Saisie sur salaire (ou "saisie des rémunérations")

La saisie sur rémunération (ou saisie sur salaire) consiste à prélever une partie du salaire d'un salarié, quel que soit son contrat de travail, pour rembourser sa dette. Le salarié ne reçoit plus qu'une partie de son salaire. Mais la somme versée au salarié ne peut pas être inférieure au montant du solde bancaire insaisissable (SBI). Nous vous expliquons.

Le déroulement de la saisie sur salaire varie, selon que le créancier a engagé cette procédure à partir du 1er juillet 2025 ou avant cette date :

À partir du 1er juillet 2025

Comment un créancier peut-il engager une saisie sur salaire ?

Pour engager une saisie sur salaire, le créancier doit respecter les conditions suivantes :

  • Avoir un titre exécutoire constatant une créance liquide (montant chiffré et non contesté par le débiteur) et exigible (paiement arrivée à échéance)
  • Charger un commissaire de justice de délivrer un commandement de payer au débiteur. Le commissaire de justice a l'obligation d'inscrire le commandement de payer le registre numérique des saisies de rémunérations, le jour de sa signification au débiteur ou le 1er jour ouvrable suivant.

A savoir

Le créancier voulant obtenir le versement d'une pension alimentaire impayée peut recourir à la saisie sur salaire. Mais il peut préférer engager une procédure de paiement direct (procédure pour récupérer les impayés survenus à partir de la demande et jusqu'à 6 mois avant la demande).

Le commandement de payer indique au débiteur qu'il se trouve désormais dans la situation suivante :

  • Il a l'obligation de payer la dette dans le délai d'un mois.
  • Il a la possibilité éventuelle de rechercher un accord avec le créancier par l'intermédiaire du commissaire de justice.
  • Il a la possibilité de contester le commandement de payer devant le juge de l'exécution.

D'autres informations doivent obligatoirement figurer sur le commandement de payer, sinon il n'est pas valable.

La suite de la procédure varie selon le choix fait par le débiteur qui a reçu le commandement de payer, mais la poursuite de la saisie reste à l'initiative du créancier.

Que peut faire le débiteur qui reçoit le commandement de payer ?

Après avoir reçu le commandement de payer, le débiteur peut :

  • Payer sa dette dans le délai d'un mois qui suit la signification du commandement de payer
  • Ou demander qu'un accord soit conclu avec le créancier sur le montant et les modalités de paiement de la dette,
  • Ou contester le commandement de payer devant le juge de l'exécution. Si le débiteur fait cette démarche dans le délai mois qui suit la signification du commandement de payer, la contestation a pour effet de suspendre la procédure de saisie sur salaire, dans l'attente de la décision du juge. Avoir un avocat est obligatoire dès que le montant de l’impayé atteint 10 000 €.

Pour quoi et comment rechercher un accord débiteur/créancier ?

Demande du débiteur au commissaire de justice

Après avoir reçu le commandement de payer, le peut choisir de rechercher un accord avec le sur le montant et les modalités de paiement de la dette.

Le débiteur doit l'indiquer au commissaire de justice, par courrier ou par e-mail (courrier électronique). Il doit y joindre toutes les informations qu'il estime utiles pour informer le commissaire de justice de ses revenus et de ses charges.

Intervention du commissaire de justice

Après avoir reçu la demande du débiteur, le commissaire de justice peut, s'il l'estime nécessaire, interroger le créancier et le débiteur.

S'il y a lieu, il propose au débiteur et au créancier une proposition d'accord sur le montant et les modalités de paiement de la dette.

Résultat de la tentative d'accord

Si le créancier et le débiteur acceptent l'accord proposé par le commissaire de justice, le commissaire de justice rédige un .

Le commissaire de justice doit ensuite envoyer une copie du au créancier et au débiteur.

, le créancier peut reprendre la procédure de saisie sur salaire. Pour cela, il lui faut déclencher la saisie sur salaire, au moyen de la désignation d'un , puis ensuite de la signification par le commissaire de justice d'un à l'entreprise qui emploie le débiteur.

