Licenciement d'un représentant du personnel
Le licenciement d'un représentant du personnel, salarié protégé, est soumis à une procédure renforcée incluant un entretien préalable, une consultation du comité social et économique dans les entreprises d'au moins 50 salariés, puis une autorisation préalable de l'inspecteur du travail.
Pièces à fournir
- Convocation à l'entretien préalable, envoyée par lettre recommandée ou remise en main propre contre décharge
- Procès-verbal de la réunion du CSE, lorsqu'une consultation est requise
Délais
La demande d'autorisation de licenciement est transmise à l'inspecteur du travail dans les 15 jours suivant la délibération du CSE ; en cas de mise à pied conservatoire, ce délai est réduit à 8 jours, ou à 48 heures lorsqu'une consultation du CSE est requise.
Points de vigilance
- L'entretien préalable doit avoir lieu au moins 5 jours ouvrables après la présentation de la lettre de convocation.
- L'inspecteur du travail dispose de 2 mois à compter de la réception de la demande pour statuer ; l'absence de réponse dans ce délai vaut décision implicite de rejet.
- La décision de l'inspecteur du travail peut être contestée dans un délai de 2 mois par recours hiérarchique auprès du ministre du travail ou par recours contentieux devant le tribunal administratif.
Questions fréquentes
L'employeur peut-il licencier le représentant du personnel si l'inspecteur du travail refuse l'autorisation ?
Non, le contrat de travail ne peut pas être rompu ; le salarié protégé est maintenu dans son emploi aux conditions antérieures et continue de percevoir son salaire.
Textes de référence
Convocation du salarié à un entretien préalable au licenciement
Convocation du salarié
Cette convocation est faite par lettre ou par lettre remise en main propre contre .
La lettre de convocation doit indiquer les éléments suivants :
Objet de l'entretien entre le salarié et l'employeur (ou toute personne appartenant à l'entreprise avec délégation de pouvoir) Date, heure et lieu de l'entretien (lieu de travail ou siège de l'entreprise) Possibilité pour le salarié de bénéficier d’une assistance durant l'entretien par un salarié appartenant à l'entreprise (représentant du personnel ou non).
Respect d'un délai entre l'envoi de la convocation et l'entretien préalable
L'employeur doit respecter un délai de entre la présentation de la lettre ou sa remise en main propre contre et la date de l'entretien.
Le jour de la 1 présentation ou de la remise en main propre de la lettre au salarié et le jour de l'entretien ne comptent pas dans le délai des 5 jours ouvrables.
Si le délai se termine un , un , un , il est prolongé jusqu'au jour ouvrable suivant (par exemple, si le délai se termine le lundi 1 mai, il prend fin le mardi).
A savoir
Tenue de l'entretien préalable
L'employeur (ou son représentant) reçoit le salarié et la personne qui l'assiste éventuellement. Il lui expose les motifs de la décision envisagée et recueille ses explications.
A savoir
Consultation du CSE sur le projet de licenciement du représentant du personnel
Le n'a pas à être consulté. Un peut toutefois prévoir cette consultation.
L'employeur doit obligatoirement consulter le si le projet de licenciement concerne l’un des représentants du personnel suivant :
Membre (titulaire ou suppléant) élu à la délégation du CSE Représentant syndical au CSE Représentant de proximité.
Avant toute décision, le CSE procède à l'audition du salarié protégé concerné.
La convocation du salarié à cette audition est obligatoire. Sinon, l'avis rendu par le CSE n'est pas valable.
La loi ne prévoit pas de délai particulier de convocation. L'employeur doit veiller à laisser au salarié un temps suffisant pour se préparer.
Après audition du salarié, le CSE délibère et rend son avis par un vote à bulletin secret. L'employeur ne participe pas au vote du CSE, mais le salarié concerné peut voter s'il est membre du CSE.
Lorsqu'une entreprise n'a pas de CSE, la demande d'autorisation de licenciement est directement transmise à l'inspecteur du travail après l'entretien préalable.
Demande d'autorisation de licenciement à l'inspecteur du travail
Demande d'autorisation de licenciement
L'employeur doit demander l'autorisation de licencier le salarié protégé à l'inspecteur du travail dont dépend dans lequel le salarié est employé.
Cette demande lui est adressée dans les suivant la délibération du , par lettre en 2 exemplaires ou par le portail du ministère du travail lorsqu’une consultation du CSE est requise :
A savoir
Enquête contradictoire
Avant de prendre sa décision, l'inspecteur doit procéder à une enquête dite « contradictoire ».
Il auditionne personnellement et individuellement le salarié et l'employeur. Il recueille les arguments et explications de chacun.
Le salarié prend connaissance de l'ensemble des pièces produites par l'employeur pour justifier le licenciement.
Au cours de l'enquête, le salarié peut, sur sa demande, se faire assister d'un représentant de son syndicat.
L'inspecteur du travail prend sa décision dans les qui suivent la date de réception de la demande d'autorisation de licenciement.
Décision de l'inspecteur du travail
La décision de l'inspecteur est argumentée et transmise aux personnes suivantes par lettre :
Employeur Salarié Organisation syndicale du salarié (s'il est délégué ou représentant syndical).
La poursuite de la procédure dépend de la décision de l'inspecteur du travail :
L’employeur le contrat de travail du salarié.
Le salarié protégé doit être maintenu dans son activité professionnelle et son emploi aux conditions antérieures et percevoir son salaire.
L'employeur peut alors poursuivre la procédure.É
L'absence de réponse de l'inspecteur du travail pendant vaut ().
L’employeur ne peut pas rompre le contrat de travail du salarié.
Le salarié protégé doit être maintenu dans son activité professionnelle et son emploi aux conditions antérieures et percevoir son salaire.
Notification du licenciement au salarié en cas d'autorisation de l'inspecteur du travail
Contestation de la décision de l’inspecteur du travail
Recours hiérarchique auprès du ministre du travail Recours contentieux devant le tribunal administratif dont dépend l’entreprise ou l’établissement.
Notification de la décision explicite de l'inspecteur du travailDécision implicite de rejet de l'inspecteur du travail résultant de son silence pendant 2 mois.
Où s'adresser :
Portail des démarches relevant du ministère du travail
Permet de saisir les services du ministère du travail par voie électroniqueRéférence : Procédure applicable en cas de licenciementDéfinition : Décharge
Définition : Jour ouvrable
Définition : Jour chômé
Définition : Mise à pied conservatoire
Définition : Notification
Définition : Accord collectif d'entreprise
Définition : Établissement
Définition : Décision implicite de rejet
Définition : Notification de licenciement
Définition : Contentieux
Définition : Décision explicite
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