Abus de faiblesse

L'abus de faiblesse ou d'ignorance est un délit constitué lorsqu'une personne profite de la vulnérabilité visible ou connue d'une autre pour la conduire à un acte ou une abstention gravement préjudiciable. Il est puni de 3 ans de prison et 375 000 euros d'amende, ces peines étant aggravées en cas d'association sectaire. La victime dispose de plusieurs voies de recours : demande d'annulation amiable du contrat, action judiciaire en nullité ou dépôt de plainte.

Pièces à fournir

  • Certificat médical ou tout document établissant la vulnérabilité de la victime au moment des faits
  • Documents de preuve pour le dépôt de plainte : témoignages, factures, constats, photographies ou vidéos selon les cas
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Délais

La plainte doit être déposée dans un délai de 6 ans à compter des faits, pouvant être allongé jusqu'à 12 ans si les faits ont été dissimulés ; l'action en nullité du contrat doit être engagée dans un délai de 5 ans, ce délai courant à compter de la majorité si la victime était mineure au moment des faits ou à compter du jugement de protection si elle est un majeur protégé.

Points de vigilance

  • Le délai de prescription de la plainte pénale, fixé à 6 ans à compter des faits, est distinct du délai de 5 ans applicable à l'action civile en nullité du contrat contesté.
  • L'abus de faiblesse ne doit pas être confondu avec l'abus de confiance, qui suppose un détournement d'un bien confié, ni avec l'escroquerie, qui repose sur une tromperie ou une mise en scène.
  • Les actes passés par un majeur dans les 2 ans précédant son placement sous tutelle ou curatelle peuvent faire l'objet d'une demande de réduction ou d'annulation ; ce délai de 2 ans ne se substitue pas au délai de prescription de 5 ans applicable à l'action en nullité.

Questions fréquentes

Quelles peines sanctionnent l'abus de faiblesse ?

3 ans de prison et 375 000 euros d'amende. Les peines sont portées à 5 ans de prison et 750 000 euros d'amende lorsque les faits sont commis par le responsable d'une association sectaire, et à 7 ans de prison et 1 000 000 euros d'amende en bande organisée.

Dans quel délai la victime peut-elle porter plainte ?

Dans un délai de 6 ans à compter du jour où les faits ont été commis, délai pouvant être porté à 12 ans si les faits ont été dissimulés par l'auteur.

Dans quel délai la victime peut-elle demander la nullité de l'acte contesté ?

Dans un délai de 5 ans. Si la victime était mineure au moment des faits, ce délai court à compter de sa majorité ; si elle est un majeur protégé, il court à compter du jugement instaurant la mesure de tutelle ou de curatelle.

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Textes de référence

Vous êtes malade et âgé et avez acheté par exemple un canapé à prix fort après une visite à domicile du vendeur ou vous avez signé des chèques et remis de l’argent liquide à une personne qui vous a sollicité plusieurs fois avec de fausses promesses de remboursement ? Dans ces cas, vous pouvez être victime d'un abus de faiblesse ou d'un abus de l'état d'ignorance. Nous vous présentons les informations à connaître.

Qu'est-ce que l'abus de faiblesse ou l'abus d'ignorance ?

Éléments constitutifs de l'infraction

L'abus de faiblesse ou l'abus d'ignorance est un .

Ce délit existe si sont réunis :

  • Vulnérabilité de la victime
  • Abus commis par l'auteur des faits
  • Préjudice subi par la victime.

C'est le cas lorsqu'une personne profite de la d'une autre pour la conduire à faire un acte ou une abstention contraire à son intérêt.

La vulnérabilité doit être.

La vulnérabilité peut être due à l' (mineur, personne âgée), la , l', le ou l'. Cela peut être aussi un durable ou momentané.

La victime et.

Il peut s'agir, par exemple, d'une personne âgée qui ne mesure pas les conséquences financières de son engagement. Il en est de même du mineur qui souscrit un contrat sans avoir la .

La victime peut aussi être en , c’est-à-dire sous en raison de pressions graves et répétées ou de manipulations perturbant son jugement (dans les par exemple).

