Par la rédaction de Guide Administratif · Mis à jour le 15 août 2026 · Sources officielles vérifiées
Le délai de prescription des peines varie selon la nature de l'infraction : il est de 3 ans pour une contravention, 6 ans pour un délit et 20 ans pour un crime, ces délais étant portés à 20 ans pour un délit et 30 ans pour un crime en matière de terrorisme ou de trafic de stupéfiants. Ce délai se calcule à compter du jour où la décision devient définitive.
Délais
Contravention : 3 ans. Délit : 6 ans (20 ans en matière de terrorisme ou de trafic de stupéfiants). Crime : 20 ans (30 ans en matière de terrorisme ou de trafic de stupéfiants).
Points de vigilance
- Les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles.
- Le décès du condamné empêche l'exécution d'une peine d'emprisonnement mais pas celle des peines de confiscation ou d'amende.
Questions fréquentes
Le délai de prescription des peines peut-il être interrompu ?
Le délai peut être interrompu par un acte judiciaire du procureur de la République, du procureur général, du juge de l'application des peines ou du Trésor public ; un nouveau délai identique repart alors à compter de cet acte.
Une peine prescrite efface-t-elle la condamnation ?
Non, la condamnation reste inscrite au casier judiciaire et les peines complémentaires ou les réparations civiles restent applicables, même si la peine principale ne peut plus être exécutée.
Vous avez été condamné à une peine (par exemple, prison, amende...) et cette condamnation n’a pas été mise à exécution ?
Quel est le délai de prescription de la peine ?
Les peines prononcées par le tribunal de police, le tribunal correctionnel, la cour criminelle ou la cour d'assises doivent être exécutées dans un certain délai.
Le délai de prescription de la peine, pour exécuter les condamnations pénales, est différent selon le type d'infraction commis (contravention, délit, crime).
Ce délai commence le jour où la condamnation devient définitive, c'est-à-dire le jour où plus aucun recours, appel, cassation ou opposition n’est possible.
Si ce délai d’exécution est dépassé, les peines ne peuvent plus être exécutées. Elles sont alors prescrites.
| Nature de l'infraction | Délai d'application |
|---|
| Contravention | 3 ans |
| Délit | Cas général | 6 ans |
| Délit en matière d'acte de terrorisme ou de trafic de stupéfiants | 20 ans |
| Crime | Cas général | 20 ans |
| Crime en matière d'acte de terrorisme ou de trafic de stupéfiants | 30 ans |
A savoir
Les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles, cela veut dire que les peines peuvent être exécutées, sans aucun délai maximum d’exécution.
Qui fait exécuter la peine après une condamnation pénale ?
Les peines prononcées par les tribunaux sont mises à exécution sur décision ou sous le contrôle des autorités judiciaires suivantes :
- Ministère public (procureur de la République ou procureur général)
- Juge de l’application des peines (JAP)
- Trésor public qui assure le recouvrement des amendes, au nom du procureur de la République
- Agrasc qui assure l’exécution des confiscations des biens déjà saisis (par exemple, objet, voiture, bateau, tableau, maison...), au nom du procureur de la République.
Le délai de prescription de la peine peut-il être interrompu ?
Le délai de prescription pour exécuter une peine peut être interrompu, par tout acte ou décision des autorités compétentes permettant l’exécution de la condamnation pénale.
Le délai de prescription peut être interrompu par :
- Un acte du ministère public (procureur de la République ou procureur général) : par exemple, la délivrance d’un mandat d’arrêt lorsque le condamné est en fuite
- Un acte du juge de l'application des peines (JAP) pour le suivi ou l’aménagement de la peine : par exemple, une convocation ou une décision
- Un acte de recouvrement du Trésor public ou de l’Agrasc pour les peines d’amende ou de confiscation : par exemple, l’envoi d’un commandement de payer, une saisie sur compte bancaire.
Le délai de prescription peut aussi être interrompu par un recours du condamné : par exemple, l’opposition à un jugement rendu par défaut (le condamné n’a pas eu connaissance de la date d’audience).
L’interruption a pour effet d’effacer le délai déjà écoulé et de faire commencer un nouveau délai de même durée que le délai initial.
Dans ce cas, le nouveau délai commence à compter du jour de l'acte ayant interrompu le 1er délai.
A savoir
Le décès du condamné empêche l'exécution d'une peine de prison mais pas des peines de confiscation ou d'amende qui seront des dettes à prendre en compte lors du règlement de la succession du défunt.
