Par la rédaction de Guide Administratif · Mis à jour le 14 août 2026 · Sources officielles vérifiées
Dans un procès civil, un témoin peut être entendu oralement par le juge à l'audience ou présenter une attestation écrite remise à une partie. Le témoignage sert de preuve des faits. Le refus de témoigner et le faux témoignage exposent à des sanctions.
Pièces à fournir
- Nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse et profession de l'auteur
- Mention d'un éventuel lien de parenté, d'alliance, de subordination ou d'intérêt avec une partie
- Déclaration des faits dont l'auteur a personnellement connaissance
- Mention que l'attestation est établie en vue de sa production en justice et que l'auteur connaît les sanctions d'une fausse attestation
- Document écrit, daté et signé par l'auteur
- Original ou copie d'un document d'identité signé
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Délais
Le témoin convoqué à une audience reçoit sa convocation au moins 8 jours avant son audition.
Points de vigilance
- Établir une attestation pour son propre compte, qui n'a pas de valeur de preuve.
- Omettre de joindre une pièce d'identité signée à l'attestation.
- Rédiger une attestation alors que l'on est tenu au secret professionnel dans le cadre de sa profession.
Questions fréquentes
Une personne mineure peut-elle témoigner ?
Une personne mineure ne peut pas être entendue comme témoin ni rédiger d'attestation. Le juge peut toutefois l'entendre, sans prestation de serment, accompagnée d'un représentant légal.
Quelles sanctions en cas de faux témoignage ?
Un faux témoignage oral fait sous serment est puni de 5 ans de prison et 75 000 € d'amende. Une fausse attestation écrite est punie d'un an de prison et 15 000 € d'amende.
Un témoin peut-il être indemnisé ?
Le juge peut autoriser le témoin à percevoir, sur justificatifs, des indemnités de comparution, de séjour et de déplacement. La demande se dépose auprès du greffier lors de l'audience.
Dans un procès civil, il peut être nécessaire de faire intervenir un ou plusieurs témoins pour prouver des faits. Le témoin peut être entendu oralement par le juge lors de l'audience civile. Il peut aussi présenter son témoignage par attestation écrite remise à l’une des parties au procès. Nous vous présentons les informations à connaître.
Témoignage oral
Qu’est-ce que le témoignage oral à l’audience d’un procès civil ?
Le témoignage est le fait pour une personne d’attester devant le juge de ce qu’elle a vu ou entendu.
Le juge peut ordonner, en tous domaines, la comparution personnellement des parties ou de l’une d’entre elles devant lui, s’il l’estime nécessaire dans un procès.
Le juge peut entendre aussi toute personne dont l’audition peut être utile à la manifestation de la vérité.
Qui peut témoigner oralement à l'audience d'un procès civil ?
Toute personne peut être entendue comme témoin, sauf les personnes qui sont en incapacité de témoigner en justice.
Toute personne majeure qui a une par le juge. Elle doit avoir assisté à ces faits ou les avoir constatés personnellement, c’est-à-dire avoir vu et/ou entendu quelque chose.
Une personne majeure peut aussi faire des déclarations dans une affaire dans laquelle elle (par exemple, témoin d'un accident de la circulation).
Dans certains cas, la personne majeure peut demander à être d'établir une attestation . Certaines professions peuvent être concernées (par exemple, prêtre, notaire). La personne doit alors envoyer un courrier au juge indiquant . C'est led'accepter ou de refuser sa demande.
Une personne majeure peut en étant un parent ou un en ligne directe ou le conjoint, même divorcé d'une partie au procès. Par exemple, , époux ou ex-époux, partenaire de Pacs ou concubin, belle-mère, beau-père, belle-sœur, beau-frère.
Une personne mineure (âgée de moins de 18 ans) .
Toutefois, le juge peut faire comparaître personnellement un mineur et l’interroger, en . Il doit aussi prévoir qu’il soit (mère, père...).
La personne mineure est entendue et fait des déclarations, mais (c’est-à-dire « jurer de dire la vérité »).
Une personne, (par exemple, en cas de condamnation pour viol sur mineur, assassinat) .
Toutefois, elle peut devant le juge sans prestation de serment, c’est-à-dire sans « jurer de dire la vérité ».
Cette personne et elle est informée par le juge de son .
