Sanctions disciplinaires d'un salarié du secteur privé
L'employeur du secteur privé dispose d'un pouvoir disciplinaire lui permettant de sanctionner un salarié pour faute. La sanction doit être proportionnée aux faits reprochés et respecter une procédure encadrée par la loi, notamment un délai de deux mois à compter de la connaissance des faits.
Délais
Délai de deux mois à compter de la date à laquelle l'employeur a eu connaissance des faits pour engager des poursuites disciplinaires.
Points de vigilance
- Confusion entre observations verbales et sanctions disciplinaires : les observations verbales ne constituent pas des sanctions.
- Application de sanctions financières ou amendes : toute sanction de nature financière est interdite à l'employeur.
- Double sanction pour les mêmes faits : l'employeur ne peut sanctionner deux fois un salarié pour une même infraction.
- Non-respect de l'échelle des sanctions prévue au règlement intérieur lorsqu'il existe.
- Absence de distinction entre sanction mineure et sanction lourde au regard de la procédure applicable.
Questions fréquentes
Est-il obligatoire de donner trois avertissements avant un licenciement ?
Non, l'employeur peut prononcer un licenciement dès la première faute s'il considère la sanction proportionnée. Cependant, lorsqu'un règlement intérieur existe, l'employeur doit respecter l'échelle des sanctions qu'il prévoit, laquelle peut imposer des avertissements préalables.
Quels sont les types de sanctions disciplinaires possibles ?
L'employeur peut prononcer un avertissement, un blâme, une mise à pied disciplinaire, une mutation, une rétrogradation ou un licenciement pour faute simple, grave ou lourde.
L'employeur peut-il sanctionner un salarié deux fois pour les mêmes faits ?
Non, la loi interdit une double sanction pour les mêmes faits. Cependant, une sanction antérieure datant de moins de trois ans peut être prise en compte pour justifier une nouvelle sanction en cas de faute ultérieure.
Y a-t-il des motifs pour lesquels l'employeur ne peut pas sanctionner ?
L'employeur ne peut pas sanctionner un salarié pour motif discriminatoire, exercice d'une liberté fondamentale, témoignage de harcèlement ou de délit, exercice du droit de retrait pour danger grave, lancement d'alerte, exercice de fonctions de juré ou exercice du droit de grève.
Quel est le point de départ du délai de deux mois pour sanctionner ?
Le délai débute à la date à laquelle l'employeur a eu connaissance des faits reprochés. Si ce délai se termine un samedi, un dimanche ou un jour férié, il est prolongé jusqu'au premier jour ouvrable suivant.
Textes de référence
- Code du travail : articles L1331-1 à L1331-2
- Code du travail : articles L1132-1 à L1132-4
- Code du travail : articles L1332-1 à L1332-3
- Code du travail : articles L1332-4 à L1332-5
- Code du travail : articles R1332-1 à R1332-3
Qu'est-ce qu'une faute du salarié ?
Qu'est-ce qu'une sanction disciplinaire ?
A savoir
Quels faits peuvent entraîner une sanction disciplinaire ?
Non-respect des règles de discipline fixées par le règlement intérieur ou par note de service. Par exemple, lorsque le salarié a consommé de l'alcool malgré une interdiction prévue par le règlement intérieur et justifiée par la prévention des accidents lors de l'exécution de travaux dangereux.Refus de se conformer à une directive de l’employeur. Par exemple, lorsque le salarié refuse d'accomplir les heures supplémentaires mises au planning par l'employeur. Non-respect de l’obligation de discrétion ou de loyauté. Par exemple, lorsque le salarié dénigre son entreprise sur les réseaux sociaux en diffusant de fausses informations ou des informations internes pouvant nuire à la réputation ou au fonctionnement de l'entreprise. Critiques, injures, menaces, violences envers l'employeur ou envers des tiers (collègues, clients de l'entreprise par exemple). Erreurs ou négligences commises dans le travail. Par exemple, lorsque le salarié n'a pas respecté volontairement une procédure mise en place pour assurer la qualité du travail rendu. Tout acte de harcèlement (sexuel oumoral ) commis par un salarié.
