Par la rédaction de Guide Administratif · Mis à jour le 2 août 2026 · Sources officielles vérifiées
Le salarié dispose d'un droit de retrait lui permettant de quitter son poste de travail ou de refuser de s'y installer lorsqu'il estime être exposé à un danger grave et imminent pour sa santé ou sa sécurité. Ce droit s'exerce selon une procédure définie et ne peut donner lieu à sanction ou licenciement de la part de l'employeur.
Points de vigilance
- Confondre danger potentiel avec danger grave et imminent caractérisé par l'urgence à réagir
- Exercer le droit de retrait sans avoir alerté préalablement l'employeur ou son responsable
- Ignorer que l'employeur doit continuer à rémunérer le salarié si le retrait est justifié
- Méconnaître que le retrait ne doit pas créer une nouvelle situation de danger pour autrui
- Accepter une réduction de salaire sans contester si le retrait était justifié
Questions fréquentes
Quels sont les critères pour justifier l'exercice du droit de retrait ?
Une menace sérieuse pour la santé ou la sécurité doit exister et se caractériser par l'urgence à réagir. Le danger peut être individuel ou collectif. Le salarié doit disposer d'un motif raisonnable de croire à un danger possible.
Comment le salarié doit-il informer l'employeur ?
Le salarié doit informer l'employeur ou son responsable par tout moyen. L'information peut d'abord être transmise oralement selon l'urgence, mais la remise d'un écrit (mail, courrier en main propre ou recommandé) est préférable.
Quelles sont les conséquences pour le salarié qui exerce son droit de retrait ?
Le salarié ne peut être sanctionné ou licencié pour avoir exercé valablement son droit de retrait. Il continue de percevoir son salaire normal pendant cette période.
Pendant combien de temps le salarié peut-il rester en retrait ?
La durée n'est pas prédéfinie. Le droit de retrait se prolonge aussi longtemps que la situation dangereuse persiste et dépend des mesures prises par l'employeur.
Que peut faire le salarié s'il est sanctionné ou si son salaire est réduit ?
Le salarié peut contester la décision de l'employeur en saisissant le conseil de prud'hommes.
Textes de référence
- Code du travail : articles L4131-1 à L4131-4
- Code du travail : articles L4132-1 à L4132-5
Oui. Lorsqu'un salarié pense que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa santé ou sa sécurité, il en alerte immédiatement son employeur. Il peut alors décider de quitter son poste de travail ou refuser de s'y installer sans l'accord de l'employeur. C'est ce que l'on appelle le droit d’alerte et de retrait. Quelle procédure le salarié doit-il respecter pour exercer ce droit et quelles en sont les conséquences ? Nous faisons un point sur la réglementation.
Dans quelles situations un salarié peut-il exercer son droit de retrait ?
Quand le salarié pense avoir un motif raisonnable de croire à un danger possible, il peut exercer valablement son droit de retrait.
Une menace sérieuse pour la santé ou la sécurité du salarié doit exister et la situation doit se caractériser par l'urgence à réagir.
Le danger peut être individuel ou collectif.
L'origine du danger peut être diverse, par exemple :
- Véhicule ou équipement de travail défectueux et non conforme aux normes de sécurité
- Absence d'équipements de protection collective ou individuelle
- Processus de fabrication dangereux
- Risque d'agression.
Attention
Le retrait du salarié ne doit toutefois pas entraîner une nouvelle situation de danger grave et imminent pour d'autres personnes.
Comment le salarié informe-t-il l'employeur de l'exercice du droit de retrait ?
Le salarié doit informer l'employeur ou son responsable de l'exercice de son droit de retrait par tout moyen.
En fonction de l'urgence, l'information peut d'abord être transmise oralement. Par la suite, la remise d'un écrit à l'employeur est cependant préférable, même si cela n'est pas obligatoire. Par exemple, un mail, un courrier en main propre contre signature ou en lettre recommandée avec accusé de réception.
Le salarié peut-il être sanctionné s'il exerce son droit de retrait ?
Non, le salarié qui exerce son droit de retrait de manière justifiée ne peut pas être sanctionné ou licencié par l'employeur pour ce motif.
Le salarié sanctionné ou licencié en raison de l’exercice de son droit de retrait peut contester la décision de l'employeur en saisissant le conseil de prud'hommes.
Pendant combien de temps le salarié peut-il exercer son droit de retrait ?
La durée du droit de retrait n'est pas prédéfinie. Elle peut être prolongée aussi longtemps que la situation dangereuse existe.
Elle dépend également des mesures prises par l'employeur dès lors qu'il a eu connaissance de la situation du salarié.
L'employeur prend les mesures et donne les instructions nécessaires pour permettre aux travailleurs, en cas de danger grave et imminent, d'arrêter leur activité et de se mettre en sécurité en quittant immédiatement le lieu de travail.
L’employeur ne peut pas demander au salarié qui a fait usage de son droit de retrait de reprendre son activité dans une situation de travail où persiste un danger grave et imminent résultant notamment d'une défectuosité du système de protection.
Le salarié qui exerce son droit de retrait est-il payé par l'employeur ?
Oui, l'employeur doit payer normalement le salarié pendant la période où il exerce son droit de retrait de manière justifiée.
Attention
Lorsque le salarié n’exerce pas son droit de retrait de manière justifiée, l'employeur peut retenir sur son salaire le montant correspondant à son absence.
En cas de litige avec son employeur, le salarié dont le salaire est réduit en raison de son droit de retrait peut contester la décision de l'employeur en saisissant le conseil de prud'hommes.
Référence :
Droits d'alerte et de retrait : principesCode du travail : articles L4131-1 à L4131-4
Référence :
Droits d'alerte et de retrait : conditions d'exerciceCode du travail : articles L4132-1 à L4132-5
Définition : Danger grave et imminent
Événement qui peut produire, dans un délai brusque ou rapproché, une maladie ou un accident grave ou mortel
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