Attention

Le procès-verbal de saisie ne doit pas être signifié à l'employeur plus de 3 mois après la signification du commandement de payer, sinon le commandement de payer n'est plus valable. Mais ce délai est augmenté du temps de suspension de la procédure de saisie sur salaire lié à la tentative d'accord, lorsqu'un procès-verbal d'accord est conclu dans le délai de 3 mois.

Le créancier peut reprendre la procédure de saisie sur salaire. Pour cela, il lui faut déclencher la saisie sur salaire, au moyen de la désignation d'un , puis ensuite de la signification par le commissaire de justice d'un à l'entreprise qui emploie le débiteur. Si le débiteur travaille en intérim, est envoyé à l'entreprise de travail temporaire.

Attention

Le procès-verbal de saisie ne doit pas être signifié à l'employeur plus de 3 mois après la signification du commandement de payer au débiteur, sinon le commandement de payer n'est plus valable. Mais ce délai est augmenté du temps de suspension de la procédure de saisie sur salaire liée à la tentative d'accord, lorsqu'un procès-verbal d'accord est conclu dans le délai de 3 mois.

Comment contester le commandement de payer ?

Il est possible de contester le commandement de payer, notamment pour vice de forme, c'est-à-dire lorsqu'au moins 1 des informations devant y figurer est manquante.

Le commandement de payer peut être contesté devant le juge de l'exécution, qu'il faut saisir par assignation.

Cette démarche doit être notifiée le jour même ou le 1er jour ouvrable suivant au commissaire de justice qui a signifié le commandement de payer, sinon le juge de l'exécution sera obligé de considérer la contestation comme irrecevable.

A savoir

Avoir un avocat est obligatoire dès que le montant de l’impayé atteint 10 000 €.

Le juge compétent est le juge de l'exécution du lieu où habite le débiteur. Mais s'il habite à l'étranger ou s'il n'a pas de domicile connu, le juge compétent est le juge de l'exécution du lieu de domiciliation de l'entreprise qui emploie le débiteur.

Lorsqu'une contestation est faite dans le mois qui suit la signification du commandement de payer, cette démarche a pour effet de suspendre la procédure de saisie sur salaire, dans l'attente de la décision du juge.

Il est possible de faire appel de la décision rendue par le juge de l’exécution. En cas d'appel, un sursis à l'exécution des décisions prises par le juge de l'exécution peut être demandé au 1er président de la cour d'appel. Cette demande doit être faite par assignation en référé délivrée à la partie adverse (selon le cas, le débiteur ou le créancier).

Comment déclencher la saisie sur salaire après le commandement de payer ?

Un mois après la signification du commandement de payer au débiteur, lorsque le débiteur n'a pas demandé de rechercher un accord, ou lorsque la recherche d'un accord a échoué, le créancier peut poursuivre la procédure de saisie sur salaire. Cette procédure se compose de plusieurs étapes, qui doivent être réalisées l'une après l'autre :

Demander la désignation d'un « commissaire de justice répartiteur »

Le créancier doit tout d'abord demander à la chambre nationale des commissaires de justice de désigner un .

Selon les cas, le désigné peut être :

  • Soit le commissaire de justice saisissant, c'est-à-dire le commissaire de justice qui a délivré le commandement de payer,
  • Soit un autre commissaire de justice.

Le sera chargé de recevoir les paiements de l'employeur du débiteur, de les reverser au et de répartir les sommes versées lorsque plusieurs créanciers se sont faits connaître.

A savoir

Le débiteur et son employeur sont informés de l'identité et des coordonnées du commissaire de justice répartiteur. Ces informations sont également inscrites sur le registre numérique des saisies des rémunérations.

Faire signifier un « procès-verbal de saisie »

de signifier à l'employeur du débiteur . Si le débiteur travaille en intérim, est envoyé à l'entreprise de travail temporaire.

d'un certificat établi par le . Ce certificat atteste que le débiteur n'a pas engagé de contestation durant le délai d'un mois qui a suivi la signification du .

suivants :