Quels sont les effets de la prescription sur l’exécution de la peine ?
Si la peine n'a pas été exécutée dans le délai prévu, elle ne peut plus être mise à exécution.
Cependant, même si la peine est prescrite, la condamnation a les conséquences suivantes :
- La condamnation est inscrite au casier judiciaire. Elle peut permettre le prononcé de la récidive et aussi empêcher le prononcé d'un sursis en cas de nouvelle condamnation pénale
- Les peines complémentaires ou accessoires restent applicables (par exemple, interdiction de chasser, interdiction de séjour sur le territoire français)
- Les condamnations civiles à des dommages et intérêts peuvent être mises à exécution par la partie civile, dans le délai de prescription civil.
A savoir
En cas de grâce présidentielle, la peine n'est pas exécutée en totalité ou en partie.
Référence :
Peines criminelles applicablesCode pénal : articles 131-1 à 131-2
Référence :
Peines correctionnelles applicablesCode pénal : articles 131-3 à 131-9
Référence :
Peines contraventionnelles applicablesCode pénal : articles 131-12 à 131-18
Référence :
Prescription des peinesCode pénal : articles 133-2 à 133-6
Référence :
Autorité mettant en œuvre l'exécution de la peine article 1Code de procédure pénale : articles 1 à 10
Référence :
Mise à exécution de la décision pénale article 707-1Code de procédure pénale : articles 707 à 712
Définition : Exécution d'une décision de justice
Mise en application des mesures ou condamnations rendues par un juge dans une décision judiciaire
Définition : Infraction
Acte interdit par la loi et passible d’une sanction pénale. Il existe 3 types d'infractions classés en fonction de leur gravité : les contraventions, les délits et les crimes.
Définition : Contravention
Infraction classée en 5 catégories, allant de la moins grave (contravention de 1re classe), à la plus grave (contravention de 5e classe). La contravention est punie d'une amende n'excédant pas 1 500 €, ou 3 000 € en cas de récidive.
Définition : Délit
Acte interdit par la loi et puni d'une amende et/ou d'une peine d'emprisonnement inférieure à 10 ans
Définition : Crime
Infraction la plus grave punissable par une peine de prison (viol, violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, meurtre, assassinat par exemple)
Définition : Appel
Voie de recours par laquelle une partie à un procès demande un nouveau jugement de l'affaire par une juridiction supérieure
Définition : Pourvoi en cassation
Moyen par lequel la Cour de cassation est saisie. Ce recours peut être dirigé contre une décision rendue par une juridiction de première instance et, plus généralement, contre une décision rendue par la Cour d'appel.
Définition : Opposition
Voie de recours par laquelle une personne conteste une décision de justice rendue en son absence
Définition : Prescription
Expiration d'un droit après un certain délai
Définition : Parquet (ou ministère public)
Corps de magistrats représentant les intérêts de la société devant les juridictions
Définition : Procureur de la République
Magistrat à la tête du parquet (ou ministère public). Il est destinataire des plaintes et signalements. Il dirige les enquêtes, décide des poursuites et veille à l'application de la loi.
Définition : Procureur général
Magistrat à la tête du parquet (ou ministère public) d'une cour d'appel ou de la Cour de la Cassation
Définition : Mandat d'arrêt
Décision du juge d'instruction qui ordonne aux forces de l'ordre de rechercher une personne mise en examen, de l'arrêter et de la conduire dans une maison d'arrêt
Définition : Récidive légale
Fait, pour une personne déjà condamnée, de commettre une nouvelle infraction identique ou assimilée, dans un certain délai, et pouvant entraîner une peine plus lourde que celle normalement prévue.
Définition : Sursis
Dispense accordée à une personne ayant pour effet de suspendre l’exécution d’une sanction, d’une amende ou d’une condamnation
Définition : Peine complémentaire
Sanction prononcée par le juge pénal et qui s'ajoute à une peine principale d'emprisonnement et/ou d'amende. Par exemple, le retrait du permis de conduire, la déchéance des droits civiques, l'interdiction de travailler avec des mineurs, l'obligation d'effectuer des travaux d'intérêt général, ou de se soumettre à un suivi socio-judiciaire.
Définition : Dommages et intérêts
Somme d'argent destinée à réparer le préjudice subi
Définition : Condamnation pénale
Décision de justice prise en application du code pénal
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