Exécution d'une décision du juge civil
Une décision civile devient exécutoire dès son prononcé et notification portant mention de formule exécutoire, ou au passage en force de chose jugée selon la nature de l'affaire. L'exécution peut s'effectuer volontairement ou de manière forcée par intervention d'un commissaire de justice. Les décisions se prescrivent dans un délai de dix ans.
Pièces à fournir
- Copie exécutoire de la décision civile
- Preuve de notification ou signification de la décision au débiteur
Délais
Dix ans à compter de la date du jugement pour l'exécution forcée ; délai de grâce supplémentaire possible selon décision du juge
Points de vigilance
- Absence de mention de formule exécutoire sur la copie de la décision
- Tentative d'exécution forcée sans notification préalable au débiteur
- Exécution engagée après expiration du délai de prescription de dix ans
- Confusion entre exécution provisoire de droit et exécution provisoire facultative selon la nature du jugement
- Non-respect de l'effet suspensif de l'appel pour certaines décisions
Questions fréquentes
L'appel suspend-il l'exécution d'une décision civile ?
Non pour les décisions bénéficiant de l'exécution provisoire : le débiteur doit exécuter même en cas d'appel. Oui pour les décisions sans exécution provisoire : l'exécution forcée est suspendue pendant la procédure d'appel. Le créancier peut demander au premier président de la cour d'appel d'ordonner l'exécution provisoire si urgence ou motif sérieux.
Un commissaire de justice est-il obligatoire pour exécuter un jugement ?
Non si exécution volontaire. Le débiteur peut exécuter spontanément et les parties peuvent convenir amiablement des modalités d'exécution. Un commissaire de justice est requis uniquement pour l'exécution forcée.
Quel est le délai pour exécuter une décision civile ?
Dix ans à compter du jugement. Tout acte d'exécution forcée effectué pendant ce délai interrompt la prescription et relance un nouveau délai de dix ans. Passé ce délai, l'exécution forcée n'est plus possible.
Quand une décision devient-elle exécutoire ?
Immédiatement dès prononcé et notification avec formule exécutoire pour la plupart des jugements civils. Pour certaines décisions (divorce, adoption, filiation), elle devient exécutoire au passage en force de chose jugée après expiration des délais de recours, sauf si le juge ordonne l'exécution provisoire.
Le juge peut-il reporter l'exécution d'une décision ?
Oui, le juge peut accorder un délai de grâce. Celui-ci court à compter de la notification ou signification de la décision, ou à compter du prononcé selon les cas. L'exécution ne peut être exigée qu'après expiration de ce délai.
Textes de référence
- Code de procédure civile : articles 502 à 508
- Code de procédure civile : articles 514 à 524
- Code de procédure civile : 514-1 à 514-6
- Code de procédure civile : 515 à 517-4
- Code de procédure civile : articles 1079 à 1080
- Code des procédures civiles d'exécution : articles L111-1 à L111-11
- Code monétaire et financier : articles L313-2 et L313-3
À quel moment une décision civile peut-elle être exécutée ?
Exécution provisoire de droit (immédiate)
Le principe est qu’on peut obtenir l’exécution d'une décision dès lors qu'elle est et qu'elle porte mention de la . C’est la règle de l’.
Cette règle concerne l’ensemble des (jugement du juge aux affaires familiales, du tribunal de proximité...). Elle permet de faire exécuter une décision même si les délais de recours ne sont pas expirés, et même si la partie condamnée fait un
A savoir
Exécution quand la décision est passée en force de chose jugée
Certaines décisions ne bénéficient pas de l'exécution provisoire de droit.
Dans ce cas, la décision devient exécutoire quand elle passe en , c’est-à-dire après l’expiration des délais de recours (, ), si aucun recours n’est exercé.
Cela concerne les décisions suivantes :
Décisions statuant sur la nationalité
Décisions concernant la rectification ou l'annulation des actes d'état civil
Décisions statuant sur le choix du prénom lors de la déclaration de naissance
Décisions concernant les demandes de changement de nom ou de prénoms
Décisions concernant les demandes en modification de sexe sur les actes d'état civil
Décisions de déclaration d'absence d'une personne
Décisions sur la filiation et lessubsides
Décisions concernant l'adoption
Décisions prononçant le divorce ou la séparation de corps et de biens .
Pour toutes ces décisions, c'est la règle de qui s'applique. C’est le juge qui décide, à son initiative ou à la demande d’une partie, si la décision est exécutoire immédiatement ou pas.
