Peut-on mettre fin au mandat en cours d'un syndic de copropriété ?

La résiliation du mandat d'un syndic de copropriété est possible à tout moment, sur demande du conseil syndical ou du syndic lui-même, sous condition de justifier des manquements graves suffisants. La décision doit être votée à la majorité absolue des copropriétaires en assemblée générale.

Pièces à fournir

  • Lettre recommandée avec accusé de réception motivant la demande de résiliation
  • Procès-verbal de l'assemblée générale attestant le vote de résiliation à la majorité absolue
  • Projets de contrats du ou des nouveaux syndics potentiels avec fiches d'information tarifaires
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Délais

Convocation de l'assemblée générale : délai de 2 mois à compter de la présentation de la lettre recommandée. Prise d'effet de la rupture : au plus tôt 1 jour franc après la tenue de l'assemblée générale.

Points de vigilance

  • Absence de motif légitime : la simple perte de confiance dans le syndic ne justifie pas la résiliation ; seuls les manquements graves suffisants sont recevables
  • Défaut de motivation écrite de la demande de résiliation dans la lettre recommandée
  • Omission de préparer le remplacement du syndic avant le vote de résiliation, exposant la copropriété à une gestion sans syndic
  • Résiliation prononcée sans majorité absolue des copropriétaires en assemblée générale
  • Rupture de contrat jugée abusive exposant le syndicat à indemnisation des honoraires restant dus au syndic

Questions fréquentes

Quel motif justifie la résiliation du contrat d'un syndic ?

Seuls les manquements graves suffisants du syndic dans l'exécution de ses missions justifient la résiliation. Il peut s'agir de l'absence de mise en œuvre de travaux votés, de l'absence de paiement des fournisseurs ou de l'absence d'ouverture d'un compte bancaire séparé au nom du syndicat.

Qui peut demander la résiliation du contrat du syndic ?

Le conseil syndical peut demander la résiliation si le syndic commet des manquements graves. Le syndic lui-même peut également résilier son contrat s'il justifie des inexécutions graves de la part du syndicat des copropriétaires.

Quel vote est requis pour résilier le contrat du syndic ?

La décision de résiliation doit être votée à la majorité absolue des copropriétaires en assemblée générale.

Quelles conséquences en cas de résiliation abusive ?

Si la rupture est jugée abusive, c'est-à-dire sans motif légitime ou inexécution grave suffisante, le syndic peut demander une indemnisation correspondant aux honoraires qu'il aurait perçus jusqu'à la fin normale de son contrat.

Quand la résiliation prend-elle effet ?

La résiliation du contrat prend effet au plus tôt 1 jour franc après la tenue de l'assemblée générale. Si un nouveau syndic est désigné lors de cette même assemblée, la date de prise d'effet de son contrat doit être fixée pour clarifier la succession.

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Textes de référence

  • Décret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 10
  • Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété : article 25
  • Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : article 18

Oui, il est possible de mettre fin au mandat du syndic à tout moment en respectant toutefois certaines conditions.

La résiliation du contrat de syndic peut être demandée par le conseil syndical ou par le syndic lui-même :

Le conseil syndical peut demander à mettre fin au contrat en cours du syndic si les qui lui sont reprochés sont .

Cette décision intervient dans l'hypothèse de graves du syndic dans l'exécution de ses missions. Il peut s'agir, par exemple, de l'absence de mise en œuvre de travaux urgents ou votés en assemblée générale, de l'absence de paiement des fournisseurs, des salariés ou des prestataires de la copropriété, de l’absence de souscription des assurances obligatoires ou de l'absence d'ouverture d'un compte bancaire séparé au nom du .

La simple perte de confiance dans le syndic ou un désaccord ponctuel ne peuvent donc pas être évoqués.

Pour résilier le contrat du syndic, il est nécessaire de suivre les étapes suivantes :

  • Le conseil syndical doit demander au syndic d’inscrire à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale la question de la résiliation de son mandat. Cette demande doit être motivée, en précisant la ou les inexécutions qui sont reprochées au syndic (manquements détaillés). Elle se fait par lettre recommandée avec accusé de réception.

    Le président du conseil syndical peut demander formellement la convocation d’une assemblée générale au syndic. Dans ce cas, le syndic doit convoquer l’assemblée générale souhaitée dans un délai de 2 mois à compter de la 1ère présentation de la lettre recommandée. S’il ne s’exécute pas dans le délai, c'est le président du conseil syndical qui convoque l'assemblée générale.

