Santé et sécurité au travail : obligations de l'employeur
L'employeur doit assurer la santé et la sécurité des travailleurs en mettant en place des actions de prévention, d'information et de formation, et en évaluant les risques professionnels consignés dans un document unique (DUERP). En cas d'accident mortel, l'employeur doit informer l'inspection du travail dans les 12 heures. Le non-respect de ces obligations expose l'employeur à des responsabilités civile et pénale.
Pièces à fournir
- Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP)
- Règlement intérieur fixant les consignes de sécurité (si effectif ≥ 50 salariés)
- Documents justifiant les actions de prévention mises en place
- Justificatifs des formations de sécurité dispensées aux salariés
- Équipements de protection individuelle et consignes d'utilisation
- Rapport d'accident du travail et notification à l'inspection du travail (en cas d'accident mortel)
Délais
En cas d'accident mortel : notification à l'inspection du travail immédiatement et au plus tard dans les 12 heures suivant le décès, ou dans les 12 heures à compter de la connaissance du décès si l'employeur l'apprend après ce délai.
Points de vigilance
- Absence ou non-mise à jour du document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP)
- Défaut de consignes de sécurité fixées par écrit ou formellement communiquées aux salariés
- Manque de formation et d'information des salariés sur les risques spécifiques à leur poste
- Non-évaluation des risques psychosociaux (surcharge de travail, violences, agressions)
- Omission de déclaration d'accident mortel à l'inspection du travail dans les délais prescrits
Questions fréquentes
Quels employeurs sont soumis à ces obligations de santé et sécurité ?
Les employeurs de droit privé, les établissements publics de santé, les établissements sociaux et médico-sociaux, ainsi que les Epic et Epa employant du personnel dans les conditions de droit privé.
Quelles catégories de travailleurs sont protégeables par ces obligations ?
Tous les salariés et toute personne placée sous l'autorité de l'employeur, y compris les salariés en CDI ou CDD, les intérimaires, les apprentis et les stagiaires.
Quels sont les domaines couverts par les actions de prévention obligatoires ?
Les risques de chutes de hauteur, les risques de contact avec des éléments en fonctionnement sur une machine, les risques psychosociaux (surcharge, agression, violence), les risques chimiques, et les facteurs de risques liés à la pénibilité du travail.
Que doit contenir la notification d'un accident mortel à l'inspection du travail ?
L'identification de l'entreprise (nom, raison sociale, adresses et coordonnées), l'identité complète de la victime, la date, l'heure, le lieu et les circonstances de l'accident, ainsi que les identités et coordonnées des témoins si nécessaire.
Quelles sont les conséquences du non-respect de ces obligations pour l'employeur ?
L'employeur encourt une responsabilité civile (le salarié peut prendre acte de la rupture du contrat et saisir le conseil de prud'hommes) et une responsabilité pénale en cas de violation des obligations légales.
Textes de référence
- Code du travail : articles L4121-1 à L4121-5
- Code du travail : articles L4131-1 à L4131-4
- Code du travail : articles L4731-1 à L4731-6
- Code du travail : articles R4121-1 à R4121-4
- Code du travail : article R4121-5
- Code du travail : article R4741-2
- Code de la sécurité sociale : articles L452-1 à L452-5
Quels sont les employeurs concernés par l'obligation de santé et sécurité au travail ?
Employeurs de droit privé Établissements publics de santé Établissements sociaux et médico-sociaux Épic etEpa employant du personnel dans les conditions de droit privé
Quels sont les salariés concernés par l'obligation de santé et sécurité de l'employeur ?
Quelles sont les obligations de l'employeur en matière de santé et de sécurité au travail ?
Actions de prévention des risques professionnels
L'employeur doit mettre en place des actions de prévention des risques professionnels portant sur les points suivants :
Risques de chutes de hauteur (par exemple, interdire l'utilisation d'une échelle comme poste de travail en hauteur et mettre en place une plate forme individuelle roulante légère) Risques d'entrée en contact avec un élément en fonctionnement sur une machine (par exemple, interdire l'utilisation d'une perceuse à colonne si le protecteur du mandrin est défectueux) Risques psychosociaux tels la surcharge de travail, agression et violence interne et/ou externe Risques chimiques (par exemple, interdire l'utilisation de produits chimiques dangereux aux salariés qui n'ont pas été formés et informés sur la toxicité des produits) Dispositions concernant l'exposition à certains facteurs de risques professionnels ( pénibilité au travail) . Par exemple, manutention manuelle de charges, vibrations mécaniques, bruit, certains rythmes de travail.