  • Signifier le procès-verbal de saisie à l'employeur dans un délai de 3 mois après la signification du commandement de payer, sinon le commandement de payer n'est plus valable. Mais ce délai est augmenté du temps de suspension de la procédure de saisie sur salaire liée à la tentative d'accord, lorsqu'un procès-verbal d'accord est conclu dans le délai de 3 mois.
  • Inscrire le procès-verbal de saisie sur le registre numérique des saisies des rémunérations, le jour de sa signification ou le 1er jour ouvrable suivant, sinon il n'est pas valable.
  • Notifier l'acte de saisie au débiteur dans un délai de 8 jours après la signification du procès-verbal de saisie, sinon l'acte de saisie n'est pas valable. L'acte de saisie est un document qui doit obligatoirement indiquer le tribunal devant lequel il peut être contesté, et préciser que si le débiteur change d'employeur, la saisie pourra être poursuivie auprès de ce nouvel employeur, sans qu'un nouveau commandement de payer préalable soit nécessaire.

Comment contester la saisie sur salaire après son déclenchement ?

À tout moment, le débiteur peut contester la procédure de saisie sur salaire.

Pour cela, il doit saisir par assignation le juge de l'exécution de son lieu d'habitation. S'il habite à l'étranger ou n'a pas de domicile connu, le juge compétent est le juge de l'exécution du lieu de domiciliation de l'entreprise qui l'emploie.

Avoir un avocat est obligatoire dès que le montant de l’impayé atteint 10 000 €.

Le juge de l'exécution pourra autoriser la saisie pour la fraction non contestée de la dette. Cette décision n'a pas besoin d'être notifiée, elle est directement exécutoire. Mais il est possible de faire appel de la décision du juge.

En cas d'appel, il est possible de demander un sursis à l'exécution au 1er président de la cour d'appel. Cette demande doit être faite par assignation en référé délivrée à la partie adverse (c'est-à-dire le créancier ou le débiteur). S'il y a lieu, il faut informer l'employeur de cette demande.

Un autre créancier peut-il se joindre à la saisie sur salaire en cours ?

Un autre créancier peut se joindre à la saisie sur salaire en cours, s'il respecte les conditions suivantes :

  • Avoir un titre exécutoire constatant une créance liquide (montant chiffré et non contesté par le débiteur) et exigible (paiement arrivée à échéance).
  • Charger un commissaire de justice de délivrer un commandement de payer au débiteur. Le commissaire de justice a l'obligation d'inscrire le commandement de payer le registre numérique des saisies de rémunérations, le jour de sa signification au débiteur, ou le 1er jour ouvrable suivant.

Un mois après la signification du commandement de payer, l’autre créancier doit indiquer son souhait de se joindre à la procédure en cours. Pour cela, il doit charger un commissaire de justice :

  • De signifier un acte d'intervention au 1er créancier, ou, si le commissaire de justice répartiteur a déjà été désigné, de lui signifier un acte d'intervention.
  • De notifier l'acte d'intervention au débiteur dans les 8 jours qui suivent la signification,
  • De l'inscrire au registre numérique des saisies sur rémunérations le jour de la signification ou le 1er jour ouvrable suivant. C'est à partir de ce jour de l'inscription que les sommes versées par l'employeur du débiteur seront réparties en tenant compte du nouveau créancier concerné.

Pour être valable, l'acte d'intervention doit contenir les informations suivantes :

  • Les nom, prénoms et domicile du débiteur,
  • Le titre exécutoire
  • Le décompte distinct des sommes réclamées en principal (somme initialement due), des frais et des intérêts échus, et le taux des intérêts.

Que doit faire l'employeur qui reçoit le procès-verbal de saisie ?

Lorsqu’un procès-verbal de saisie est signifié à une entreprise, elle doit fournir au créancier les informations suivantes :

  • La situation du débiteur dans l'entreprise (en CDD par exemple), s'il lui verse une somme à titre de rémunérations, et le montant de la somme qui doit lui être versée le mois suivant la signification du procès-verbal de saisie.
  • Les cessions, saisies, SATD ou les paiements directs des pensions alimentaires en cours d'exécution concernant le débiteur.

A savoir

L'entreprise qui, sans motif légitime, ne fait pas cette déclaration, ou fait une déclaration mensongère, peut être condamnée à payer une amende civile de 10 000 € maximum et à payer des dommages et intérêts. Pour cela, le créancier doit en faire la demande au au juge de l'exécution.

