Clauses interdites dans un bail d'habitation

Certaines clauses ne peuvent pas figurer dans un bail d'habitation : elles sont réputées non écrites et sans effet. Elles concernent notamment les sommes réclamées au locataire, l'assurance, l'usage du logement, la responsabilité des dégradations et les conditions de résiliation. La liste est proche pour un logement loué vide ou meublé.

Points de vigilance

  • Est interdite la clause imposant le paiement du loyer par prélèvement automatique, par traites signées d'avance ou par billet à ordre, ou son prélèvement direct sur le salaire.
  • Est interdite la clause faisant payer au locataire des frais autres que le loyer et les charges (amendes, frais de relance ou de quittance, frais d'agence pour l'état des lieux de sortie hors commissaire de justice).
  • Est interdite la clause imposant un assureur choisi par le propriétaire pour l'assurance habitation.
  • Est interdite la clause supprimant la responsabilité du propriétaire ou rendant le locataire systématiquement responsable des dégradations.
  • Est interdite la clause prévoyant un renouvellement tacite pour moins de 3 ans (moins de 6 ans si le propriétaire est une personne morale) ou des visites les jours fériés ou de plus de 2 heures les jours ouvrables.

Questions fréquentes

Que devient une clause interdite figurant dans un bail ?

La clause interdite est réputée non écrite : elle est sans effet, même si le bail a été signé, tandis que le reste du contrat continue de s'appliquer.

Le propriétaire peut-il imposer le prélèvement automatique du loyer ?

Non. Une clause imposant le paiement par prélèvement automatique, par traites ou par billet à ordre, ou le prélèvement sur le salaire, est interdite.

Le bail peut-il interdire d'héberger des proches ?

Non. La clause interdisant au locataire d'héberger des personnes ne vivant pas habituellement avec lui est interdite, de même que celle limitant l'exercice d'une activité politique, syndicale, associative ou confessionnelle.

Les clauses interdites diffèrent-elles entre logement vide et meublé ?

Les listes sont très proches. Les interdictions portent dans les deux cas sur les sommes réclamées au locataire, l'assurance, l'usage du logement, la responsabilité des dégradations et la résiliation.

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Textes de référence

Il existe des clauses qu’il est interdit d’inscrire dans un bail d’habitation (y compris bil mobilité). Si un bail d’habitation les contient, ces clauses doivent être considérées comme non écrites. Nous vous les présentons.

La liste des clauses interdites varie selon que le logement est loué vide ou meublé :

Logement vide

Les clauses interdites portent sur les sujets suivants :

Objet du bail

Les clauses suivantes sont interdites :

  • Une clause qui autorise le propriétaire à diminuer ou à supprimer, sans contrepartie équivalente, des prestations prévues au bail
  • Une clause qui oblige le locataire à signer, en plus du bail, un contrat pour la location d'équipements.

Sommes à payer par le locataire

Le propriétaire ne doit pas obliger le locataire à lui payer des frais, autres que le loyer et les charges locatives.

En conséquence, les clauses suivantes sont interdites :

  • Une clause qui oblige le locataire à payer le loyer par prélèvement automatique, ou par signature par avance de traites, ou par billet à ordre
  • Une clause qui prévoit que le locataire autorise le propriétaire à prélever ou à faire prélever le montant du loyer directement sur le salaire du locataire
  • Une clause qui autorise le propriétaire à percevoir des amendes et pénalités en cas d'infraction aux clauses du bail ou au règlement intérieur de l'immeuble
  • Une clause qui oblige le locataire à payer des frais pour l'état des lieux de sortie, lorsque celui-ci n’est pas fait par un commissaire de justice. Attention, en cas de recours à un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire), le locataire est redevable de la moitié de ces frais.
  • Une clause qui oblige le locataire à verser des sommes, lors de l'entrée dans les lieux, en plus du dépôt de garantie et des frais de mise en location (notamment les frais d'agence immobilière)
  • Une clause qui oblige le locataire à payer des frais de relance ou d'envoi de la quittance de loyer, ou des frais de justice en plus des dépens et des frais irrépétibles
  • Une clause qui oblige par avance le locataire à rembourser les réparations locatives sur la base d'une estimation faite uniquement par le propriétaire.