A savoir

Il existe une protection particulière des personnes âgées et des personnes malades. Il est interdit de faire une donation ou un testament en faveur des professionnels de santé (par exemple, un médecin, un infirmier, un aide-soignant, un pharmacien). Seuls les cadeaux de faible valeur sont possibles (chocolats, par exemple).

Exemples d'abus de faiblesse

peut prendre des formes variées :

  • Vente inutile, par exemple, la souscription d'un abonnement internet par une personne qui n'a pas d'ordinateur
  • Vente d'une maison pour un prix nettement inférieur à sa valeur réelle
  • Remises de sommes d'argent importantes et inhabituelles (virements, chèques, paiement par carte bancaire, retraits bancaires), sans réelle contrepartie
  • Signature d'une procuration bancaire à une personne qui ne comprend pas la langue française
  • Pressions psychologiques exercées sur une personne, sous l'emprise d'une secte, pour la pousser à refuser les soins médicaux nécessaires à sa survie. Il en va de même pour un tiers (voisin, ami) ou un membre de la famille. Ces pressions doivent amener la victime faire un acte contraire à son intérêt.

, il peut y avoir un est obtenu dans les circonstances suivantes :

  • Visite à domicile (ruses ou artifices peuvent être employés pour convaincre le consommateur d'acheter un bien ou de signer un contrat d'engagement)
  • À la suite d'un démarchage par téléphone (contrainte éventuelle) ou à la suite d'une offre effectuée à domicile, à se rendre sur un lieu de vente, avec des avantages particuliers (cadeaux, remises...)
  • À l'occasion de réunion ou d'excursion organisées par l'auteur de l'abus
  • Dans un lieu non destiné à la commercialisation du bien ou du service (parking, hôtel ...) ou dans le cadre de foire (ou de salon)
  • Dans une situation d'urgence ayant mis le consommateur dans l'impossibilité de consulter un professionnel qualifié et entraînant une vulnérabilité momentanée (par exemple, serrure bloquée, voiture ou chauffage en panne).

Quelles peines sanctionnent l'auteur d'abus de faiblesse ou d'abus d'ignorance ?

L'abus de faiblesse ou l'abus de l'état d'ignorance est puni de 3 ans de prison et de 375 000 € d'amende.

Lorsque les abus sont commis par le responsable d'une association sectaire, les peines encourues sont de 5 ans de prison et 750 000 € d'amende.

Lorsque les abus sont commis par les membres d'une association sectaire en bande organisée, les peines encourues sont de 7 ans de prison et 1 000 000 € d'amende.

Des peines complémentaires peuvent être prononcées : interdiction d'exercer une activité professionnelle, affichage de la décision judiciaire, fermeture d'établissement...

A savoir

Le complice de ces abus risque la même peine que l'auteur des faits.

Que peut faire la victime d'abus de faiblesse ou d'abus d'ignorance ?

La victime dispose de plusieurs actions.

Résolution à l'amiable du contrat

Le contrat peut être annulé pour .

La demande d'annulation peut être faite sur papier libre en suivant un modèle :

La demande peut être adressée au professionnel concerné.

Si l'annulation de l'acte est demandé, la victime doit de l'abus de faiblesse ou de l'abus d'ignorance, par tout moyen. Par exemple, cela peut être un certificat médical indiquant sa vulnérabilité au jour de l'engagement contractuel.

La victime peut demander l'annulation du contrat frauduleux et la restitution de la somme d'argent versée. Elle peut aussi demander des dommages-intérêts .

A savoir

À partir du jugement de curatelle, tutelle..., il peut y avoir une demande en annulation ou en réduction des actes passés par le majeur. Cela est possible seulement si un contrat ou un document abusif a été signé par le majeur, dans un délai de 2 ans maximum avant le jugement de protection.

La victime a pour demander la de l'acte contesté.

, l'action peut être engagée par ses héritiers seulement si le préjudice de la victime était existant avant son décès.

Si la victime est au moment des faits, le .

Si la victime est un , la de qui décide de la mesure de ou de curatelle.

Résolution judiciaire du contrat

La victime peut pour demander la résolution judiciaire du contrat.

Elle peut également demander des .