  • L'assemblée générale des copropriétaires se prononce sur la question de la résiliation du contrat de syndic. La décision d'arrêter le contrat du syndic doit être votée à la majorité absolue des copropriétaires. Les copropriétaires fixent également la date de prise d'effet de la rupture du contrat. Elle doit intervenir au plus tôt 1 jour franc après la tenue de l'assemblée générale.

Si, au cours de cette même assemblée, le syndicat des copropriétaires désigne un nouveau syndic, il fixe la date de prise d'effet de son contrat. Cela permet de clarifier la succession entre le syndic sortant et le nouveau syndic.

Attention

Avant de voter la résiliation du contrat du syndic, il faut au préalable préparer son remplacement pour éviter que la copropriété se retrouve sans syndic. Il est ainsi recommandé d'obtenir des projets de contrats, accompagnés de fiche d'information sur le prix et les prestations proposées, de plusieurs syndics à soumettre au vote des copropriétaires.

En cas de résiliation du contrat de syndic sans motif légitime (non justifiée par une ou plusieurs inexécutions suffisamment graves), le syndic peut engager une action judiciaire à l'encontre du syndicat des copropriétaires. Si la rupture est considérée comme , le syndic peut obtenir une (dommages et intérêts) correspondant aux honoraires qu’il aurait perçus jusqu’à la fin normale de son contrat.

Le syndic peut décider de résilier son contrat avant son terme.

Le syndic doit justifier d'une ou plusieursde la part du syndicat des copropriétaires.

En principe, il s'agit de manquements de la copropriété qui empêchent le syndic d'effectuer ou de poursuivre correctement ses missions.

C'est le cas des pressions ou de comportements agressifs envers le syndic, d'un refus récurrent et abusif des copropriétaires de voter les décisions nécessaires (, travaux, etc.) à la gestion et la conservation (c'est-à-dire l'entretien) de l'immeuble, ou d'une (très dégradée ou financièrement en crise).

Pour résilier le contrat avec le syndicat des copropriétaires, le syndic doit respecter les étapes suivantes :

  • Il doit informer le président du conseil syndical (ou, en l'absence de conseil syndical, l'ensemble des copropriétaires) de sa volonté de rompre le contrat. Le syndic doit motiver sa décision en précisant la ou les inexécutions reprochées au syndicat des copropriétaires.

    Cette notification permet au conseil syndical (ou aux copropriétaires) d'organiser une mise en concurrence des contrats de syndic pour remplacer le syndic sortant.

  • Dans un délai de 2 mois minimum qui suivent la notification, le syndic convoque une assemblée générale. Il inscrit à l'ordre du jour la question de la désignation d'un nouveau syndic.

    La résiliation du contrat prend effet au plus tôt 1 jour franc après la tenue de l'assemblée générale.

Demander l'inscription de questions complémentaires à l'ordre du jour de l'assemblée des copropriétaires

Permet de saisir le le syndic afin que des questions complémentaires soient inscrites à l'ordre du jour de la convocation de la prochaine assemblée générale des copropriétaires (par exemple, révocation du syndic).
Référence : Inscription d'une question à l'ordre du jour

Décret n°67-223 du 17 mars 1967 : article 10

Référence : Majorité absolue

Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété : article 25

Référence : Administration de la copropriété

Loi n°65-557 du 10 juillet 1965 : article 18

Définition : Manquement contractuel

Inexécution d'un ou plusieurs termes d'un contrat

Définition : Ordre du jour

Liste des sujets qui seront discutés et votés lors de l'assemblée générale des copropriétaires

Définition : Jour franc

Jour qui dure de 0h à 24h. Un délai ainsi calculé ne tient pas compte du jour de la décision à l'origine du délai, ni du jour de l'échéance. Si le délai s'achève un samedi ou un dimanche, il est reporté au lundi. Si le délai s'achève un jour férié, il est reporté d'un jour. Ainsi, par exemple, si un délai s'achève un samedi et le lundi suivant est un jour férié, il est reporté au mardi.

Définition : Copropriétaire

Personne physique ou morale (société/entreprise) propriétaire d'un ou plusieurs lots dans un immeuble

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