Le juge doit préciser dans la décision les raisons pour lesquelles il décide d'ordonner l'exécution provisoire.
Exécution reportée par un délai de grâce
Le juge peut accorder un délai supplémentaire pour l'exécution de la décision. C'est ce qu'on appelle un . Il faut pour pouvoir exiger l'exécution.
Quand le jugement doit être ou , le délai de grâce court à compter de la date de notification ou de signification. Dans les autres cas, il court à compter de la date du prononcé du jugement.
Est-ce que l'appel suspend l'exécution d'une décision civile ?
Avec l'exécution provisoire (de droit ou ordonnée par le juge), l'appel : la décision .
Si le débiteur fait appel et n'exécute pas la décision, il risque des sanctions. Le peut notamment demander la de l'appel, c'est-à-dire le retrait du dossier du registre des audiences.
En cas de radiation de l'appel, le débiteur a pour exécuter la décision (ou consigner les sommes dues) et demander la poursuite de la procédure. Sinon, la d'instance peut être constatée par le juge : le dossier est alors et un nouvel appel est impossible.
Attention
En cas d'appel, le débiteur peut demander au premier président de la cour d'appel de .
L'appel a un pour les décisions sans exécution provisoire : l est impossible pendant le délai d'appel et pendant la procédure en appel.
Le qui veut que la décision soit exécutée, malgré l'appel du , peut demander au premier président de la cour d'appel d'ordonner en l'exécution provisoire.
Celle-ci doit être compatible avec la nature de l'affaire. Elle ne doit pas risquer d'entraîner des conséquences manifestement excessives.
Attention
Y a-t-il une date limite pour faire exécuter une décision civile ?
Peut-on exécuter une décision civile sans commissaire de justice ?
A savoir
Comment obtenir l'exécution forcée d'une décision civile ?
Notification de la décision
Dans certaines procédures, le greffe notifie la décision aux parties. C'est le cas, par exemple, en matière prud'homale, en matière de sécurité sociale ou de fixation de pension alimentaire.
La notification par le greffe se fait (LRAR).
Quand la notification n'est pas effectuée par le greffe ou en cas d'échec de la notification par le greffe (LRAR non distribuée ou non réclamée), les parties doivent procéder par voie de .
Le juge peut exceptionnellement permettre l', si cela est nécessaire. Cela concerne notamment les ordonnances de référé ou .
Dans ce cas, un original de la décision de justice est remis au bénéficiaire et .
Délivrance de la copie exécutoire de la décision
La copie exécutoire est une copie certifiée conforme sur laquelle est apposée la . Sans cette copie, l'exécution forcée est impossible.
Chaque partie peut auprès du greffe du tribunal qui a rendu la décision.
Il est possible d'obtenirpour un motif légitime (par exemple, perte du document, plusieurs débiteurs).
A savoir
Intervention du commissaire de justice
L'intervention d'un est .
Il a le des décisions exécutoires.
Attention
Le commissaire de justice a une compétence territoriale délimitée pour procéder à une exécution forcée. Il faut choisir un commissaire de justice qui exerce dans le ressort de la cour d'appel du. Par exemple, un commissaire de justice de Lille ne peut pas faire une exécution forcée auprès d’un débiteur domicilié à Marseille.
Le commissaire de justice peut récupérer l'argent que le débiteur doit en faisant ou en pratiquant ou une .
C'est aussi le commissaire de justice qui procède aux .
En cas de revenus insuffisants pour payer un commissaire de justice pour signifier et exécuter une décision, il est possible de bénéficier de .
Que faire en cas de difficultés d'exécution d'une décision civile ?
Quand le a une décision favorable et qu’il rencontre des difficultés pour la faire exécuter, il peut saisir le .
C'est le cas lorsque que la personne condamnée ou que l’inexécution cause un préjudice (matériel, financier...) au créancier.
Il peut alors demanderou obtenir une , une mesure , une .
Le peut saisir le s’il la mesure d'exécution forcée (par exemple, une , une ).
Le juge de l'exécution peut ou accorder un pendant ans au maximum.
Il peut également accorder des délais (de mois à an) en cas .
Référence :Définition : Exécution d'une décision de justice
Définition : Force exécutoire
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Définition : Notification
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Définition : Signification
Définition : Débiteur
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Définition : Prescription
Définition : Saisie d'un bien
Définition : Commandement de payer
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Définition : Ordonnance sur requête
Définition : Droit de recouvrement
Définition : Astreinte
Définition : Acte conservatoire
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