Licenciement pour motif personnel nul, sans cause réelle et sérieuse ou irrégulier

Un salarié peut contester le motif de son licenciement en saisissant le conseil de prud'hommes. Le juge peut annuler le licenciement s'il est nul, le déclarer sans cause réelle et sérieuse, ou irrégulier selon le non-respect de la procédure. Les conséquences varient : réintégration possible, indemnités de fin de contrat ou indemnité supplémentaire à charge de l'employeur.

Pièces à fournir

  • Lettre de licenciement reçue de l'employeur
  • Contrat de travail
  • Bulletins de salaire des 6 derniers mois
  • Justificatifs de l'absence de convocation à l'entretien préalable (si applicable)
  • Documents attestant du motif de contestation (discriminations, violation de libertés, etc.)
  • Preuves de réintégration refusée ou impossible
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Délais

Délai à préciser selon la juridiction compétente ; généralement plusieurs mois pour l'instruction de l'affaire devant le conseil de prud'hommes.

Points de vigilance

  • Omission de saisir le conseil de prud'hommes dans les délais impartis après notification du licenciement
  • Absence de preuve documentée du motif du licenciement ou de la procédure suivie
  • Confusion entre licenciement nul et licenciement injustifié, entraînant une demande d'indemnités inadaptée
  • Non-fourniture des bulletins de salaire nécessaires au calcul des indemnités
  • Demande de réintégration après avoir initié une procédure de résiliation judiciaire

Questions fréquentes

Quelles sont les différences entre un licenciement nul, injustifié et irrégulier ?

Un licenciement nul est annulé lorsqu'il intervient en violation de la loi (discrimination, liberté fondamentale, maternité, etc.). Un licenciement injustifié présente un motif non valable reconnu par le juge. Un licenciement irrégulier résulte du non-respect de la procédure, sans nécessairement invalider le motif.

Le salarié doit-il accepter sa réintégration après une condamnation ?

Non. Le salarié peut refuser sa réintégration. L'employeur ne peut s'y opposer que si elle est impossible (retraite du salarié, par exemple). En cas de refus, le salarié perçoit des indemnités de fin de contrat et une indemnité supplémentaire à charge de l'employeur.

Quel est le montant minimum de l'indemnité en cas de licenciement nul ?

Pour certains licenciements nuls (discrimination, violation de libertés fondamentales, protection de la maternité ou paternité, etc.), l'indemnité ne peut pas être inférieure aux salaires des 6 derniers mois. Pour les autres cas, le montant est déterminé par le juge.

Comment contester un licenciement ?

Le salarié doit saisir le conseil de prud'hommes. Cette saisine doit intervenir dans les délais fixés par la procédure applicable. Le dossier doit contenir la lettre de licenciement et tout élément de preuve justifiant la contestation.

Si le licenciement est déclaré à la fois injustifié et irrégulier, quelles indemnités sont versées ?

Seule l'indemnité pour licenciement injustifié est versée. Les indemnités de fin de contrat versées lors de la rupture ne sont pas doublées.

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Textes de référence

  • Code du travail : articles L1132-1 à L1132-4
  • Code du travail : article L1134-4
  • Code du travail : article L1144-3
  • Code du travail : articles L1152-1 à L1152-6
  • Code du travail : articles L1153-1 à L1153-6
  • Code du travail : articles L1225-1 à L1225-6
  • Code du travail : article L1225-71
  • Code du travail : articles L1226-13 à L1226-17
  • Code du travail : article L1232-1
  • Code du travail : articles L1235-1 à L1235-6
  • Code du travail : articles L1235-10 à L1235-17
  • Code du travail : articles L2411-1 et L2411-2
  • Code de l'action sociale et des familles : articles L313-24 à L313-27

Lorsque l'employeur licencie un salarié, il doit préciser le motif du licenciement dans la lettre envoyée au salarié. Le salarié peut contester le motif de son licenciement. Pour cela, il doit saisir le conseil de prud'hommes. Le juge peut remettre en cause un licenciement pour motif personnel. Nous faisons le point sur la réglementation.

Le juge peut annuler le licenciement lorsque celui-ci est interdit par la loi (licenciement d'une salariée en congé de maternité par exemple) : dans ce cas, le licenciement est nul.

