Rétention de sûreté
La rétention de sûreté est une mesure permettant de maintenir en centre socio-médico-judiciaire de sûreté une personne condamnée à une peine minimale de 15 ans de réclusion criminelle pour crimes graves, après l'exécution de sa peine d'emprisonnement, lorsque sa dangerosité présente un risque très élevé de récidive. Cette mesure associe une privation de liberté à une prise en charge médicale, sociale et psychologique.
Délais
Au moins 1 an avant la fin de la peine, évaluation en service spécialisé pendant 6 semaines.
Points de vigilance
- Absence de condamnation pour crime grave parmi les infractions énumérées (viols, meurtres, assassinats, tortures, enlèvements ou séquestrations aggravés).
- Peine prononcée inférieure à 15 ans de réclusion criminelle.
- Absence de trouble grave de la personnalité caractérisant une particulière dangerosité.
- Absence de débat contradictoire lors de l'audience devant la juridiction régionale de la rétention de sûreté.
- Non-respect du délai de recours de 10 jours auprès de la juridiction nationale de la rétention de sûreté.
Questions fréquentes
Un détenu est-il automatiquement libéré à la fin de sa peine ?
Non, si une rétention de sûreté a été prononcée, le détenu est maintenu en centre de soins au-delà de sa peine pour des raisons de dangerosité caractérisée.
Quels types de crimes peuvent entraîner une rétention de sûreté ?
Les viols aggravés, meurtres aggravés, assassinats, tortures et actes de barbarie aggravés, enlèvements ou séquestrations aggravés commis sur des majeurs, et les viols, meurtres, assassinats, tortures, enlèvements ou séquestrations commis sur des mineurs, à condition que la peine soit supérieure ou égale à 15 ans.
La rétention de sûreté peut-elle être décidée pendant une surveillance de sûreté ?
Oui, si la personne viole les obligations de surveillance, présente une dangerosité particulière avec probabilité très élevée de récidive, et si le renforcement des obligations de surveillance est insuffisant.
Quelle est la procédure de placement en rétention de sûreté lors de la condamnation ?
La commission pluridisciplinaire des mesures de sûretés évalue le condamné en service spécialisé pendant 6 semaines. Si elle conclut à une dangerosité particulière, elle saisit la juridiction régionale de la rétention de sûreté qui rend une décision après débat contradictoire.
Comment contester une décision de placement en rétention de sûreté ?
Un recours peut être formé devant la juridiction nationale de la rétention de sûreté dans un délai de 10 jours à partir de la notification. Ce recours n'est pas suspensif. La décision de la juridiction nationale peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation dans les 5 jours.
Textes de référence
- Code de procédure pénale : articles 706-53-13 à 706-53-22
- Code de procédure pénale : article R53-8-53
- Code pénitentiaire : articles R541-1 à R441-18
Rétention de sûreté
Qu'est-ce que la rétention de sûreté ?
À quelles conditions la rétention de sûreté peut-elle être envisagée ?
Conditions pour fixer une rétention de sûreté lors de la condamnation
Lorsque la cour d’assises prévoit qu’une rétention de sûreté peut être envisagée, toutes les conditions suivantes doivent être remplies pour qu’elle soit fixée :
Le type de qui peut entraîner un placement en rétention de sûreté dépend de l'âge de la personne sur laquelle cette a été commise (victime majeure ou victime mineure).
Dans tous les cas, cette mesure peut être envisagée uniquement si le criminel a été condamné à une .
La personne doit avoir été condamnée pour avoir commis l'un des crimes suivants :
Viol aggravé (par exemple, un viol commis par plusieurs personnes ou accompagné d'actes de torture)Meurtre aggravé (le meurtre qui suit un viol, par exemple) Assassinat Torture et actes de barbarie aggravés (par exemple, lorsque la victime est décédée à la suite de ses blessures) Enlèvement ou séquestration aggravés (par exemple, enlèvement commis en bande organisée ).
La personne doit avoir été condamnée pour avoir commis l'un des crimes suivants :
Viol Meurtre ou assassinat Torture et actes de barbarie Enlèvement ou séquestration.
La rétention de sûreté peut être envisagée pour un criminel qui présente une grande dangerosité caractérisée par un risque très élevé de , car il souffre d'un trouble grave de la personnalité.
, le condamné doit avoir bénéficié de soins adaptés au trouble de la personnalité dont il souffre.
Si ces soins n'ont pas permis de remédier à son état de dangerosité, la rétention de sûreté peut être décidée.
