Qu'est-ce qu'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) ?
La question prioritaire de constitutionnalité (QPC) permet à toute partie à un procès de contester une loi estimée contraire aux droits et libertés garantis par la Constitution. La QPC est d'abord examinée par la juridiction saisie du litige, puis peut être transmise au Conseil constitutionnel si les conditions sont réunies. Le Conseil constitutionnel dispose de trois mois pour rendre sa décision, laquelle détermine si la loi demeure applicable ou doit être abrogée.
Délais
Examen immédiat devant un tribunal ou une cour d'appel ; délai de trois mois devant la Cour de cassation, le Conseil d'État ou le Conseil constitutionnel.
Points de vigilance
- Contestation de textes réglementaires (décrets, arrêtés) au lieu de lois
- Invocation de droits issus de textes de droit international (Convention européenne des droits de l'homme)
- Non-justification écrite de la contestation
- Présentation de la QPC jointe aux autres conclusions au lieu de la distinguer
- Tentative de recours contre une décision du Conseil constitutionnel
Questions fréquentes
Quels textes peut-on contester par QPC ?
Seules les lois ou parties de lois peuvent être contestées. Les textes réglementaires (décrets, arrêtés) ne peuvent pas faire l'objet d'une QPC. Le texte contesté doit être directement applicable au cas.
Quels droits et libertés peuvent être invoqués dans une QPC ?
Les droits et libertés issus de la Constitution de 1958, de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, du Préambule de la Constitution de 1946, et de la Charte de l'environnement de 2004. Les droits issus de textes internationaux ne peuvent pas être invoqués.
À quel moment du procès peut-on poser une QPC ?
La QPC peut être posée avant que l'affaire ne soit jugée, en première instance, en appel, ou en cassation (ou recours devant le Conseil d'État). En matière criminelle, elle ne peut être posée que devant le juge d'instruction, non devant la cour d'assises.
Qu'advient-il si le Conseil constitutionnel déclare la loi contraire à la Constitution ?
La loi est abrogée et ne peut plus s'appliquer. Cette suppression peut être immédiate ou reportée à une date fixée par le Conseil constitutionnel pour permettre au législateur de voter une nouvelle loi.
Peut-on faire appel d'une décision du Conseil constitutionnel ?
Non, il est impossible de former recours contre une décision du Conseil constitutionnel.
Textes de référence
- Constitution du 4 octobre 1958 : article 61-1
- Constitution du 4 octobre 1958 : article 62
- Ordonnance n°58-1067 du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel
- Code de procédure civile : articles 126-1 à 126-7
- Code de procédure pénale : articles R*49-21 à R*49-29
- Code de justice administrative : articles LO771-1 à LO771-2
Quelles lois peuvent être contestées dans le cadre d'une QPC ?
Attention
Droits et libertés garantis par la Constitution
(par exemple la liberté individuelle) sont issus et .
Le Préambule de la Constitution renvoie aux textes suivants :
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 (droit de propriété, égalité devant la loi, liberté d'expression...)Préambule de la Constitution de 1946 (droit de grève, liberté syndicale, liberté d'association...)Charte de l'environnement de 2004 (droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé).
Attention
Lois concernées
Le texte contesté doit être de , c'est-à-dire une loi ou une partie de celle-ci.
Les textes réglementaires tels qu'un décret ou un arrêté ne peuvent pas faire l'objet d'une QPC.
Le texte contesté doit . Par exemple, si vous êtes poursuivi pour avoir enfreint tel article de loi.
Comment poser une QPC ?
A savoir
Où s'adresser :
Comment est examinée la QPC par les juridictions ?
Si la loi est applicable au litige ou à la procédure Si la loi n'a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel (sauf changement des circonstances) Si la question posée a un caractère sérieux ou nouveau.
A savoir
Si la QPC était posée devant un tribunal ou devant une cour d'appel (judiciaire ou administratif), elle n'est pas transmise à la Cour de cassation ou au Conseil d'État. La procédurereprend son cours .Si la QPC était posée devant la Cour de cassation ou le Conseil d'État , elle n'est pas transmise au Conseil constitutionnel. La procédurereprend son cours .
La QPC est transmise à la Cour de cassation si elle a été posée devant un tribunal ou une cour d'appel judiciaire.La QPC est transmise au Conseil d'État si elle a été posée devant un tribunal administratif ou une cour d'appel administrative.La QPC est transmise au Conseil constitutionnel si elle a directement été posée devant la Cour de cassation ou devant le Conseil d'État.
Comment la QPC est-elle traitée par le Conseil constitutionnel ?
La loi est , elle continue de s'appliquer.
Toutefois, le Conseil constitutionnel peut apporter sur la façon d'appliquer la loi.
L'affaire peut reprendre son cours.
La loi en question continue de s'appliquer en tenant compte éventuellement des précisions du Conseil constitutionnel.
La loi en question est , c'est-à-dire qu'elle est supprimée, elle ne peut plus s'appliquer.
Cette suppression peut être ou , le temps qu'une nouvelle loi soit votée.
L'affaire peut reprendre son cours, mais la loi concernée ne peut plus être appliquée.
A savoir
QPC : résumé de la procédure (infographie)
Référence : Dépôt d'une QPCDéfinition : Juridictions judiciaires
Définition : Juridictions administratives
Définition : Demandeur (justice)
Définition : Défendeur (justice)
Définition : Prévenu
Définition : Partie civile
Définition : Parquet (ou ministère public)
Définition : Appel
Définition : Crime
Définition : Instruction
Définition : Mémoire
Information officielle issue de Service-Public.fr. Guide-Administratif.fr en facilite l'accès et vous oriente vers les organismes près de chez vous.