Rétrocession du bien préempté (logement, terrain...)
Le droit de rétrocession permet à l'ancien propriétaire d'un bien préempté par une commune, ou à ses héritiers, d'être prioritaire pour le racheter lorsque la collectivité ne respecte pas les conditions d'utilisation prévues ou lorsque la décision de préemption est annulée. La procédure et les délais applicables sont fixés par le code de l'urbanisme.
Délais
2 mois pour répondre à une offre de rétrocession en cas de changement d'usage du bien ; 3 mois pour accepter le prix fixé par le juge après annulation de la préemption ; 5 ans pour agir en réparation en cas de manquement de la commune.
Points de vigilance
- Le droit de rétrocession ne s'applique pas en l'absence de paiement ou de consignation du prix dans les délais convenus, le transfert de propriété n'ayant alors pas eu lieu.
- En cas de changement d'usage du bien préempté, l'absence de réponse de l'ancien propriétaire dans le délai de 2 mois vaut renonciation au rachat.
- Après annulation de la décision de préemption, l'absence de réponse dans le délai de 3 mois à compter de la notification de la décision définitive vaut refus du rachat.
Questions fréquentes
Qui peut bénéficier du droit de rétrocession d'un bien préempté ?
L'ancien propriétaire du bien est prioritaire, suivi de ses ayants cause universels (héritiers ou légataires), puis, à titre subsidiaire, de l'acquéreur évincé si son identité figurait dans la déclaration d'intention d'aliéner.
Qui fixe le prix en cas de désaccord sur la rétrocession ?
En l'absence d'accord entre les parties, le prix de rachat est fixé par le juge de l'expropriation du lieu de situation du bien, saisi par la commune ou par l'ancien propriétaire.
Quel recours est possible si la commune ne respecte pas son obligation de rétrocession ?
Un recours peut être engagé devant le tribunal, dans un délai de 5 ans après l'acquisition du bien par la mairie, pour obtenir réparation de la perte de jouissance ou de la perte de plus-value subie.
Textes de référence
Qu’est-ce que le droit de rétrocession d’un bien préempté ?
Qui bénéficie du droit de rétrocession d’un bien préempté ?
L’ancien propriétaire du bien préempté. Il s’agit de la personne qui a cédé le bien à la collectivité à la suite de la décision de préemption. Les ayants cause universel (héritiers ou légataire à titre universel )L’acquéreur évincé. C’est la personne dont le projet d’achat a été empêché par la décision de préemption. Elle ne bénéficie du droit de rétrocession qu’à titre subsidiaire , c’est‑à‑dire seulement si l’ancien propriétaire (ou ses ayants cause) a renoncéexpressément outacitement au rachat et à la condition que son identité ait été mentionnée dans ladéclaration d’intention d’aliéner .
Dans quels cas s’appliquent le droit de rétrocession d’un bien préempté ?
Utilisation non conforme du bien préempté. Si la commune souhaite utiliser ou revendre un bien qu’elle a préempté depuis moins de 5 ans pour un autre projet que celui initialement prévu dans ladécision de préemption ou autorisé par la loiBien illégalement préempté. C’est le cas lorsque la décision de préemption est annulée ou déclarée illégale par la juridiction administrative.
A savoir
Comment obtenir la rétrocession d’un bien préempté ?
Si la mairie décide d'utiliser le bien acquis pour une autre raison que celle mentionnée dans la décision de préemption ou autorisé par la loi, elle doit informer les anciens propriétaires ou leurs héritiers de sa décision et leur proposer l'acquisition de ce bien en priorité.
L’offre doit obligatoirement indiquer le prix et les caractéristiques de la rétrocession. Elle est notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception.
L’ancien propriétaire ou ses héritiers ont un à compter de l’avis de réception, pour y répondre. Il peut soit :
Accepter le rachat au prix proposé Renoncer au rachat (le silence pendant 2 mois vaut renonciation) Demander la rétrocession à un autre prix. En l’absence d’accord, le prix sera fixé par le juge de l’expropriation du lieu de situation du bien. Le tribunal peut être saisi par la commune ou par l’ancien propriétaire. Il est recommandé d’être accompagné par un avocat pour cette procédure.
Où s'adresser :
Lorsque la décision de préemption est annulée ou déclarée illégale, la collectivité doit proposer l’acquisition du bien en priorité à l’ancien propriétaire ou à ses héritiers. En cas de renonciation expresse ou tacite de ces derniers, l’offre doit être faite à l’acquéreur évincé, à condition que son nom ait été mentionné dans la .
Le prix de rachat doit permettre de replacer les parties dans la situation où elles se seraient trouvées si la préemption n’avait pas eu lieu, sans que l’une d’elles en tire un avantage excessif.
Si les parties s’accordent sur le prix, la vente est conclue.
En cas de désaccord sur le prix, celui-ci est fixé par le juge de l’expropriation, saisi par la commune. L’ancien propriétaire ou ses héritiers ont alors un délai de à partir de la de la pour accepter le prix de vente fixé par le tribunal. En l’absence de réponse dans ce délai, le rachat est considéré comme refusé.
Quelles sanctions pour la mairie si elle ne respecte pas ses obligations de rétrocession du bien préempté ?
La perte de jouissance du bienLa perte de plus-value qu’il aurait pu réaliser si le bien avait été correctement rétrocédé ou si la revente avait été faite à son profit.
Définition : Bien préempté
Définition : Intérêt général
Définition : Légataire
Définition : Accord exprès
Définition : Tacite
Définition : Déclaration d’intention d’aliéner
Définition : Droit de préemption
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Définition : Décision définitive
Définition : Dommages et intérêts
Définition : Droit de jouissance (immobilier)
Définition : Plus-value
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