Assurance habitation du locataire

Le locataire doit souscrire un contrat d'assurance habitation pour le logement.

Mais une clause qui oblige le locataire à prendre un contrat d'assurance habitation auprès d'un assureur choisi par le propriétaire est interdite.

Usage du logement par le locataire

Le locataire est chez lui dans le logement qu'il occupe.

En conséquence, les clauses suivantes, qui limitent sa jouissance du logement, sont interdites :

  • Une clause qui interdit au locataire l'exercice d'une activité politique, syndicale, associative ou confessionnelle
  • Une clause qui interdit au locataire d'héberger des personnes ne vivant pas habituellement avec lui.

A savoir

La présence d'un chien dans le logement peut, dans certains cas, être interdite par une clause du bail d'habitation.

Accès au logement en cas de travaux

Le locataire doit permettre l'accès au logement pour la préparation et la réalisation des travaux qui sont à la charge du propriétaire.

Mais lorsque ces travaux (ou réparations) durent plus de 21 jours, le propriétaire doit accorder au locataire une baisse de loyer proportionnelle à la durée des travaux.

En conséquence, une clause qui interdit au locataire de demander une indemnité au propriétaire lorsque le propriétaire fait faire des travaux ou des réparations durant plus de 21 jours est interdite.

Dégradation du logement

Le bail doit être équilibré. Le propriétaire ne peut pas s'exonérer de sa responsabilité ou faire peser sur son locataire une responsabilité systématique.

En conséquence, les clauses suivantes sont interdites :

  • Une clause qui prévoit la responsabilité collective des locataires en cas de dégradation d'un élément commun de l'immeuble
  • Une clause qui interdit au locataire de rechercher la responsabilité du propriétaire
  • Une clause qui dégage le propriétaire de toute responsabilité
  • Une clause qui prévoit que le locataire est automatiquement responsable des dégradations constatées dans le logement.

Renouvellement ou tacite reconduction du bail

Une clause, qui prévoit que le bail est renouvelé ou reconduit tacitement (c’est-à-dire automatiquement) pour moins de 3 ans lorsque le propriétaire est une personne physique, ou moins de 6 ans lorsque le propriétaire est une personne morale, est interdite.

Visite du logement en fin de bail

Une clause peut obliger le locataire à laisser visiter le logement qu'il habite, lorsque le propriétaire veut le vendre ou le remettre en location.

Mais une clause, qui prévoit que ces visites ont lieu les jours fériés, ou durant plus de 2 heures les jours ouvrables, est interdite.

Résiliation du bail

La clause de résiliation du bail ne doit pas permettre au propriétaire de contourner la réglementation en vigueur.

En conséquence, il est interdit d’inscrire une clause qui permet au propriétaire de résilier le bail pour un motif autre que ceux-ci :

  • Le locataire ne paie pas le loyer ou les charges,
  • Le locataire ne verse pas le dépôt de garantie,
  • Le locataire ne souscrit pas d’assurance pour risques locatifs,
  • Le locataire ne respecte pas l’obligation d’utiliser paisiblement le logement et troubles de voisinage constatés par une décision de justice passée en force de chose jugée,
  • Le locataire ne respecte pas l’obligation d’utiliser exclusivement le logement comme résidence principale. Cette obligation, appelée servitude de résidence principale, s’applique sur décision du maire, lorsque la taxe sur les logements vacants est en vigueur, ou lorsque les résidences secondaires représentent plus de 20 % des immeubles d’habitation. Elle concerne uniquement les constructions neuves et les logements issus de la transformation d’un local.