Conditions pour fixer une rétention de sûreté pendant une surveillance de sûreté
Pendant une surveillance de sûreté, la rétention de sûreté peut être envisagée uniquement si les 3 conditions suivantes sont réunies :
La personne a violé les obligations liées à la surveillance de sûreté (exemple : le condamné ne veut plus suivre un traitement prescrit par un médecin dans le cadre d'une injonction de soins ) ou a refusé de porter un bracelet électronique
La personne présente, de nouveau, une particulière dangerosité qui se traduit par une probabilité très élevée de récidive
Le renforcement des obligations de la surveillance de sûreté est insuffisant pour prévenir la commission d'une nouvelle infraction .
Par quels moyens une rétention de sûreté peut-elle être mise en place ?
, la commission pluridisciplinaire des mesures de sûretés choisit un service spécialisé dans lequel le condamné sera placé .
Ce service a pour mission d'évaluer la dangerosité de la personne condamnée. Elle fait également l'objet d'une expertise médicale.
Si la conclut que cette personne est particulièrement dangereuse, elle rend un avis argumenté au dont elle dépend.
Si les conditions de la rétention de sûreté sont réunies, le procureur général saisit la pour qu'elle se prononce sur le placement en rétention.
La juridiction régionale de la rétention de sûreté rend une après avoir entendu le procureur général, le condamné et son avocat au cours d'un .
La décision est au condamné par l'intermédiaire du directeur de dans lequel il se trouve.
Si la juridiction régionale de la rétention de sûreté décide d'un placement en rétention, le condamné est conduit dans un centre de soins dès la fin de sa peine.
La décision de la JRRS peut être contestée par la personne condamnée devant la .
Cette juridiction se trouve à la Cour de cassation.
Où s'adresser :
Le recours doit être fait dans un délai de 10 jours à partir de la de la décision.
Le recours n'est pas suspensif : la mesure de rétention de sûreté peut s'appliquer.
La décision de la peut faire l'objet d'un dans les 5 jours suivant sa notification.
Pendant une , le placement peut être ordonné par le président de la .
Ce placement provisoire doit être confirmé suivant le début de la mesure de rétention, par la juridiction régionale de la rétention de sûreté.
, la rétention de sûreté prend automatiquement fin.
La peut confirmer le placement en rétention après avoir obtenu l'avis favorable de la commission pluridisciplinaire des mesures de sûretés.
Elle doit également avoir entendu, le , le condamné et son avocat au cours d'un .
Cette décision est à la personne condamnée par :
L'intermédiaire du directeur de l'établissement pénitentiaire dans lequel il se trouveL'intermédiaire du directeur du centre médico-socio-judiciaire de sûreté si le condamné est déjà retenu Lettre RAR , si le condamné est libre.
La décision de la JRRS peut être contestée par la personne condamnée devant la .
Cette juridiction se trouve à la Cour de cassation.
Où s'adresser :
Le recours doit être fait dans un délai de 10 jours à partir de la de la décision.
Le recours n'est pas suspensif : la mesure de rétention de sûreté peut s'appliquer.
La décision de la peut faire l'objet d'un dans les 5 jours suivant sa notification.
Comment la personne en rétention de sûreté est-elle prise en charge ?
A savoir
Quels sont les droits de la personne en rétention de sûreté ?
De participer à des activités éducatives ou de formation, au sein du centre de soins ou par correspondance D'exercer un emploi compatible avec sa présence au centre De pratiquer des activités culturelles, sportives ou de loisir dont une partie s’effectue obligatoirement à l’extérieur De pratiquer des activités religieuses ou philosophiques D'émettre ou de recevoir des courriers De recevoir des visites et de téléphoner chaque jour (à ses frais ou aux frais de son correspondant).
A savoir
En cas d'évènement familial grave (exemple : enterrement d'un parent). Dans ce cas, la sortie aura lieu sous escorte policièrePour maintenir des liens familiaux ou pour préparer la fin de la rétention. Dans cette hypothèse, la sortie peut être accordée pour plusieurs jours mais la personne devra porter un bracelet électronique.
Combien de temps peut durer une rétention de sûreté ?
À quel moment la rétention de sûreté prend-elle fin ?
La juridiction régionale de la rétention de sûreté accepte la demande Ou que cette juridiction n'a pas répondu à la demandedans un délai de 3 mois .
Rétention de sûreté terroriste
Qu’est-ce que la rétention de sûreté terroriste ?
À quelles conditions une rétention de sûreté terroriste peut-elle être prononcée ?
Lorsque la cour d’assises prévoit qu’une rétention de sûreté peut être envisagée, les 2 conditions suivantes doivent être remplies pour qu’elle soit mise en place :
La personne doit avoir été condamnée à une peine supérieure ou égale à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir commis un crime terroristeÀ la fin de sa peine, la personne doit présenter une particulière dangerosité caractérisée par une probabilité très élevée de récidive car elle adhère à une idéologie ou à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme. La personne doit également souffrir de troubles mentaux.
