Appels téléphoniques et messages malveillants (harcèlement téléphonique)

Le harcèlement téléphonique, constitué d'appels ou de messages malveillants répétés ayant pour but de troubler la tranquillité, est un délit passible de poursuites. Les victimes peuvent déposer plainte auprès des forces de l'ordre ou du procureur de la République, sous réserve de collecter des preuves des faits allégués.

Pièces à fournir

  • Certificat médical ou attestation médicale constatant le préjudice
  • Enregistrements des appels téléphoniques
  • Enregistrements des messages laissés sur boîte vocale
  • Captures d'écran de SMS ou MMS
  • Copies ou captures d'écran de messages électroniques
  • Main courante ou signalement déposé auprès des forces de l'ordre
  • Constat établi par commissaire de justice
  • Documents attestant l'identité du demandeur et ses coordonnées complètes
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Délais

Délai de prescription de 6 ans à compter du dernier appel ou du dernier message malveillant.

Points de vigilance

  • Absence de documentation des dates et heures précises des appels ou messages
  • Confusion entre harcèlement téléphonique, démarchage téléphonique abusif et cyberharcèlement
  • Dépôt de main courante ou signalement confondu avec une plainte formelle
  • Omission de preuves matérielles des agissements répétés
  • Méconnaissance que deux appels ou deux messages malveillants suffisent à caractériser le délit

Questions fréquentes

À partir de combien d'appels ou de messages le harcèlement téléphonique est-il caractérisé ?

L'infraction est retenue à partir du deuxième appel ou du deuxième message malveillant répétés. Les heures, la fréquence et le caractère inquiétant ou intimidant des communications sont pris en compte.

Le harcèlement téléphonique peut-il être établi si aucune communication n'a eu lieu ?

Oui. L'infraction peut être retenue même si l'auteur est tombé sur la boîte vocale ou le répondeur de la victime.

Quelle est la différence entre une main courante et une plainte ?

La main courante et le signalement permettent d'alerter les forces de l'ordre mais n'entraînent pas de poursuites contre l'auteur présumé. La plainte, en revanche, initie une enquête et peut mener à des poursuites judiciaires.

Quelles peines encourt l'auteur d'un harcèlement téléphonique ?

L'auteur risque 1 an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. Ces peines sont portées à 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende si le harcèlement est commis par la personne avec laquelle la victime est mariée, pacsée ou en concubinage.

Où déposer plainte pour harcèlement téléphonique ?

La plainte peut être déposée auprès d'un commissariat de police, d'une brigade de gendarmerie, ou par courrier adressé au tribunal judiciaire du lieu de l'infraction ou du domicile de l'auteur.

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Textes de référence

  • Code pénal : article 222-16

Une personne vous appelle sans cesse ou vous envoie des messages malveillants ? Ces agissements sont considérés comme du harcèlement téléphonique. Il s’agit d’un délit. Si vous êtes victime de ce type de faits, vous pouvez alerter les forces de l’ordre et/ou déposer plainte contre l'auteur des faits. (ou contre X). Pour démontrer le harcèlement, il est nécessaire de collecter des preuves. Nous vous présentons les informations à connaître.

Attention

Il ne faut pas confondre le harcèlement téléphonique avec le démarchage téléphonique abusif et le cyberharcèlement. Ces infractions sont différemment sanctionnées.

Qu'est-ce que le harcèlement téléphonique ?

Le harcèlement téléphonique implique la répétition d'appels téléphoniques ou de messages (SMS, MMS, messages privés sur un réseau social, e-mails) ayant pour but de troubler votre tranquillité.

Pour que cette infraction soit retenue, 2 conditions cumulatives doivent être remplies :

  • Les appels ou les messages doivent être répétés. Le harcèlement est retenu à partir du 2nd appel ou du 2nd message malveillant. Les heures et la fréquence des interactions téléphoniques seront prises en compte (par exemple, appels nocturnes ou SMS répétés dans un intervalle très court).
  • Ces appels ou messages ont pour but de nuire à votre tranquillité. Il en est ainsi lorsqu'ils ont un caractère inquiétant, intimidant ou qu'ils troublent le bon fonctionnement de votre journée (par exemple, 20 appels passés à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, s'accompagnant de menaces et d'injures).

Ce délit est puni même si :

  • L'auteur du harcèlement est anonyme
  • Aucune communication téléphonique n'a eu lieu. Effectivement, cette infraction peut être retenue même si l'auteur est tombé sur votre boîte vocal ou sur votre répondeur
  • Vous n'avez pas subi de menaces ou d'injures (exemple : une personne perturbe le fonctionnement d'un cabinet médical par des appels téléphoniques répétés au cours desquels elle ne parle pas).

Comment prévenir les forces de l’ordre d’un cas de harcèlement téléphonique ?

En tant que victime d’un harcèlement téléphonique, vous pouvez alerter la police ou la gendarmerie en déposant une main courante contre l’auteur des faits. Cette possibilité est ouverte aux majeurs comme aux mineurs.

Si le harcèlement téléphonique est commis par la personne avec laquelle vous êtes marié, pacsé ou en concubinage, vous pouvez également contacter la police ou la gendarmerie par messagerie instantanée. À travers ce tchat, vous aurez la possibilité de signaler les faits à un policier ou un gendarme spécialement formé à ce type d'infraction. Cette messagerie est accessible aux majeurs et aux mineurs.