Le juge peut faire comparaître personnellement une personne sous protection des majeurs. Il doit aussi prévoir que la personne soit (tuteur, curateur...).
Le juge peut l’interroger en .
La personne sous protection des majeurs peut être entendue et faire des déclarations, mais (c’est-à-dire « jurer de dire la vérité »). Elle n’est .
Le juge peut entendre une , y compris les collectivités publiques et les établissements publics. Par exemple, une entreprise est représentée par son directeur général, une association par son président.
Le juge peut aussi faire comparaître un ou un pour être interrogé sur des faits personnels ou ceux qu’il a connus à titre professionnel.
Comment est désigné le témoin qui sera entendu à l'audience d'un procès civil ?
Le juge peut faire comparaître personnellement les parties ou l’une d’elles. Le juge fixe le lieu, le jour et l’heure de la comparution personnelle ou il entend immédiatement une partie ou plusieurs parties présentes à l’audience.
Les parties au procès (demandeur ou défendeur) peuvent demander au juge d'entendre des personnes dont le témoignage leur parait nécessaire ou utile à la manifestation de la vérité.
Lorsque la représentation par avocat est obligatoire, la demande est faite par l'avocat de la partie.
Dans une procédure où l'avocat n'est pas obligatoire, la demande est présentée par requête déposée par la partie auprès du juge.
Le juge peut accepter ou refuser d'entendre un témoin s'il estime que son audition est utile ou non à la solution du litige.
Comment est convoqué le témoin qui sera entendu à l’audience d’un procès civil ?
Le témoin est convoqué par le greffier du tribunal et reçoit sa convocation au moins 8 jours avant la date de son audition.
Les personnes qui sont des tiers au procès (ni demandeur, ni défendeur) sont informées de la date de convocation par courrier recommandé avec accusé de réception.
Les parties au procès sont informées de la date de convocation au cours de l’audience ou par lettre simple.
La convocation doit comporter les noms et prénoms des parties au procès, la mention de l'obligation de témoigner et les sanctions prévues en cas de non comparution ou de refus de prêter serment.
Quelles sont les obligations du témoin à l'audience d'un procès civil ?
En cas de convocation devant le tribunal, le témoin doit obligatoirement se présenter en personne, sauf en cas d'empêchement pour un motif légitime (maladie, hospitalisation...).
S'il ne se présente pas, il peut être cité à comparaître devant le tribunal, à ses frais, par un commissaire de justice.
Le juge fait prêter serment au témoin de dire la vérité. Le refus de prêter serment est puni d'une amende civile de 10 000 € maximum.
Le juge rappelle au témoin les sanctions prévues dans le cas d’un faux témoignage.
La personne qui est entendue sans prestation de serment (par exemple, un mineur, un majeur sous protection des majeurs), est informée qu'elle est obligée de dire la vérité.
Comment le témoignage oral est-il fait à l'audience d'un procès civil ?
Les témoignages se font séparément et dans l'ordre décidé par le juge, en présence des parties.
Le témoin doit donner son nom, son (ou ses) prénom(s), sa date et son lieu de naissance, son adresse et sa profession. Il doit indiquer s'il a un lien de parenté, d'alliance ou de subordination, de collaboration ou de communauté d'intérêts avec l'une des parties.
Le témoin est interrogé par le juge qui est libre du choix des questions.
Les parties ne peuvent pas interrompre, interpeller ou chercher à influencer le témoin.
Si une partie a des questions pour le témoin, elle les transmet au juge qui peut les poser lui-même ou décider de ne pas le faire.
Le témoin ne peut pas s’appuyer sur un texte préparé à l’avance pour répondre.
Un procès-verbal de la déposition du témoin ou de son refus de répondre est dressé.
Après lecture, le témoin le signe. S’il refuse de le signer, le refus est mentionné sur le procès verbal.
Le juge peut mentionner dans le procès-verbal ses constatations concernant le comportement du témoin et les observations des parties.
Les témoignages peuvent se faire en présence d'un technicien (expert judiciaire ou tout autre personne qualifiée). Il est désigné par le juge et convoqué pour apporter une analyse technique lors de l'audition du témoin (par exemple, un expert automobile dans un accident de la circulation.