Par ailleurs, il est interdit d’inscrire une clause qui permet au propriétaire d'obtenir la résiliation du bail au moyen d'une simple ordonnance de référé que le locataire ne pourrait pas contester.

Logement meublé

Les clauses interdites portent sur les sujets suivants :

Objet du bail

Les clauses suivantes sont interdites :

  • Une clause qui autorise le propriétaire à diminuer ou à supprimer, sans contrepartie équivalente, des prestations prévues au bail
  • Une clause qui oblige le locataire à signer, en plus du bail, un contrat pour la location d'équipements.

Sommes à payer par le locataire

Le propriétaire ne doit pas obliger le locataire à lui payer des frais, autres que le loyer et les charges locatives.

En conséquence, les clauses suivantes sont interdites :

  • Une clause qui oblige le locataire à payer le loyer par prélèvement automatique, ou par signature par avance de traites, ou par billet à ordre
  • Une clause qui prévoit que le locataire autorise le propriétaire à prélever ou à faire prélever le montant du loyer directement sur le salaire du locataire
  • Une clause qui autorise le propriétaire à percevoir des amendes et pénalités en cas d'infraction aux clauses du bail ou au règlement intérieur de l'immeuble
  • Une clause qui oblige le locataire à payer des frais pour l'état des lieux de sortie, lorsque celui-ci n’est pas fait par un commissaire de justice. Attention, en cas de recours à un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire), le locataire est redevable de la moitié de ces frais.
  • Une clause qui oblige le locataire à verser des sommes, lors de l'entrée dans les lieux, en plus du dépôt de garantie et des frais de mise en location (notamment les frais d'agence immobilière)
  • Une clause qui oblige le locataire à payer des frais de relance ou d'envoi de la quittance de loyer, ou des frais de justice en plus des dépens et des frais irrépétibles
  • Une clause qui oblige par avance le locataire à rembourser les réparations locatives sur la base d'une estimation faite uniquement par le propriétaire.

Assurance habitation du locataire

Le locataire doit souscrire un contrat d'assurance habitation pour le logement.

Mais une clause qui oblige le locataire à prendre un contrat d'assurance habitation auprès d'un assureur choisi par le propriétaire est interdite.

Usage du logement par le locataire

Le locataire est chez lui dans le logement qu'il occupe.

En conséquence, les clauses suivantes, qui limitent sa jouissance du logement, sont interdites :

  • Une clause qui interdit au locataire l'exercice d'une activité politique, syndicale, associative ou confessionnelle
  • Une clause qui interdit au locataire d'héberger des personnes ne vivant pas habituellement avec lui.

A savoir

La présence d'un chien dans le logement peut, dans certains cas, être interdite par une clause du bail d'habitation.

Accès au logement en cas de travaux

Le locataire doit permettre l'accès au logement pour la préparation et la réalisation des travaux qui sont à la charge du propriétaire.

Mais lorsque ces travaux (ou réparations) durent plus de 21 jours, le propriétaire doit accorder au locataire une baisse de loyer proportionnelle à la durée des travaux.

En conséquence, une clause qui interdit au locataire de demander une indemnité au propriétaire lorsque le propriétaire fait faire des travaux ou des réparations durant plus de 21 jours est interdite.

Dégradation du logement

Le bail doit être équilibré. Le propriétaire ne peut pas s'exonérer de sa responsabilité ou faire peser sur son locataire une responsabilité systématique.

En conséquence, les clauses suivantes sont interdites :

  • Une clause qui prévoit la responsabilité collective des locataires en cas de dégradation d'un élément commun de l'immeuble
  • Une clause qui interdit au locataire de rechercher la responsabilité du propriétaire
  • Une clause qui dégage le propriétaire de toute responsabilité
  • Une clause qui prévoit que le locataire est automatiquement responsable des dégradations constatées dans le logement.

Visite du logement en fin de bail

Une clause peut obliger le locataire à laisser visiter le logement qu'il habite, lorsque le propriétaire veut le vendre ou le remettre en location.