Attention

La main courante et le signalement ne doivent pas être confondus avec la plainte. Ils n’entraînent pas de poursuites contre l’auteur présumé des faits.

Comment prouver un cas de harcèlement téléphonique ?

Pour démontrer le harcèlement, vous devez collecter des preuves qui seront prises en compte par la justice.

Tout mode de preuve est admis. Il peut notamment s’agir des éléments suivants :

  • Main courante ou signalement déposé auprès des forces de l’ordre
  • Certificat médical ou attestation d’un médecin constatant le préjudice subi
  • Enregistrements des appels même à l'insu de l'auteur
  • Enregistrements des messages laissés sur votre boîte vocale
  • Captures d'écran de SMS ou de MMS
  • Copies (ou captures d’écran) de messages envoyés sur votre adresses mail.

Attention

Il est nécessaire de renseigner les heures et les dates auxquelles ont eu lieu les divers appels et messages.

Pour faire constater le harcèlement, vous avez également la possibilité de faire appel à un commissaire de justice.

A savoir

Les constats effectués par un commissaire de justice engendrent des frais.

La victime peut-elle déposer plainte contre l'auteur du harcèlement ?

Si vous subissez des appels téléphoniques ou messages malveillants répétés, vous pouvez déposer plainte contre l'auteur des faits. Si vous ne connaissez pas l'identité de la personne qui vous harcèle, vous pouvez porter plainte contre X.

La plainte peut être déposée dans un délai de 6 ans à compter du dernier appel ou du dernier message malveillant.

Vous pouvez vous adresser à un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie de votre choix.

Où s'adresser : Commissariat

Où s'adresser : Brigade de gendarmerie

La plainte est transmise au procureur de la République par la police ou la gendarmerie.

Vous pouvez déposer plainte auprès du procureur de la République.

Pour cela, vous devez envoyer un courrier au .

Votre courrier doit préciser les éléments suivants :

  • Votre état civil et vos coordonnées complètes (adresse et numéro de téléphone)
  • Récit détaillé des faits, date et lieu de l'infraction
  • Nom de l'auteur supposé si vous le connaissez (sinon, la plainte sera déposée contre X)
  • Nom et adresse des éventuels témoins de l'infraction
  • Description et estimation provisoire ou définitive du préjudice
  • Vos documents de preuve : certificats médicaux, arrêts de travail, photographies, vidéos, factures diverses, constats...

Vous pouvez utiliser le modèle de courrier suivant :

Porter plainte auprès du procureur de la République

Vous pouvez envoyer votre plainte par courrier ou la déposer directement à l'accueil du tribunal.

Si vous portez plainte, une enquête sera menée. Si l'auteur des faits est identifié, il pourra être poursuivi et condamné par une juridiction pénale.

A savoir

En cas de poursuites de l’auteur présumé des faits, vous pouvez vous constituer partie civile pour obtenir des dommages et intérêts. Si la plainte est classée sans suite ou si vous n'avez pas de nouvelle des services de police, de gendarmerie ou du procureur de la République depuis plus de 3 mois suivant votre plainte, vous pouvez déposer une plainte avec constitution de partie civile.

La présence d'un avocat n'est pas obligatoire pour le dépôt de plainte et pendant toute la durée de la procédure jusqu'au procès devant le tribunal. Toutefois, vous pouvez obtenir l'assistance d'un avocat si vous le souhaitez.

Où s'adresser : Avocat

A savoir

Si vous n'avez pas les ressources financières suffisantes pour régler ce professionnel, vous pouvez éventuellement obtenir l'aide juridictionnelle.

Quelles sont les peines encourues par l'auteur du harcèlement ?

L'auteur du harcèlement téléphonique risque une peine de :

  • 1 an d’emprisonnement
  • Et 15 000 € d'amende.

Lorsque cette infraction a été commise par la personne avec laquelle vous êtes marié, pacsé ou en concubinage, cette peine est portée à :

  • 3 ans de prison
  • Et 45 000 € d'amende.

L'auteur du harcèlement téléphonique encourt également des peines complémentaires (exemple : interdiction d'exercer une activité professionnelle ou une fonction publique, interdiction de porter une arme, suspension du permis de conduire).

Référence : Définition du harcèlement téléphonique et peines encourues

Code pénal : article 222-16

Définition : Délit

Acte interdit par la loi et puni d'une amende et/ou d'une peine d'emprisonnement inférieure à 10 ans

Définition : Infraction

Acte interdit par la loi et puni d'une sanction pénale. Il existe 3 types d'infractions classés en fonction de leur gravité : les contraventions, les délits et les crimes

Définition : Signalement aux autorités

Informer les autorités compétentes (police, gendarmerie, procureur de la République, etc.) de faits qui pourraient constituer une infraction. Attention : le signalement n'est pas une plainte.

Définition : Plainte

Acte par lequel une personne qui estime avoir subi un préjudice du fait d'une infraction porte celle-ci à la connaissance du Procureur de la République directement ou par l'intermédiaire d'un service de police ou de gendarmerie

Définition : Préjudice

Atteinte subie par une personne envers ses biens (exemple : somme d'argent), son corps, son état psychologique ou son honneur

Définition : Dommages et intérêts

Somme d'argent destinée à réparer le préjudice subi

Définition : Classement sans suite

Décision prise par le procureur de la République de ne pas donner de suite à une affaire pénale

Définition : Emprisonnement

Peine de prison prononcée en cas de délit

Définition : Départements et régions d'outre-mer (Drom)

Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, La Réunion

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