Le juge peut décider que le motif du licenciement n'est pas valable : dans ce cas, le licenciement est sans cause réelle et sérieuse.

Lorsque la procédure de licenciement n'a pas été respectée (absence de convocation à l'entretien préalable par exemple), le juge peut décider que le licenciement est irrégulier.

Les conséquences de la décision du juge varient selon la situation : licenciement nul, injustifié ou irrégulier.

Nul

Qu'est-ce qu'un licenciement nul ?

Le licenciement pour motif personnel est nul lorsque le juge annule le licenciement.

Les cas de nullité prévus par la loi sont notamment les licenciements prononcés dans l'une des situations suivantes :

  • En raison d'une discrimination
  • En violation d'une liberté fondamentale (liberté d'expression, liberté syndicale, liberté religieuse, droit de retrait du salarié)
  • En lien avec l'exercice des fonctions de juré ou de citoyen assesseur
  • En cas de refus par le salarié d'une mutation géographique dans un pays incriminant l'homosexualité en raison de son orientation sexuelle
  • Pour avoir relaté ou témoigné, de bonne foi, de faits constitutifs d'un délit ou d'un crime dont le salarié aurait eu connaissance dans l'exercice de ses fonctions
  • À l'encontre d'un salarié lanceur d'alerte
  • En raison d'une action en justice en matière de discrimination
  • En raison d'une action en justice en matière d'égalité hommes-femmes
  • À l'encontre de victimes ou de témoins de faits de harcèlement moral ou sexuel (sauf mauvaise foi du salarié)
  • Sans respecter la protection liée à la maternité ou à la paternité
  • Sans respecter la protection liée à l'accident du travail ou à la maladie professionnelle
  • Sans respecter la protection accordée à certains salariés (membre du CSE par exemple)
  • En méconnaissance de l'exercice du droit de grève
  • Contre un salarié ayant témoigné de mauvais traitements ou privations infligés à une personne accueillie dans les établissements ou services sociaux et médico-sociaux (ou relaté de tels agissements)
  • Sans respecter la protection liée au décès de l'enfant de moins de 25 ans
  • Sans respecter la protection liée au décès d'une personne à charge effective et permanente de moins de 25 ans.

Le salarié peut-il être réintégré dans l'entreprise après un licenciement nul ?

Oui, le salarié peut demander sa réintégration dans son emploi ou dans un emploi équivalent.

L'employeur peut s'opposer à la réintégration uniquement si elle est impossible (le salarié a fait valoir ses droits à la retraite par exemple).

A savoir

Le salarié ne peut pas être réintégré dans l'entreprise s'il a fait une demande de résiliation judiciaire.

Le salarié est-il indemnisé si le licenciement est nul ?

Oui, le salarié peut être indemnisé. L'indemnisation est différente suivant la réintégration ou non du salarié dans l'entreprise :

Si le salarié est réintégré dans l'entreprise, il a .

Cette indemnité correspond au maximum aux salaires dont il a été privé au cours de la période qui s'est écoulée entre la rupture du contrat et sa réintégration.

La période entre la rupture du contrat et sa réintégration donne droit aux congés payés.

Si le salarié refuse sa réintégration ou si celle-ci est impossible, il a :

  • Indemnités de fin de contrat (indemnité de licenciement, indemnités compensatrices de préavis et de congés payés), s'il remplit les conditions y ouvrant droit
  • Indemnité à la charge de l'employeur.

Cette indemnité aux salaires des 6 derniers mois pour les licenciements déclarés nuls :

  • En raison d'une discrimination
  • En violation d'une liberté fondamentale (liberté d'expression, liberté syndicale, liberté religieuse, droit de retrait du salarié)
  • En raison d'une action en justice en matière d'égalité hommes-femmes
  • À l'encontre de victimes ou de témoins de faits de harcèlement moral ou sexuel (sauf mauvaise foi du salarié)
  • Sans respecter la protection liée à la maternité ou à la paternité
  • Sans respecter la protection liée à l'accident du travail ou à la maladie professionnelle
  • Licenciement d'un salarié protégé (membre du CSE par exemple) en lien avec son mandat
  • En méconnaissance de l'exercice du droit de grève.