Quelles sanctions disciplinaires peuvent être données au salarié ?
Avertissement ou blâme Mise à pied disciplinaire Mutation Rétrogradation Licenciement pour faute simple, grave ou lourde .
Attention
L'employeur peut-il sanctionner financièrement le salarié ?
L'employeur peut-il sanctionner le salarié 2 fois pour les mêmes faits ?
A savoir
Quels sont les délais pour sanctionner un salarié ?
Attention
Un salarié peut-il être licencié pour faute s'il n'a jamais eu d'avertissement ?
Existe-t-il des motifs pour lesquels l'employeur ne peut pas sanctionner un salarié ?
Motif discriminatoire Exercice d'une liberté fondamentale (par exemple, liberté d'expression, liberté syndicale, usage par le salarié du droit d'agir en justice contre l'employeur) Témoignage de faits de harcèlement moral ou sexuel Témoignage de faits constitutifs d'un délit ou d'uncrime Exercice du droit de retrait pour danger grave et imminentLancement d'alerte dans l'entrepriseExercice des fonctions de juré ou de citoyen assesseurRefus du salarié, en raison de son orientation sexuelle, d'une mutation géographique dans un État incriminant l'homosexualité Exercice normal du droit de grève .
L'employeur doit-il respecter une procédure disciplinaire pour sanctionner le salarié ?
A savoir
Pour les sanctions mineures, l'employeur n'est pas obligé de convoquer le salarié à un entretien préalable.
La décision de l'employeur doit être écrite et argumentée. Elle doit préciser la sanction choisie et les reproches qui justifient cette sanction.
La sanction est notifiée au salarié par lettre remise en mains propres contre décharge ou par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR).
Attention
Pour les sanctions lourdes, l'employeur doit convoquer le salarié à un entretien préalable. La convocation doit être faite par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) ou par lettre remise en main propre.
Cette lettre doit être envoyée dans un à compter du jour où l'employeur a eu connaissance des faits qu'il considère comme fautifs.
La lettre doit préciser l'objet, la date, l'heure et le lieu de l'entretien. L'employeur n'est pas obligé d'indiquer les faits reprochés.
La loi n'impose entre la réception de la convocation à l'entretien et la tenue de cet entretien. Un délai raisonnable doit être prévu par l'employeur pour avertir le salarié suffisamment à l'avance.
La lettre doit préciser que le salarié peut se faire assister par une personne de son choix, appartenant à l'entreprise.
Attention
Lors de l'entretien, l'employeur indique les motifs de la sanction envisagée et recueille les explications du salarié. Le salarié n'est pas obligé de se présenter à l'entretien. Si le salarié ne se présente pas, l'employeur pourra malgré tout poursuivre la procédure.
La décision de l'employeur concernant la sanction ne sera pas connue à la fin de l'entretien. La loi impose à l'employeur d'observer un délai de réflexion avant de sa décision.
L'employeur doit après l'entretien avant de la sanction au salarié.
La sanction doit être notifiée au plus tard l'entretien.
La sanction fait l'objet d'une décision écrite et argumentée, adressée au salarié par lettre recommandée ou remise en main propre.
Le salarié peut-il contester une sanction disciplinaire ?
Lettre de licenciement pour motif disciplinaire
Référence : Sanction (définition légale)Définition : Avertissement ou blâme (droit du travail)
Définition : Mise à pied disciplinaire (droit du travail)
Définition : Mutation disciplinaire (droit du travail)
Définition : Rétrogradation
Définition : Jour chômé
Définition : Jour ouvrable
Définition : Notification
Définition : Délit
Définition : Crime
Définition : Dispositions conventionnelles
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