenter à l'audience d'orientation
L'audience d'orientation se déroule au tribunal saisi de la demande.
Vous trouverez la date et l'heure de la convocation dans l'assignation en divorce.
Vous pouvez être présent lors de l'audience assisté de votre avocat ou bien demander à votre avocat de vous représenter.
Orientation du dossier
L'audience d'orientation peut :
- Soit constater l'accord des époux pour une procédure participative
- Soit renvoyer votre affaire à la mise en état en prévoyant un calendrier avec des dates d'avancement de votre dossier
- Soit renvoyer votre affaire à une audience de plaidoirie (audience lors de laquelle le divorce est plaidé).
Mise en place des mesures provisoires
Cette audience permet de prendre des mesures provisoires (attribution du logement par exemple) vous concernant et concernant vos enfants (pension alimentaire par exemple).
Vous pouvez renoncer à la mise en place de mesures provisoires. Dans ce cas, vous conservez la possibilité de demander des mesures provisoires plus tard dans la procédure.
A savoir
En cas de fait nouveau, vous avez la possibilité de demander au juge de la mise en état de modifier ou de supprimer des mesures provisoires plus tard dans la procédure.
Préparer le dossier (mise en état)
Après l'audience d'orientation, le dossier entre dans une phase de la procédure appelée mise en état.
Avec l'accord des parties, la mise en état peut être remplacée par une procédure participative.
Si l'époux défendeur n'a pas pris d'avocat et que le demandeur n'a pas demandé des mesures provisoires, il n'y a pas de mise en état ou de procédure participative. Le dossier de divorce est jugé directement en audience de plaidoiries.
Les époux doivent préparer le dossier pour qu'il puisse être jugé.
Lors de cette préparation du dossier, c'est uniquement .
La période de préparation du dossier s'appelle la .
Lors de cette période, les avocats doivent présenter leurs (appelées ) dans un écrit nommé . Les conclusions sont préparées à tour de rôle par votre époux et vous-même . Elles sont accompagnées des pièces justificatives.
Votre époux et vous devez échanger tous vos documents : Toutes , au du tribunal.
Un juge, appelé , a pour rôle de veiller au bon déroulement de votre procédure. Il effectue le contrôle du dossier lors des .
Lors des audiences de mise en état, entre les époux ait bien lieu . Il dispose de pouvoirs. Il peut, par exemple, imposer à une partie de conclure dans un certain délai, clôturer l'affaire sans les conclusions d'une partie ou radier l'affaire en cas de non-respect de ses demandes.
Les audiences de mise en état se tiennent régulièrement jusqu'à ce que le dossier soit prêt à être jugé. Elles se déroulent : vous n'avez pas à vous présenter au tribunal.
La dépend du nombre de conclusions que vous échangez avec votre époux, du respect du calendrier fixé par le juge de la mise en état, de la nature et de la difficulté de votre affaire.
Une fois le dossier complet, et fixe la date d'audience de votre affaire. Cette audience est appelée .
Vous ne pouvez pas fournir de nouvelles conclusions ou de nouvelles pièces après la date de clôture de la mise en état.
Les époux peuvent décider de mettre en état leur dossier de la mise en état. Pour cela, vous signez avec vos avocats une convention de . Cette convention comprend des engagements et des garanties réciproques et a pour but de
En cours de procédure, si vous avez trouvé un accord commun, et si vous le souhaitez, vous pouvez demander à changer de procédure en divorce par consentement mutuel.
Se faire représenter à l'audience de plaidoirie
Le jour de l'audience, vous devez être représenté par votre avocat.
Votre avocat peut plaider ou simplement déposer son dossier.
A savoir
votre présence n'est pas obligatoire, mais vous avez le droit d'assister à l'audience.
À la fin de l'audience, le juge donne la date du délibéré, c'est-à-dire la date à laquelle le jugement de divorce est rendu.
Le juge peut décider de rendre le jugement à une autre date que celle prévue au départ. Dans ce cas, une lettre adressée à votre avocat indique la nouvelle date du délibéré et les motifs de ce report.
Obtenir la décision de divorce
Votre avocat doit vous remettre une copie certifiée conforme du jugement de divorce.