Au plus tard dans les 15 jours après la signification du procès-verbal de saisie, l'entreprise doit fournir au commissaire de justice répartiteur les informations suivantes :

  • La situation du débiteur dans l'entreprise (en CDD par exemple), s'il lui verse une somme à titre de rémunérations, et le montant de la somme qui doit lui être versée le mois suivant la signification du procès-verbal de saisie.
  • Les cessions, les saisies, les SATD, ou les paiements directs des pensions alimentaires en cours d'exécution concernant le débiteur.

Chaque mois, l'entreprise doit verser au commissaire de justice répartiteur les retenues faites sur le salaire du débiteur. Ces retenues doivent être faites dans les limites des sommes disponibles.

A savoir

Si l'entreprise ne fait pas ces versements, elle peut être condamnée par le juge à payer les retenues qui auraient dû être faites sur le salaire du débiteur.

En cas d'événement qui suspend la saisie ou y met fin, l'entreprise doit en informer le commissaire de justice répartiteur, dans les 8 jours.

A savoir

Ce n'est qu'après la mainlevée de la saisie que l'entreprise peut engager un recours contre le débiteur.

Quels sont les revenus concernés en cas de saisie sur salaire ?

La plupart du temps, le montant du revenu saisissable se calcule à partir du cumul des salaires nets perçus au cours des 12 mois précédant le procès-verbal de saisie.

A savoir

Lorsque le salarié reçoit des salaires de plusieurs employeurs, le revenu saisissable est calculé sur l'ensemble de ces sommes.

Mais le revenu saisissable se compose également des sommes suivantes :

  • Allocations complémentaires servies en cas de réduction d'horaire (chômage, partiel, passage temporaire à mi-temps)
  • Allocation de retour à l'emploi (ARE)
  • Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa)
  • Indemnités chômage (allocations, aides ainsi que toute autre prestation versées par France Travail - anciennement Pôle emploi -)
  • Indemnité de départ volontaire à la retraite
  • Indemnités journalières de maladie, de maternité et d'accident du travail
  • Pensions et rentes viagères d'invalidité
  • Pensions de retraite et pensions de réversion.

Par ailleurs, les prestations familiales peuvent être saisies seulement dans certains cas et pour le paiement de certaines créances seulement.

En revanche, certaines sommes ne font pas partie du revenu saisissable :

  • Allocation aux adultes handicapés (AAH) et majoration pour la vie autonome (MVA), sauf pour le paiement des frais d'entretien de la personne handicapée
  • Allocation personnalisée d'autonomie (Apa)
  • Allocation de solidarité spécifique (ASS)
  • Indemnités en capital ou rentes pour accident de travail
  • Indemnités de départ consécutif à la situation économique de l'entreprise
  • Indemnités de licenciement
  • Indemnités de mise à la retraite
  • Indemnités représentatives de frais professionnels
  • Indemnités de rupture conventionnelle
  • Prime d'activité
  • Primes de participation et d'intéressement
  • Revenu de solidarité active (RSA).

Quel est le montant maximum d'une saisie sur salaire ?

Le montant maximum de la saisie sur salaire varie, selon que cette saisie sert à rembourser un impayé de pension alimentaire, ou une autre dette :

Le revenu saisissable peut être saisi dans sa totalité, à l'exception du .

Le SBI correspond à la somme minimum qui doit être laissée au débiteur.

Cette somme est au minimum égale à .

Attention

La nature et le montant de la somme saisie doivent être mentionnés sur la fiche de paie, sous peine de sanctions à l'encontre de l'employeur.

Seule une fraction du revenu saisissable peut être retenue par l'employeur.

Cette part saisissable est déterminée par un défini pour un débiteur vivant seul.

Montant maximum de la saisie pour chaque tranche de ressources mensuelles saisissables
Total des ressources mensuelles saisissablesPart saisissableMontant maximum de la saisie
1re trancheJusqu'à 373,33 €1/20e18,67 €
2e trancheAu-delà de 373,33 € et jusqu'à 727,50 €1/10e54,08 €
3e trancheAu-delà de 727,50 € et jusqu'à 1 083,33 €1/5e125,25 €
4e trancheAu-delà de 1 083,33 € et jusqu'à 1 435,83 €1/4213,37 €
5e trancheAu-delà de 1 435,83 € et jusqu'à 1 789,17 €1/3331,15 €
6e trancheAu delà de 1 789,17 € et jusqu'à 2 150,83 €2/3572,26 €
7e trancheAu-delà de 2 150,83 €100 %572,26 €+ la totalité des sommes au-delà de 2 150,83 €

Le montant des tranches sont majorés, pour chaque personne à la charge du débiteur, de .