Après son audition, le juge peut demander au témoin de rester à la disposition du tribunal en cas de questions complémentaires.
A savoir
Les déclarations faites par une partie, son refus de répondre ou son absence à la comparution peuvent être considérés par le juge comme un commencement de preuve par écrit.
Quelles sont les sanctions en cas de refus ou de faux témoignage oral ?
Le fait, sans motif légitime, de ne pas se présenter à l'audience ou de refuser de témoigner ou de prêter serment, est puni d'une amende civile d’un montant maximum de 10 000 €.
Le faux témoignage est un témoignage mensonger fait sous serment. C’est un délit qui est puni de 5 ans de prison et de 75 000 € d'amende.
Le témoignage mensonger peut être motivé par un don, une récompense ou concerner un fait de nature criminelle. Dans ces cas, c’est un délit qui est puni de sanctions aggravées de 7 ans de prison et 100 000 € d'amende.
Un témoin à l’audience d’un procès civil peut-il être indemnisé ?
Le juge peut autoriser le témoin qui le demande à percevoir des indemnités sur présentation de justificatifs.
Le témoin peut demander les indemnités suivantes :
- Indemnité de comparution, y compris une indemnité de perte de salaire
- Indemnité journalière de séjour
- Indemnité de déplacement (train, frais d’essence et de péage...).
La demande d'indemnisation doit être déposée auprès du greffier, lors de l'audience.
La personne qui accompagne un témoin mineur peut demander à percevoir une indemnité de comparution ainsi qu'une indemnité de perte de salaire.
Le tiers qui accompagne le témoin malade ou infirme peut demander à être indemnisé pour sa comparution et la perte de salaire.
A savoir
Le témoin qui n'a pas suffisamment de revenus pour payer son déplacement à l'audience peut demander un acompte sur la future indemnité qui lui sera versée au président du tribunal judiciaire dont dépend son domicile.
Témoignage écrit
Le témoignage écrit est appelé ou preuve testimoniale
Il constitue le mode de preuve le plus fréquent.
Qui peut demander une attestation de témoin ?
Une attestation peut être établie à la demande d’une partie au procès (demandeur ou défendeur) ou du juge.
Qui peut établir une attestation de témoin ?
Toute personne qui a une connaissance de faits ou d’événements peut témoigner par écrit. Elle doit avoir assisté à ces faits ou les avoir constatés personnellement c’est-à-dire avoir vu et/ou entendu quelque chose.
Par exception, certaines personnes n'ont pas le droit de témoigner de manière écrite.
Il existe différents cas selon la personne concernée :
La personne qui est ne peut pas faire une attestation dans le cadre de sa profession, par exemple, médecin, avocat, notaire, expert-comptable.
Si la personne majeure est un proche parent de l'une des parties au procès (...), elle doit indiquer son lien de parenté. Le juge étudie la valeur et la portée de cette attestation, compte tenu des liens les unissant.
Une personne mineure (âgée de moins de 18 ans) de témoin.
Une personne, (par exemple, en cas de condamnation pour des faits de viol sur mineur, d'assassinat) de témoin.
Une personne sous protection des majeurs de témoin.
Une est toujours représentée par une personne physique. Par exemple, une entreprise est représentée par son directeur général, une association est représentée par son président...
Le représentant de la personne morale, des collectivités publiques et d'établissements publics ainsi que leurs membres ou agents .
A savoir
Si le juge l'estime nécessaire, il peut convoquer l'auteur d'une attestation pour une audition lors d'une audience.
Que doit contenir l’attestation de témoin ?
L’attestation doit contenir le nom, le (ou les) prénom(s), la date et le lieu de naissance, l’adresse et la profession de la personne qui rédige.
Elle doit indiquer s’il y a un lien de parenté, d’alliance ou de subordination, de collaboration ou de communauté d’intérêts avec l’une des parties au procès.
Elle doit contenir la déclaration sur des faits ou des événements dont l’auteur a personnellement connaissance.
Cette attestation indique qu’elle est établie pour sa production en justice et que son auteur a connaissance qu’une fausse attestation l’expose à des sanctions pénales.
Elle doit être écrite, datée et signée par l’auteur de la déclaration.
L’original ou la copie d’un document d’identité avec signature, doit être joint à l’attestation (par exemple, carte d’identité, passeport, titre de séjour).
