Partie commune réservée à l'usage exclusif d'un copropriétaire (droit de jouissance privatif)

Une partie commune à usage exclusif est une partie commune de l'immeuble dont seul un copropriétaire a la jouissance, sans en devenir propriétaire. Son attribution provient du règlement de copropriété ou d'une décision en assemblée générale. Le copropriétaire bénéficiaire doit respecter la destination de l'immeuble, ne pas porter atteinte aux droits d'autrui et limiter ses aménagements à des installations légères et enlevables.

Points de vigilance

  • Édifier des constructions (abri, pergola, véranda) sans autorisation du syndicat des copropriétaires
  • Transformer l'usage de la partie commune de manière non conforme au règlement de copropriété (exemple : convertir un jardin en parking)
  • Effectuer des travaux de creusement, cloisonnement ou surélévation sans accord préalable
  • Créer des nuisances ou entraver les droits des autres copropriétaires
  • Omettre de mentionner les parties communes à usage exclusif dans le règlement pour les copropriétés créées après le 1er juillet 2022

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une partie commune à usage exclusif et une partie privative ?

Une partie commune à usage exclusif reste propriété collective de tous les copropriétaires mais seul un copropriétaire en a la jouissance. Une partie privative est la propriété exclusive d'un copropriétaire. Le droit de jouissance privatif ne confère pas la propriété.

Qui paie les charges d'une partie commune à usage exclusif ?

En principe, les charges sont réparties entre tous les copropriétaires selon leur quote-part. Le règlement de copropriété peut toutefois prévoir une répartition différente, notamment que le copropriétaire bénéficiaire paie les charges d'entretien courant.

Le syndicat des copropriétaires peut-il intervenir sur une partie commune à usage exclusif ?

Oui. Le syndicat conserve le contrôle et la gestion de ces parties communes. Il doit informer le copropriétaire concerné dans un délai raisonnable avant d'engager des travaux, sauf urgence pour des motifs de sécurité ou de conservation.

Le droit de jouissance privatif est-il transféré lors de la vente du lot ?

Depuis le 23 décembre 2018, le droit de jouissance privatif est attaché au lot de copropriété et non à la personne. Il se transmet avec le lot s'il est mentionné au règlement de copropriété.

Quels travaux sont autorisés sur une partie commune à usage exclusif ?

Seuls les menus travaux, légers aménagements et petites installations modulables et enlevables sont autorisés (bacs à fleurs, mobilier). Les constructions, creusements, cloisonnements ou surélévations nécessitent une autorisation du syndicat en assemblée générale.

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Textes de référence

  • Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété : article 25
  • Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété : article 26
  • Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis

Qu'est-ce que l'usage exclusif d'une partie commune et quelles sont les conditions de son utilisation ? Nous vous présentons les informations à connaître.

Qu'est-ce qu'une partie commune à usage exclusif ?

En principe, les parties communes de l'immeuble ont un usage collectif. Un usage privatif peut néanmoins être accordé à un copropriétaire. Dans ce cas, la partie commune est affectée à l'usage ou à l'utilité exclusif de son lot de copropriété.

Ce droit de jouissance privatif permet ainsi à un copropriétaire de bénéficier, de manière exclusive, de l’usage d’une partie commune de l’immeuble sans toutefois en devenir propriétaire.

En pratique, cet usage exclusif concerne certaines parties communes attenantes au lot (par exemple, balcon, terrasse, jardin, cours, combles, couloir).

A savoir

L'utilisation d'une partie commune à usage exclusif d'un copropriétaire n'est pas un droit de propriété, mais un simple droit d'usage. La partie commune concernée conserve sa nature et sa qualification de partie commune.

Comment est attribué l'usage exclusif d'une partie commune ?

L'attribution de l'usage exclusif d'une partie commune provient soit du règlement de copropriété, soit d'une décision prise en assemblée générale.

Des spécificités s'appliquent en fonction de la date de création de la copropriété :

Pour les immeubles dont la mise en copropriété est antérieure au 1 juillet 2022, l'absence de mention dans le règlement de copropriété de parties communes à usage exclusif est sans conséquence sur leur existence.

Le syndicat des copropriétaires doit inscrire à l' de l'assemblée générale des copropriétaires la question de la mention de parties communes à jouissance privative dans le règlement de copropriété. Cette décision est prise à la .

Pour les immeubles dont la mise en copropriété est postérieure au 1 juillet 2022, les parties communes à usage exclusif doivent obligatoirement être mentionnées dans le règlement de copropriété.

Si le syndicat des copropriétaires souhaite accorder un droit de jouissance privatif qui n'est pas prévu dans le règlement de copropriété, il doit voter en assemblée générale :

  • L'accord des copropriétaires à la double majorité ou à l'unanimité si ce droit de jouissance porte atteinte à la destination de l'immeuble ou aux conditions de jouissance des autres occupants
  • Et la modification du règlement de copropriété (ajout de la nouvelle partie commune à usage exclusif).