Les personnes à la charge du débiteur sont, sur présentation de justificatifs, les suivantes :

  • Époux, partenaire de Pacs ou concubin dont les ressources sont inférieures à 646,52 €
  • Enfants à charge (qui vivent avec lui ou pour lesquels il paie une pension alimentaire)
  • Ascendant dont les ressources sont inférieures à 646,52 € et qui vit avec lui ou pour lequel il paie une pension alimentaire.

Il est possible d'estimer le montant maximum saisissable en utilisant un simulateur :

Estimer le montant de la saisie sur salaire (ou saisie sur rémunérations)

Permet d'estimer le montant maximum qui peut être saisi sur le salaire, selon qu'il y ait ou non impayé de pension alimentaire.

Attention

La nature et le montant de la somme saisie doivent être mentionnés sur la fiche de paie, sous peine de sanctions à l'encontre de l'employeur.

Comment sont versées au créancier les sommes saisies sur le salaire ?

Les règles sont différentes selon qu’il y a un seul ou plusieurs créanciers concernés par la saisie sur salaire :

Chaque mois, le versement au créancier les sommes qu’il a reçues de l'employeur.

Tout d’abord, le doit un à chaque créancier qui a inscrit un ou un sur le.

Ce doit comporter un décompte détaillé des frais de répartition. Ce document indique notamment que chaque créancier peut en demander la vérification par le greffe du tribunal. Cette indication doit être mentionnée de façon bien visible (« en caractère très apparents »).

Pour être valable, le doit indiquer que chaque créancier a un délai de 8 jours pour adresser ses remarques au .

À l’issue de ce délai, le établit un . Cet est aux créanciers et au débiteur.

Le débiteur ou chaque créancier peut contester devant le juge de l’exécution, à la condition de le faire dans un délai de 8 jours. S’il le fait, il doit en avertir le le jour même ou le 1 suivant, par lettre recommandée avec accusée de réception.

Au moins 1 fois toutes les 6 semaines, le réverse aux créanciers les sommes reçues de l'employeur.

Il répartit le montant total reçu entre les créanciers conformément à .

Chaque créancier reçoit un montant proportionnel au montant de sa créance (dette initiale, frais et intérêts).

Chaque paiement est accompagné d’un décompte détaillé des frais de répartition. Ce document indique notamment que chaque créancier peut demander la vérification de ce décompte au greffe du tribunal. Cette indication doit être mentionnée de façon bien visible (« en caractère très apparents »).

Quand prend fin la saisie sur salaire ?

La mainlevée de la saisie, qui marque la fin de la saisie sur salaire, peut intervenir :

  • Soit lorsque le commissaire de justice répartiteur constate que la dette est remboursée,
  • Soit sur décision du juge de l'exécution,
  • Soit sur accord de l'ensemble des créanciers concernés.

En cas de mainlevée, le commissaire de justice répartiteur doit réaliser les actions suivantes :

  • Informer l'entreprise qui emploie le débiteur dans les 8 jours,
  • Radier le procès-verbal de saisie et les actes d'intervention inscrits sur le registre numérique des saisies des rémunérations.

Avant juillet 2025

À partir du 1 juillet 2025, certaines des règles de la procédure de saisie sur salaire changent.

Selon l’étape en cours à cette date (l’employeur applique déjà les retenues sur le salaire du débiteur, le juge a autorisée la saisie sur salaire, la requête vient d’être déposée devant le juge), les modalités de poursuite de la procédure de saisie sur salaire varient :

L’employeur verse déjà une partie du salaire au greffe du tribunal

À partir du 1er juillet 2025, l’entreprise doit cesser tout versement au greffe du tribunal. Tout versement fait au greffe du tribunal après cette date est rejeté.

A savoir

Les sommes versées par l’employeur jusqu'au 30 juin 2025 sont réparties, avant le 1er octobre 2025, entre les créanciers concernés par le greffe du tribunal.