Le procureur de la République peut envisager une rétention de sûreté terroriste si les 3 conditions suivantes sont réunies :
La personne doit avoir été condamnée à une peine supérieure ou égale à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir commis un crime terroristeLa personne présente une particulière dangerosité caractérisée par une probabilité très élevée de récidive car elle adhère à une idéologie ou à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme. La personne doit également souffrir de troubles mentauxLa personne a déjà exécuté au moins la moitié de sa peine.
Comment une rétention de sûreté terroriste est-elle mise en place ?
, la commission pluridisciplinaire des mesures de sûretés (CPMS) choisit un service spécialisé dans lequel le condamné sera placé .
Ce service a pour mission d'évaluer la dangerosité de la personne condamnée. Elle fait également l'objet d'une expertise médicale.
Si la conclut que cette personne est particulièrement dangereuse, elle peut proposer qu’elle fasse l’objet d’une rétention de sûreté terroriste.
Néanmoins, il faut quede prévenir la commission d’un nouvel acte de terrorisme (les autres mesures telles que la étant insuffisantes).
Si les conditions de la rétention de sûreté sont réunies, le saisit la pour qu'elle se prononce sur le placement en rétention.
Après un , la juridiction régionale de la rétention de sûreté rend une .
La décision est au condamné par l'intermédiaire du directeur de dans lequel il se trouve.
La décision de la JRRS peut être contestée par la personne condamnée devant la .
Cette juridiction se trouve à la Cour de cassation.
Où s'adresser :
Le recours doit être fait dans un délai de 10 jours à partir de la de la décision.
Le recours n'est pas suspensif : la mesure de rétention de sûreté peut s'appliquer.
La décision de la peut faire l'objet d'un dans les 5 jours suivant sa notification.
Si la cour d’assises n’a pas prévu une rétention de sûreté terroriste, cette mesure peut être envisagée par le .
Lorsque , le procureur de la République antiterroriste peut saisir la commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté (CPMS).
Cette commission examine le condamné. Puis, elle rend un rapport dans lequel elle indique si la situation du condamné doit mener à une rétention de sûreté terroriste.
Si la CPMS estime que les conditions de la rétention de sûreté sont réunies, le procureur de la République antiterroriste saisit la pour qu'elle se prononce sur le placement en rétention.
Après un , la juridiction régionale de la rétention de sûreté rend une .
La décision est au condamné par l'intermédiaire du directeur de dans lequel il se trouve.
La décision de la JRRS peut être contestée par la personne condamnée devant la .
Cette juridiction se trouve à la Cour de cassation.
Où s'adresser :
Le recours doit être fait dans un délai de 10 jours à partir de la de la décision.
Le recours n'est pas suspensif : la mesure de rétention de sûreté peut s'appliquer.
La décision de la peut faire l'objet d'un dans les 5 jours suivant sa notification.
Comment une personne en rétention de sûreté terroriste est-elle prise en charge ?
Quels sont les droits de la personne en rétention de sûreté terroriste ?
De participer à des activités éducatives ou de formation, au sein du centre de soins ou par correspondance D'exercer un emploi compatible avec sa présence au centre De pratiquer des activités culturelles, sportives ou de loisir dont une partie s’effectue obligatoirement à l’extérieur De pratiquer des activités religieuses ou philosophiques D'émettre ou de recevoir des courriers De recevoir des visites et de téléphoner chaque jour (à ses frais ou aux frais de son correspondant).
A savoir
En cas d'évènement familial grave (exemple : enterrement d'un parent). Dans ce cas, la sortie aura lieu sous escorte policièrePour maintenir des liens familiaux ou pour préparer la fin de la rétention. Dans cette hypothèse, la sortie peut être accordée pour plusieurs jours mais la personne devra porter un bracelet électronique.
Combien de temps peut durer une rétention de sûreté terroriste ?
À quel moment la rétention de sûreté terroriste prend-elle fin ?
La juridiction régionale de la rétention de sûreté accepte la demande Ou que cette juridiction n'a pas répondu à la demandedans un délai de 3 mois .
Définition : Peine privative de liberté
Définition : Récidive légale
Définition : Crime
Définition : Infraction
Définition : Réclusion criminelle
Définition : Assassinat
Définition : Bande organisée
Définition : Viol
Définition : Injonction de soins
Définition : Procureur général
Définition : Juridiction régionale de la rétention de sûreté
Définition : Juge de l'application des peines
Définition : Surveillance judiciaire
Définition : Décision motivée (justice)
Définition : Débat contradictoire
Définition : Notification
Définition : Établissement pénitentiaire
Définition : Requête
Définition : Décision définitive
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