Quelles sont les conditions d'utilisation d'une partie commune à usage exclusif ?

Le copropriétaire qui bénéficie d'un droit de jouissance privatif d'une partie commune doit respecter plusieurs règles.

Ainsi, l'usage de la partie commune :

  • Doit respecter la destination de l'immeuble
  • Doit être conforme à l'usage affecté par le règlement de copropriété et l'état descriptif de division (par exemple, un jardin ne peut pas être transformé en parking ou en terrasse)
  • Ne doit pas porter atteinte aux droits des autres copropriétaires (par exemple, créer des nuisances pour le voisinage)
  • Ne doit pas affecter la partie commune ou son aspect extérieur. Le copropriétaire peut uniquement effectuer de menus travaux, légers aménagements ou petites installations modulables et enlevables à tout moment (bacs à fleurs, mobilier de jardin etc.).

    En effet, sauf si le règlement de copropriété l'autorise, il est interdit d'édifier des constructions (abri de jardin, pergola, véranda, etc.), de creuser le sol, de cloisonner ou de surélever la partie commune. Dans ce cas, le copropriétaire doit obtenir l'autorisation du syndicat des copropriétaires. Cette décision est votée en assemblée générale à la majorité absolue (dite majorité de l'article 25) pour les transformations légères et à la double majorité (dit majorité de l'article 26) pour les constructions.

Attention

Selon l'ampleur et les caractéristiques des travaux envisagés sur une partie commune extérieure (abri, jardin, cour, terrasse), une autorisation d'urbanisme peut être nécessaire.

Par ailleurs, les obligations en matière d'entretien de la partie commune à usage exclusif sont prévues par le règlement de copropriété. Il peut ainsi être décidé que l'entretien et les travaux de réparation sont à la charge de la copropriété ou répartir cette mission entre le copropriétaire et le syndicat des copropriétaires.

Le syndicat des copropriétaires peut-il engager des travaux sur une partie commune à usage exclusif ?

Oui. Le droit de jouissance privative n’empêche pas les parties communes concernées de rester sous le contrôle et la gestion du syndicat des copropriétaires, qui en assume l’entretien et la conservation, sauf stipulation contraire dans le règlement de copropriété.

Le syndic doit toutefois informer le copropriétaire concerné dans un délai raisonnable (sauf urgence pour motif impératif de sécurité ou de conservation des biens).

Qui paye les charges d'une partie commune à usage exclusif ?

En principe, les charges des parties communes à usage exclusif reviennent au syndicat des copropriétaires. Cela signifie que tous les copropriétaires participent au paiement de ces charges, en fonction de leur quote-part.

Toutefois, le règlement de copropriété peut prévoir une répartition différente. Par exemple, il peut imposer que les charges portant sur l’entretien courant de cette partie commune soient à la charge du copropriétaire qui en bénéficie.

L'usage exclusif d'une partie commune peut-il être remis en cause ?

L'usage exclusif d'une partie commune figurant peut être remis en cause. Il faut toutefois obtenir l'accord du propriétaire concerné.

Attention

Depuis le 23 décembre 2018, le droit de jouissance privative n'est plus attaché à une personne, mais à un lot de copropriété. Ce droit doit être mentionné dans le règlement de copropriété pour être transmis.

Référence : Vote à la majorité de l'article 25

Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété : article 25

Référence : Vote à la majorité de l'article 26

Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété : article 26

Référence : Articles 3, 4, 6-3 ,9 : définition et droit de jouissance des parties communes

Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis

Définition : Parties communes d'une copropriété

Parties de bâtiments (couloirs, chaudière, canalisation, garde-corps...) et des terrains (jardins, parcs...) affectés à l'usage ou à l'utilité de tous les copropriétaires

Définition : Lot de copropriété

Partie de bâtiment comportant obligatoirement une partie privative et une quote-part de parties communes

Définition : Ordre du jour

Liste des sujets qui seront discutés et votés lors de l'assemblée générale des copropriétaires

Définition : Majorité simple

Majorité des voix des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance

Définition : Double majorité (copropriété)

Majorité des 2/3 des voix de tous les copropriétaires (présents, représentés ou absents lors de l'assemblée générale)

Définition : Destination d'un immeuble

Correspond à ce pour quoi un immeuble a été construit. Par exemple : usage d'habitation, usage professionnel ou usage mixte (immeuble d'habitation abritant également des locaux professionnels).

Définition : Etat descriptif de division

Une copropriété est un immeuble divisé entre plusieurs propriétaires. Un état descriptif de division est établi par un géomètre. Il permet d'identifier chaque lot issu de la division avec ses quotes parts des parties communes.

Définition : Majorité absolue

Majorité des voix de tous les copropriétaires de l'immeuble (présents, représentés et absents)

Définition : Quote-part (droit immobilier)

Fraction de la part des parties communes rattachée à un lot (appartement, local commercial, parking, cave...) selon, entre autres, la situation et la superficie de ce lot

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