À partir du 1er juillet 2025, la procédure de saisie sur salaire est transmise par le greffe du tribunal au commissaire de justice du créancier.

Cette transmission prend la forme d'un procès-verbal contenant les informations suivantes :

  • Nom, prénoms et domicile du créancier (s'il s'agit d'une personne morale, son siège social)
  • Nom, prénoms et domicile du débiteur
  • Nom et adresse de l'entreprise qui emploie le débiteur
  • Montant pour lequel la saisie a été autorisée
  • Montant des sommes qui ont déjà été réparties entre les créanciers
  • S’il y a lieu, montant des sommes perçues avant le 1er juillet 2025 et qui n’ont pas été réparties.

À partir de la transmission de la procédure de saisie sur salaire au commissaire de justice du créancier, le créancier a 3 mois pour confirmer au commissaire de justice, par tous les moyens, sa volonté de poursuivre la procédure de saisie sur salaire. Le commissaire de justice doit inscrire cette confirmation sur le registre numérique des saisies des rémunérations.

Si le créancier a confirmé sa volonté de poursuivre la procédure de saisie sur salaire, la saisie sur salaire se poursuit conformément aux règles des saisies sur salaire engagées à partir du 1er juillet 2025, notamment :

  • Le créancier doit demander à la chambre nationale des commissaires de justice de désigner un commissaire de justice répartiteur.
  • Le commissaire de justice doit transmettre le procès-verbal au commissaire de justice répartiteur.
  • L’entreprise se verra signifier un procès-verbal de saisie, et elle devra désormais verser les retenues faites sur le salaire du débiteur au commissaire de justice répartiteur.

Le juge a autorisé la saisie sur salaire

Lorsque le juge a autorisé la saisie sur salaire, et dès que ce jugement ne peut plus faire l’objet d’un recours (car le délai de recours est expiré ou parce qu’il n’est plus possible de faire de recours), la procédure de saisie sur salaire est transmise par le greffe du tribunal au commissaire de justice du créancier.

Cette transmission prend la forme d'un procès-verbal contenant les informations suivantes :

  • Nom, prénoms et domicile du créancier (s'il s'agit d'une personne morale, son siège social)
  • Nom, prénoms et domicile du débiteur
  • Nom et adresse de l'entreprise qui emploie le débiteur
  • Montant pour lequel la saisie a été autorisée.

Le commissaire de justice doit ensuite transmettre ce procès-verbal au commissaire de justice répartiteur.

À partir de la transmission de la procédure de saisie sur salaire, le créancier a 3 mois pour confirmer au commissaire de justice, par tous les moyens, sa volonté de poursuivre la procédure de saisie sur salaire. Le commissaire de justice doit inscrire cette confirmation sur le registre numérique des saisies des rémunérations.

Ensuite, le créancier doit demander à la chambre nationale des commissaires de justice de désigner un commissaire de justice répartiteur, et le commissaire de justice doit ensuite transmettre le procès-verbal au commissaire de justice répartiteur.

Le procédure de saisie sur salaire se poursuit alors conformément aux règles applicables aux saisies sur salaire engagées à partir du 1er juillet 2025.

A savoir

Les règles portant sur le calcul du montant de la saisie et aux types de revenus saisissables restent les mêmes.

Le juge n’a pas encore rendu sa décision à l’issue de la conciliation

Rappel sur l'étape qui consiste à faire appel au juge

Le doit obligatoirement avoir un constatant une liquide (montant chiffré et non contesté par le ) et exigible (paiement arrivée à échéance).

Le créancier voulant obtenir le versement d'une pension alimentaire impayée peut recourir à cette procédure. Toutefois, il peut préférer engager une procédure de (procédure pour récupérer les impayés survenus à partir de la demande et jusqu'à 6 mois avant la demande).

Le juge compétent est le du tribunal judiciaire dont dépend le domicile du débiteur.

Si le débiteur réside à l'étranger ou n'a pas de domicile connu, il s'agit du du tribunal judiciaire dont dépend le domicile de l'employeur du débiteur.

, ou faire appel à un avocat, ou à un huissier de justice (à présent appelé commissaire de justice) ou notaire du ressort du tribunal compétent, ou à toute autre personne qui a une procuration.