Mais une clause, qui prévoit que ces visites ont lieu les jours fériés, ou durant plus de 2 heures les jours ouvrables, est interdite.

Résiliation du bail

La clause de résiliation du bail ne doit pas permettre au propriétaire de contourner la réglementation en vigueur.

En conséquence, il est interdit d’inscrire une clause qui permet au propriétaire de résilier le bail pour un motif autre que ceux-ci :

  • Le locataire ne paie pas le loyer ou les charges,
  • Le locataire ne verse pas le dépôt de garantie,
  • Le locataire ne souscrit pas d’assurance pour risques locatifs,
  • Le locataire ne respecte pas l’obligation d’utiliser paisiblement le logement et troubles de voisinage constatés par une décision de justice passée en force de chose jugée,
  • Le locataire ne respecte pas l’obligation d’utiliser exclusivement le logement comme résidence principale. Cette obligation, appelée servitude de résidence principale, s’applique sur décision du maire, lorsque la taxe sur les logements vacants est en vigueur, ou lorsque les résidences secondaires représentent plus de 20 % des immeubles d’habitation. Elle concerne uniquement les constructions neuves et les logements issus de la transformation d’un local.

Par ailleurs, il est interdit d’inscrire une clause qui permet au propriétaire d'obtenir la résiliation du bail au moyen d'une simple ordonnance de référé que le locataire ne pourrait pas contester.

Référence : Liste des clauses abusives définies par la loi

Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 4

Référence : Liste de recommandations de la commission des clauses abusives

Recommandation n°13-01 du 13 septembre 2013 de la Commission des clauses abusives relative aux contrats de location meublée

Référence : Définition d'une clause abusive

Code civil : article 1171

Référence : Obligations faites au locataire

Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 sur les rapports locatifs : article 7

Référence : Servitude de résidence principale

Code de l'urbanisme : article L151-14-1

Définition : Clause

Phrase ou ensemble de phrases contenues dans le texte d'un acte juridique (par exemple, contrat, testament, loi, règlement) définissant les droits et obligations des personnes concernées par cet acte

Définition : Billet à ordre

Reconnaissance de dette émise et signée par un débiteur s'engageant à payer un certain montant à une échéance donnée

Définition : Dépôt de garantie (location immobilière)

Somme d'argent versée au propriétaire par le locataire au moment de la signature du bail. Elle doit être rendue au locataire lorsqu'il quitte le logement, après qu'il a rendu les clés du logement au propriétaire. La somme reversée au locataire peut être diminuée du montant des impayés de loyers ou de charges, de frais liés à des dégradations...

Définition : Quittance de loyer

Document qui atteste du paiement intégral du loyer et des charges par le locataire. Le locataire doit en faire la demande au propriétaire. Le propriétaire doit alors lui remettre gratuitement.

Définition : Personne physique (versus personne morale)

Individu, être humain

Définition : Personne morale

Groupement de personnes physiques réunies pour accomplir quelque chose en commun (entreprises, sociétés civiles, associations, État, collectivités territoriales, etc.). Ce groupe peut aussi réunir des personnes physiques et des personnes morales. Il peut aussi n'être constitué que d'un seul membre (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée - EURL - par exemple).

Définition : Jour ouvrable

Correspond à tous les jours de la semaine, à l'exception du jour de repos hebdomadaire (généralement le dimanche) et des jours fériés habituellement non travaillés dans l'entreprise

Définition : Résiliation (bail ou contrat de locaton)

Rupture du bail ou du contrat de location

Définition : Résidence principale du locataire

Logement occupé au moins 8 mois par an (sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure), soit par le locataire ou la personne avec laquelle il vit, soit par une personne à charge (enfant, ascendant de plus de 65 ans, parent handicapé)

Définition : Référé

Procédure permettant de demander au juge qu'il ordonne des mesures provisoires mais rapides, et dans l'attente d'un jugement, tendant à préserver les droits du demandeur

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