Injustifié

Qu'est-ce qu'un licenciement injustifié ?

Le licenciement pour motif personnel est injustifié (ou sans cause réelle et sérieuse) lorsque le motif à l'origine du licenciement n'est pas reconnu valable par le juge.

Le salarié est-il réintégré dans l'entreprise si le licenciement est injustifié ?

Oui, la réintégration du salarié dans l'entreprise est possible sur proposition du juge.

Le salarié est-il indemnisé si le licenciement est injustifié ?

Oui, le salarié peut être indemnisé si le licenciement est injustifié. L'indemnisation est différente suivant la réintégration ou non du salarié dans l'entreprise :

Le salarié réintégré avant son licenciement.

Si le salarié ou l'employeur refuse cette réintégration, le juge attribue au salarié une.

Le montant de l'indemnisation varie selon l'ancienneté du salarié et le nombre de salariés dans l'entreprise.

Un simulateur permet d'estimer le montant des indemnités pouvant être fixées par le juge :

Estimer le montant des indemnités pour licenciement abusif

Irrégulier

Qu'est-ce qu'un licenciement irrégulier ?

Le licenciement pour motif personnel est irrégulier lorsque la procédure n'a pas été respectée.

Toutefois, ce manquement ne suffit pas à annuler le licenciement, car le motif à l'origine du licenciement peut être justifié.

Dans ce cas, le licenciement peut être irrégulier mais avoir une cause réelle et sérieuse.

Le salarié est-il réintégré dans l'entreprise si le licenciement est irrégulier ?

Non. La loi ne prévoit pas la possibilité de réintégrer le salarié en cas de simple irrégularité de la procédure de licenciement pour motif personnel.

Le salarié est-il indemnisé si le licenciement est irrégulier ?

Oui, le salarié peut être indemnisé si le licenciement est irrégulier. L'indemnisation du salarié diffère si le licenciement est sans cause réelle et sérieuse ou non :

Lorsque le licenciement est sans , seule l'indemnité pour licenciement injustifié est versée.

Lorsque le licenciement a , le juge accorde au salarié une indemnité.

Le montant de cette indemnité ne peut pas être supérieur à un de salaire. Cette indemnité est à la charge de l'employeur.

Estimer le montant des indemnités pour licenciement abusif

Référence : Conditions (licenciement nul)

Code du travail : articles L1132-1 à L1132-4

Référence : Licenciement lié à une discrimination

Code du travail : article L1134-4

Référence : Action en justice pour l'égalité hommes femmes

Code du travail : article L1144-3

Référence : Harcèlement moral

Code du travail : articles L1152-1 à L1152-6

Référence : Harcèlement sexuel

Code du travail : articles L1153-1 à L1153-6

Référence : Protection liée à la maternité

Code du travail : articles L1225-1 à L1225-6

Référence : Indemnité non-respect protection maternité

Code du travail : article L1225-71

Référence : Protection liée à l'accident de travail ou à la maladie professionnelle

Code du travail : articles L1226-13 à L1226-17

Référence : Cause réelle et sérieuse de licenciement pour motif personnel

Code du travail : article L1232-1

Référence : Conditions, réintégration et indemnisation du salarié

Code du travail : articles L1235-1 à L1235-6

Référence : Sanction des irrégularités

Code du travail : articles L1235-10 à L1235-17

Référence : Liste salariés protégés

Code du travail : articles L2411-1 et L2411-2

Référence : Protection liée aux témoignages de mauvais traitements

Code de l'action sociale et des familles : articles L313-24 à L313-27

Définition : Nullité du licenciement

Licenciement annulé par un juge

Définition : Liberté fondamentale - travail

Droits primordiaux visant à protéger le salarié dans son emploi contre les restrictions aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives

Définition : Assesseur

Juge qui assiste le président d'une juridiction

Définition : Délit

Acte interdit par la loi et puni d'une amende et/ou d'une peine d'emprisonnement inférieure à 10 ans

Définition : Crime

Infraction la plus grave punissable par une peine de prison (viol, violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, meurtre, assassinat par exemple)

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