Où s'adresser : Avocat

Où s'adresser : Notaire

, il faut déposer ou envoyer par courrier au secrétariat-greffe du tribunal une , accompagnée d'une copie du .

La requête peut être rédigée sur papier libre ou être faite avec le formulaire .

La requête doit obligatoirement mentionner les informations suivantes :

  • Nom, prénoms, profession, domicile, nationalité, date et lieu de naissance du créancier
  • Nom et domicile de la personne contre laquelle la demande est formée, ou, s'il s'agit d'une personne morale, sa dénomination et son siège social
  • Objet de la demande
  • Nom et adresse de l'employeur du débiteur
  • Décompte distinct des sommes réclamées en principal (c'est-à-dire le montant initialement dû), des frais et intérêts échus et l'indication du taux des intérêts
  • Indications concernant le versement des sommes saisies.

Où s'adresser : Tribunal judiciaire

Comment se déroule la tentative de conciliation devant le juge ?

Le et le sont convoqués au moins avant la date de l'audience de conciliation.

A savoir

Lors de l'audience, il est possible de se faire représenter, notamment par un avocat (démarche payante).

Le tente de mettre d'accord le créancier et le débiteur, notamment en accordant des délais de paiement ou en prévoyant un remboursement par paiements partiels.

Si le débiteur ne comparaît pas, le juge peut ordonner la saisie, à moins qu'il estime qu'une nouvelle convocation est nécessaire.

L'audience se conclut de façon différente, selon qu'un accord a ou non été trouvé entre le créancier et le débiteur :

Un est rédigé. Il est signé par le créancier et le débiteur. La saisie sur salaire n'a pas lieu.

Attention

Si le débiteur ne respecte pas les engagements qu'il a pris lors de l'audience, le créancier peut reprendre la procédure de saisie sur salaire.

Un est rédigé. Il indique le montant de la créance pour laquelle la saisie pourra être effectuée.

Le greffe du tribunal transmet la procédure de saisie sur salaire au commissaire de justice du créancier.

Cette transmission prend la forme d'un contenant les informations suivantes :

  • Nom, prénoms et domicile du créancier (s'il s'agit d'une personne morale, son siège social)
  • Nom, prénoms et domicile du débiteur
  • Nom et adresse de l'entreprise qui emploie le débiteur
  • Montant pour lequel la saisie a été autorisée.

Le commissaire de justice doit ensuite transmettre ce procès-verbal au .

À partir de la transmission de la procédure de saisie sur salaire, le créancier a 3 mois pour confirmer au commissaire de justice, par tous les moyens, sa volonté de poursuivre la procédure de saisie sur salaire. Le commissaire de justice doit inscrire cette confirmation sur le .

Ensuite, le créancier doit demander à la chambre nationale des commissaires de justice de désigner un, et le commissaire de justice doit ensuite transmettre le procès-verbal au .

Le procédure de saisie sur salaire se poursuit alors conformément aux règles applicables aux saisies sur salaire engagées à partir du 1 juillet 2025.

Un est rédigé.

Le juge de l'exécution statue sur la contestation, immédiatement ou lors d'une audience ultérieure.

Lorsque le juge de l’exécution autorise la saisie sur salaire, et dès ce jugement n’est plus susceptible de recours (car le délai de recours est expiré, ou parce qu’il n’est plus possible de faire de recours), la procédure de saisie sur salaire est transmise par le greffe du tribunal au commissaire de justice du créancier.

Cette transmission prend la forme d'un contenant les informations suivantes :

  • Nom, prénoms et domicile du créancier (s'il s'agit d'une personne morale, son siège social)
  • Nom, prénoms et domicile du débiteur
  • Nom et adresse de l'entreprise qui emploie le débiteur
  • Montant pour lequel la saisie a été autorisée.

Le commissaire de justice doit ensuite transmettre ce procès-verbal au .

À partir de la transmission de la procédure de saisie sur salaire, le créancier a 3 mois pour confirmer au commissaire de justice, par tous les moyens, sa volonté de poursuivre la procédure de saisie sur salaire. Le commissaire de justice doit inscrire cette confirmation sur le .