L’attestation peut se faire sur papier libre ou avec le formulaire suivant :
Le juge apprécie la valeur de l’attestation de témoin produite aux débats. C’est également le cas s’il manque dans l’attestation de témoin des mentions obligatoires.
Quelles sont les sanctions en cas de faux témoignage écrit ?
Le fait d’établir une attestation contenant des faits inexacts est un délit puni d'une peine d'1 an de prison et de 15 000 € d'amende.
La peine encourue est portée à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende lorsque l'infraction est faite pour porter préjudice au Trésor public ou au patrimoine d'un tiers.
Modèle d'attestation de témoin
Le formulaire
cerfa 11527*03 Référence :
Définition de la minorité et audition du mineurCode civil : articles 388 à 388-2
Référence :
Convocation des parties et des tiers au procès civilCode de procédure civile : article 160
Référence :
Comparution particulière des mineurs et des majeurs protégés ainsi que des personnes moralesCode de procédure civile : article 197
Référence :
Preuve par témoignageCode de procédure civile : article 199
Référence :
Attestation de témoinCode de procédure civile : articles 200 à 203
Référence :
Déclarations des témoinsCode de procédure civile : articles 204 à 221
Référence :
Amende encourue en cas de refus de prêter sermentCode de procédure civile : article 207
Référence :
Convocation des témoinsCode de procédure civile : article 228 à 230
Référence :
Commencement de preuve par écrit pour le juge (comparution à l’audience ou non, refus de répondre)Code civil : article 1362
Référence :
Interdiction des droits civils, civiques et de familleCode pénal : article 131-26
Référence :
Témoignage mensonger fait sous serment devant un tribunalCode pénal : article 434-13
Référence :
Témoignage mensonger aggravé après promesse de don ou pour des faits criminelsCode pénal : article 434-14
Référence :
Peines encourues en cas de faux serment en matière civileCode pénal : article 434-17
Référence :
Fausse attestation écriteCode pénal : article 441-7
Référence :
Indemnités des témoins (au civil et au pénal)Code de procédure pénale : articles R123 à R128
Référence :
Acompte sur indemnité de déplacement sur demande du témoin au président du tribunal judiciaireCode de procédure pénale : article R 134
Définition : Parties (au procès)
Personne qui est engagée dans un procès civil soit en tant que demandeur, soit en tant que défendeur
Définition : Alliés
Personnes liées par des liens résultant du mariage et non du sang (par exemple, beau-frère belle-mère)
Définition : Ascendant
Personne dont on est issu (parent, grand-parent, arrière-grand-parent...)
Définition : Descendant
Enfant, petit-enfant, arrière petit-enfant
Définition : Personne morale
Groupement de personnes physiques réunies pour accomplir quelque chose en commun (entreprises, sociétés civiles, associations, État, collectivités territoriales, etc.). Ce groupe peut aussi réunir des personnes physiques et des personnes morales. Il peut aussi n'être constitué que d'un seul membre (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée - EURL - par exemple).
Définition : Demandeur (justice)
Personne engageant un procès et qui demande une réparation de son préjudice
Définition : Défendeur (justice)
Personne contre laquelle une action en justice est engagée
Définition : Requête
Écrit formalisé permettant de saisir un tribunal
Définition : Litige civil
Conflit entre des personnes privées
Définition : Citation
Acte de procédure par lequel une personne est convoquée devant une juridiction à une date précise
Définition : Lien d'alliance
Lien qui unit l'un des époux aux parents de l'autre. Les effets du lien d'alliance persistent après le divorce ou le veuvage.
Définition : Lien de subordination
Lien par lequel l'employeur exerce son pouvoir de direction sur l'employé : pouvoir de donner des ordres, d'en contrôler l'exécution et de sanctionner la mauvaise exécution des ordres
Définition : Délit
Acte interdit par la loi et puni d'une amende et/ou d'une peine d'emprisonnement inférieure à 10 ans
Définition : Personne morale
Structure, comme une association, à qui la loi donne la possibilité de passer des actes juridiques (contrat) et d'exercer des actions en justice. Une personne morale peut également supporter des obligations et voir sa responsabilité engagée. Elle est composée d'une ou de plusieurs personnes physiques.
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