Elle doit que l'abus commis par l'auteur ainsi que ses conséquences sont et qu'il connait sa .

, .

Elle doit saisir le tribunal par ou par .

Dépôt de plainte

La victime peut pour ces faits.

Si la victime est , elle peut faire cette   de ses parents.

Si la victime est sous , c'est le qui porte plainte en son nom.

Si la victime est sous , le curateur l'assiste.

La plainte doit être déposée dans un.

Si les faits ont été par l'auteur, c'est le dernier acte commis qui fera commencer le délai.

Si les faits ont été par l'auteur, c'est une cause d'allongement du délai qui ne peut dépasser .

La victime (ou son représentant) peut demander la réparation de son préjudice. Pour cela, elle doit se constituer au cours de la procédure et ce jusqu'à l'audience.

Elle peut demander réparation d'un ou plusieurs des préjudices suivants :

  • Montant du prix du bien ou de l'argent détourné
  • Dommages et intérêts pour la privation de l'objet et pour préjudice moral
  • Somme pour couvrir le montant des frais engagés pour le procès.

Si la victime se constitue partie civile, elle doit chiffrer ses demandes.

Référence : Abus frauduleux de l'état de faiblesse ou d'ignorance

Code pénal : articles 223-15-2 à 223-15-5

Référence : Délai de prescription

Code de procédure pénale : article 8

Référence : Délai de prescription

Code de procédure pénale : article 9-1

Référence : Plainte

Code de procédure pénale : article 15-3

Référence : Disposition générale sur la validité d'un acte

Code civil : article 414-1

Référence : Régularité des actes des personnes protégées

Code civil : article 464

Référence : Capacité de disposer ou de recevoir par donation entre vifs ou par testament.

Code civil : articles 901 à 911

Référence : Report de la prescription (article 1152)

Code civil : articles 1145 à 1152

Référence : Contrat nul et de nul effet

Code civil : article 1178

Référence : Prescription en matière civile

Code civil : article 2224

Référence : Conditions des abus en matière commerciale

Code de la consommation : articles L121-8 à L121-10

Référence : Sanctions pénales des abus en matière commerciale

Code de la consommation : articles L132-14 à L132-15

Définition : Délit

Acte interdit par la loi et puni d'une amende et/ou d'une peine d'emprisonnement inférieure à 10 ans

Définition : Capacité juridique

Aptitude d'une personne (physique ou morale) à avoir des droits et des obligations et à les exercer elle-même (exemples : droit de conclure un contrat, droit d'agir en justice)

Définition : Bande organisée

Constitue une bande organisée tout groupement formé ou toute entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d'une ou plusieurs infractions

Définition : Demande en annulation ou en réduction (tutelle)

Recours qui protège le patrimoine d'un majeur protégé en permettant d’annuler le contrat ou de limiter les conséquences financières de l’engagement

Définition : Nullité

Annulation d'un acte ou d'une procédure

Définition : Majeur protégé

Personne placée par le juge sous un régime de tutelle, de curatelle, d’habilitation familiale ou de sauvegarde de justice du fait de son état physique ou mental (maladie, handicap, paralysie, troubles psychiatriques, etc.)

Définition : Prescription

Expiration d'un droit après un certain délai

Définition : Tutelle

Mesure prise par le juge pour protéger une personne qui n'est plus en état de veiller sur ses intérêts.

Définition : Assignation

Acte du commissaire de justice (anciennement acte d'huissier de justice) informant une personne qu'un procès est engagé contre elle et la convoquant devant une juridiction

Définition : Requête

Écrit formalisé permettant de saisir un tribunal

Définition : Tuteur

Personne désignée pour exercer une mesure de protection d'un majeur ou d'un mineur (par exemple : le représenter dans les actes de la vie courante, gérer ses biens)

Définition : Partie civile

Personne qui demande au juge chargé de la répression d'une infraction la réparation du préjudice que cette infraction lui a causée

Définition : Dommages et intérêts

Somme d'argent destinée à réparer le préjudice subi

Définition : Infraction

Acte interdit par la loi et puni d'une sanction pénale. Il existe 3 types d'infractions classés en fonction de leur gravité : les contraventions, les délits et les crimes

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