Ensuite, le créancier doit demander à la chambre nationale des commissaires de justice de désigner un, et le commissaire de justice doit ensuite transmettre le procès-verbal au .

Le procédure de saisie sur salaire se poursuit alors conformément aux règles applicables aux saisies sur salaire engagées à partir du 1 juillet 2025.

Demander une saisie sur salaire (ou saisie des rémunérations)

Le formulaire cerfa 15708*02 Permet de présenter une demande de saisie sur salaire (ou saisie des rémunérations) au greffe du tribunal de votre débiteur.

Estimer le montant de la saisie sur salaire (ou saisie sur rémunérations)

Permet d'estimer le montant maximum qui peut être saisi sur le salaire, selon qu'il y ait ou non impayé de pension alimentaire.
Référence : Protection du salaire

Code du travail : articles L3252-1 à L3252-7

Référence : Saisie sur salaire : montant et revenus concernés

Code du travail : articles R3252-1 à R3252-49

Référence : Saisie sur salaire

Code des procédures civiles d'exécution : articles L212-1 à L212-16

Référence : Saisies des créances de sommes d’argent

Code des procédures civiles d’exécution : articles R211-1 à R213-13

Référence : Délai pour confirmer la volonté de poursuivre la procédure : article 60 X

Loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023 d'orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027 : article 60

Référence : Représentation de l’avocat en cas de contestation : L121-4

Code des procédures civiles d'exécution : articles L121-1 à L121-4

Référence : Représentation de l’avocat en cas de contestation : R121-6

Code des procédures civiles d'exécution : articles R121-5 à R121-10

Référence :

Décret n° 2025-125 du 12 février 2025 relatif à la nouvelle procédure de saisie des rémunérations

Référence :

Arrêté du 20 juin 2025 relatif aux tarifs réglementés applicables aux prestations de saisie des rémunérations par les huissiers de justice et les commissaires de justice

Définition : Créancier

Personne à qui l'on doit de l'argent ou la fourniture d'une prestation

Définition : Titre exécutoire

Écrit permettant au créancier d'obtenir le recouvrement forcé de sa créance

Définition : Créance

Droit permettant à une personne d'exiger quelque chose d'une autre personne, en général le paiement d'une somme d'argent. Terme souvent utilisé pour désigner la somme due.

Définition : Débiteur

Personne tenue envers une autre d'exécuter une obligation (qui peut être le versement d'une somme d'argent)

Définition : Commandement de payer

Acte généralement signifié par commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire) ordonnant à une personne d'exécuter ses obligations (par exemple, régler des loyers impayés).

Définition : Signification

Acte par lequel une partie informe son adversaire d'un acte ou d'une décision de justice par l'intermédiaire d'un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire)

Définition : Jour ouvrable

Correspond à tous les jours de la semaine, à l'exception du jour de repos hebdomadaire (généralement le dimanche) et des jours fériés habituellement non travaillés dans l'entreprise

Définition : Assignation

Acte du commissaire de justice (anciennement acte d'huissier de justice) informant une personne qu'un procès est engagé contre elle et la convoquant devant une juridiction

Définition : Notification

Formalité par laquelle un acte de procédure ou une décision est porté à la connaissance d’une personne

Définition : Procès-verbal (agent public)

Document officiel écrit. Il est rédigé par un agent public (magistrat, policier, commissaire de justice). Il permet de rendre compte de ce que l'agent public a constaté ou a fait dans l'exercice de ses fonctions.

Définition : Dommages et intérêts

Somme d'argent destinée à réparer le préjudice subi

Définition : Mainlevée

Acte juridique par lequel il est mis fin à une situation créant un obstacle. Par exemple : mainlevée de saisies, mainlevée d'hypothèque.

Définition : Ascendant

Personne dont on est issu (parent, grand-parent, arrière-grand-parent...)

Définition : Personne morale

Groupement de personnes physiques réunies pour accomplir quelque chose en commun (entreprises, sociétés civiles, associations, État, collectivités territoriales, etc.). Ce groupe peut aussi réunir des personnes physiques et des personnes morales. Il peut aussi n'être constitué que d'un seul membre (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée - EURL - par exemple).

Définition : Requête

Écrit formalisé permettant de saisir un tribunal