Actions d'information et de formation
L'employeur doit mettre en place des actions d'information et de formation au profit des salariés suivants :
Nouveaux embauchés Salariés qui changent de poste de travail Travailleurs temporaires Salariés qui reprennent leur activité après la visite auprès du médecin du travail
Organisation et moyens adaptés
La prévention doit être intégrée dans le fonctionnement général de l'entreprise pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs.
L'employeur peut, par exemple :
Modifier les horaires de travail dans le cadre des conditions atmosphériques (canicule) dans l'objectif de diminuer le risque d'accidents sur le poste de travail Mettre en place des équipements de protection individuelle et obliger le port de casque, de gants, de chaussures de sécurité antidérapantes sur un chantier du bâtiment
Évaluation des risques dans l'entreprise
L'employeur doit éviter les risques.
Si ce n'est pas possible, il doit évaluer les risques et mettre en œuvre des mesures de prévention.
L'évaluation des risques se définit comme le fait d'identifier les et les pour la santé et la sécurité des travailleurs, dans tous les aspects liés au travail.
Le est la capacité d'un matériel, d'une substance ou d'une méthode de travail pouvant causer un événement dommageable.
Le est l'association d'un danger à un travailleur.
Par exemple, un local électrique est dangereux mais, si personne ne peut y accéder, il n'y a pas de risque d'électrocution.
Compte tenu de la nature de l'activité de l'entreprise, l'employeur doit évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités par les actions suivantes :
Choix des procédés de fabrication, des équipements de travail, des substances ou préparations chimiques Aménagement ou réaménagement des lieux de travail ou des installations Définition des postes de travail
Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP)
Les résultats de cette évaluation sont insérés dans un document appelé . Ce document est obligatoire dans toutes les entreprises.
Mise en place d'actions
Suite à cette évaluation, l'employeur doit mettre en œuvre des actions de prévention (par exemple, des formations à la sécurité).
Il doit y ajouter des méthodes de travail et de production garantissant un meilleur niveau de protection de la santé et de la sécurité (par exemple, diminuer la répétition du travail).
Instructions générales et particulières
Le lorsqu'il existe (entreprise dont l'effectif est supérieur ou égal à 50 salariés) doit fixer des consignes de sécurité.
Dans les autres cas, c'est l'employeur ou son représentant qui les donne.
Le salarié doit, conformément aux instructions générales et particulières, prendre soin, en fonction des formations reçues, de et de celle de ses collègues.
Quelles sont les obligations de l'employeur en cas d'accident du travail mortel ?
Délai de transmission de l'information à l'inspection du travail
Lorsqu'un salarié est victime d'un accident de travail ayant causé son décès, l'employeur doit en informer .
Il doit faire cette déclaration immédiatement et .
Si l'employeur a connaissance du décès du salarié après ce délai, il informe l’inspection du travail dans un délai de .
A savoir
Contenu de l'information à transmettre
L’information transmise à l’inspection du travail comporte les éléments suivants :
Nom ou raison sociale, adresses postale et électronique et coordonnées téléphoniques de l’entreprise ou de l’établissement qui emploie le travailleur au moment de l’accident et del'entreprise ou de l’établissement dans lequel l’accident s’est produit si celui-ci est différent de l’entreprise ou établissement employeurNom, prénom et date de naissance de la victime Date, heure, lieu et circonstances de l’accident Identités et coordonnées des témoins, si nécessaire
Quelles sont les sanctions pour l'employeur en cas de non respect de ses obligations en matière de santé et de sécurité au travail ?
Sanction civile
En cas de mise en danger, même si elle ne conduit pas à un accident ou une maladie, le salarié peut du contrat de travail.
Le salarié peut pour tenter d'obtenir réparation des reproches à l'origine de la prise d'acte.
L'employeur a une et doit justifier avoir pris les mesures suffisantes pour protéger les travailleurs d'un accident du travail et/ou d'une maladie professionnelle.
En cas de non respect de cette obligation, l'employeur s'expose à une réparation financière de préjudice devant le du pour une faute inexcusable.
Sanction pénale et/ou administrative
Le fait d'exposer un salarié à un risque identifié, sans prendre les mesures de prévention qui s'imposent, est un manquement à l' de l'employeur.
Le manquement à cette obligation peut faire l'objet d'une condamnation pénale au tribunal correctionnel.
Le directeur départemental en charge de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS ou DDETS-PP, ex-Direccte) peut émettre, à l'encontre de l'employeur, des sanctions administratives.
A savoir
Définition : Personne physique
Définition : Personne morale
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