Le juge aux affaires familiales prononce le divorce en précisant le fondement juridique (divorce pour altération définitive du lien conjugal, divorce pour faute, divorce accepté).
Le juge se prononce également sur toutes les demandes présentées par les époux (date d'effet du divorce, prestation compensatoire, résidence et pension alimentaire pour les enfants, utilisation du nom d'époux ou d'épouse...).
A savoir
Le divorce peut être refusé. C'est, par exemple, le cas si vous demandez uniquement un divorce pour faute mais que le juge estime qu'aucune faute n'est établie.
Contester la décision en cas de désaccord
Vous pouvez contester le jugement en faisant appel.
L'appel peut vous permettre de contester le divorce en lui même (par exemple si le divorce est prononcé à votre tort) ou ses conséquences (par exemple le montant de la prestation compensatoire).
Le délai pour déposer votre recours est de 1 mois.
Ce délai commence à partir de la signification de la décision par un commissaire de justice.
Votre appel se fait auprès de la cour appel par l'intermédiaire d'un avocat.
A savoir
Si votre époux et vous ne souhaitez pas contester la décision de divorce, vous pouvez signer un acte d’acquiescement. Cet acte simplifie la procédure, puisque chaque époux déclare accepter le jugement.
Demander à l'avocat la mise à jour de l'état civil
La mention du divorce doit être notée en marge de votre acte de mariage et des actes de naissance de chacun des époux.
Vos avocats doivent adresser le jugement de divorce à la mairie du lieu du mariage.
Si l'acte de mariage a été établi à l'étranger, vos avocats doivent adresser la demande au Service central d'état civil (Scec).
La mairie ou le Scec transmet l'information aux mairies de naissance des époux pour qu'elles procèdent elles aussi à la mise à jour des actes.
A savoir
vous pouvez vous charger de la demande de mise à jour de votre état civil si votre avocat ne le fait pas. Dans ce cas, vous devez fournir la copie de votre décision de divorce et le certificat de non appel à la mairie du lieu de célébration du mariage ou au Scec si vous vous êtes mariés à l'étranger.
Cette mention en marge de l'état civil est obligatoire pour que le divorce soit opposable aux tiers, c'est-à-dire connu et reconnu par l'administration, l'employeur, etc.
Cela ne vous dispense pas d'informer les tiers, un à un, de votre divorce.
Vous devez également faire mettre à jour votre livret de famille.
Référence : Introduction de la demande en divorceCode civil : articles 251 à 253
Référence : Compétence territoriale du juge aux affaires familiales (article 1070)Code de procédure civile : articles 1070 à 1074-4
Référence : Demande et instance en divorceCode de procédure civile : articles 1106 et 1116
Référence : Mesures provisoiresCode de procédure civile : articles 1117 à 1121
Référence : Procédure devant le juge de la mise en étatCode de procédure civile : articles 780 à 797
Référence : Clôture de la mise en état et renvoi à l'audience de plaidoiriesCode de procédure civile : articles 798 à 807-3
Référence : Publicité du jugement de divorceCode de procédure civile : article 1082
Définition : Conclusions
Document écrit qui présente les demandes de chaque partie au procès. Ce document peut être rédigé par une partie ou par un avocat.
Définition : Assignation
Acte du commissaire de justice (anciennement acte d'huissier de justice) informant une personne qu'un procès est engagé contre elle et la convoquant devant une juridiction
Définition : Requête
Écrit formalisé permettant de saisir un tribunal
Définition : Devoir de secours
Obligation entre époux prenant généralement la forme d'une aide financière versée par un époux à l'autre dans le besoin
Définition : Liquidation
Ensemble des opérations préliminaires à la transmission et au partage du patrimoine (paiement des dettes, récupérations des créances, etc.)
Définition : Homologation
Approbation d'un acte ou d'une convention par le juge
Définition : Mise en état
Procédure écrite durant laquelle se déroule une instruction sous le contrôle d'un juge. Pendant cette période, les parties partagent leurs pièces, preuves et arguments.
Définition : Greffe
Service d'un tribunal composé de fonctionnaires qui assistent les magistrats dans leur mission
Définition : Signification
Acte par lequel une partie informe son adversaire d'un acte ou d'une décision de justice par l'intermédiaire d'un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire)